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Billet d’humeur de Gérard Bardon

Sujet de philo

Un bon sujet de philo pour le Bac : « Qui suis-je, où vais-je, dans quel état j’erre… »

Aujourd’hui, tout est communication, faux-semblants et illusions. Ne s’offrent à nous que des ombres agitées, comme dans la mythique caverne de Platon, allégorie où le philosophe met en scène la condition humaine. Nous sommes tous pris au piège, prisonniers de nos jugements, de fausses idées reçues, de croyances, d’idéologies… Combats et débats initiés ces dernières semaines, où, sous l’apparence de grandes causes, se succèdent caricatures, fake news, défilés, chasse aux sorcières, manifestations avec leurs lots d’illusions de liberté, d’égalité, de fraternité… pardon d’adelphité.

Imaginez-vous sortir de cette fameuse caverne et que vous tombiez sur le reportage du mariage de Méghan et Harry, vous pourriez être joyeux, heureux voire euphoriques à la vue de cette bluette princière. Réalité ou trompe-l’œil ? Quid de l’Europe en crise, des déficits abyssaux, des tensions sociales, des violences multiples et diverses, du terrorisme, de l’eugénisme…

Sortir de la caverne et voir un bon nombre de commentateurs prendre « la fête à Macron » ou « la marée populaire » très au sérieux. iIs nous expliquent avec gravité que ces sympathiques jeunes gens, il me semble qu’une bonne proportion a dépassé la quarantaine, sont en train de réinventer la politique et le monde de demain. Ça fait peur ! On dirait des mômes qui s’extasient devant le dernier Iphone ou des parents ébahis des premiers pas de leur progéniture. Même ceux qui se montrent critiques ou sceptiques, comme moi, doivent d’abord dire à quel point c’est chouette, c’est nouveau, c’est original que des gens investissent des places publiques pour s’exprimer. Tant de spontanéité, tant de citoyenneté ne sauraient être mauvaises. S’agit-il d’une recherche sincère et un peu utopiste du mieux vivre ensemble ? Mais suffit-il que des gens palabrent, hurlent voire cassent pour en déduire qu’ils ont quelque chose à dire, à proposer ?

Imaginez-vous sortir de cette fameuse caverne et découvrir que les grandes préoccupations intellectuelles et médiatiques tournent autour du bio à toutes les sauces, du transgenre, du dernier Iphone, de l’antispécisme, du transhumanisme…

Les antispécistes, c’est-à-dire ceux qui ne reconnaissent pas la prééminence d’une espèce vivante sur une autre. Ce qui veut dire dans leur langage que l’homme ne l’emporte pas en conscience, en réflexion, en dignité sur le homard, le panda ou le scarabée doré par exemple. Ils demandent l’interdiction de jeter le homard dans l’eau bouillante sans estourbissement préalable. Le respect de la vie du homard avait pris beaucoup de retard mais cette époque cruelle est révolue. Comme il sera bientôt interdit de commercialiser les œufs de poules élevées en cage. Les contrevenants n’iront pas tout de suite en prison, non, tout au plus il pourront être conviés à un stage de rééducation au bien-être animal. Cela dépendra du chiffre inscrit sur l’oeuf indiquant si la pondeuse était élevée en plein air, en volière ou en batterie. Pour preuve de la haute considération accordée aux gallinacés, une poule répondant au joli nom d’Agathe a été offerte au président de la République pour picorer tranquille dans les jardins de l’élysée. Un espoir : toutes ces avancées, au nom de l’égalité de toutes les espèces, ces attentions délicates accordées aux poules, aux vaches et aux homards seront peut-être étendues à l’homme, pardon, et à la femme (égalité toujours).

Imaginez-vous sortir de cette fameuse caverne et apprendre que la vie éternelle est pour demain. Au passage l’accorderons-nous à toutes nos espèces soeurs ? Un nouveau combat pour les antispé !.. L’homme se prend pour Dieu ou pour le grand architecte de l’univers, il nous promet l’immortalité pour les semaines à venir. éternel donc et amélioré grâce aux NBIC (Nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives). Le transhumanisme nous annonce non seulement un humain qui ne meurt plus mais un humain plus grand, plus fort, plus beau… Méfiance, l’éternité c’est long, surtout vers la fin (Woody Allen). Il nous restera le suicide ou la révolte…

Selon Darwin, les espèces animales et végétales ont dû changer pour survivre. Elles ont dû s’adapter aux variations de leur environnement. Seules les plus fortes survivent et se reproduisent, ont des descendants : c’est la sélection naturelle. A la fin de cette longue évolution les humains sont apparus parmi les autres animaux. Et bien non pour les antispécistes, qui n’ont rien à voir avec les défenseurs de la protection animale contre la barbarie, ne confondons pas, pour eux, sur terre tous les êtres vivants sont « égaux ». Le grand qualificatif du XXIe siècle est lâché. L’humain, censé et sensible, il y en a, s’élève contre la violence sur les animaux. Avez-vous vu des lions, censés et sensibles, tenter de protéger les malheureuses antilopes ? Je vous parlerai des carottes et des poireaux dans un prochain numéro.

Gérard Bardon

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