- rejoignez-nous sur facebook pour avoir les dernières infos -

Billet d’humeur de Gérard Bardon

Twitt again !

Après un quinquennat pour rien… ou presque, un brouillard épais est tombé sur la France. Notre démocratie est malade et patauge. En l’occurrence, une campagne expliquant qu’il ne faut pas jeter son mouchoir en papier par terre, par peur qu’un enfant le ramasse et se débarbouille de miasmes, qu’il faut se laver les mains plusieurs fois par jour et qu’il faut mettre sa main devant la bouche lorsqu’on éternue. Bref, une campagne de cet ordre ne suffira pas à désenrhumer notre république.

La justice et les médias se sont emparés de l’affaire Fillon – pratique commune dans le microcosme politique : rémunérer ses proches à des postes laissés à discrétion de l’élu –  avec une célérité stupéfiante. François Fillon et ses soutiens y voient la main scélérate du pouvoir en place… C’est trop bien organisé, trop professionnel pour qu’un petit journaliste du Canard (à propos des subventions versées à la presse écrite : le Canard Enchaîné 500 000€ par an environ, soit 4 millions d’euros sur 8 ans avec l’argent public, vos impôts(*) en soit seul la source. Peu importe, la presse est heureusement libre chez nous et désormais justice doit être faite !

Par contre le moment choisi pour révéler l’affaire en fait un acte politique de déstabilisation et, malheureusement, le débat présidentiel est pris en otage par les soupçons sur la probité d’un homme politique qui a remporté une partie de son succès sur cette phrase lors de la primaire : « Imagine-t-on le général de Gaulle mis en examen ? » Lorsque l’on se veut chevalier blanc, il faut utiliser OMO, la lessive qui, comme disait Coluche, lave plus blanc que blanc (pour les zozobservateurs attentifs et avides de dénicher des gains suspects, je ne touche rien sur cette citation). Il aurait dû acter qu’à côté du légal, peut se cacher l’indécent et ça n’est plus une affaire de justice mais une affaire de citoyens.

En l’état actuel des choses, quel que soit le résultat de la présidentielle, le vainqueur traînera derrière lui le fait qu’une partie des Français (droite et centre) n’auront pas pu vraiment choisir. L’affaire plombe déjà le prochain quinquennat. Avec une crise de régime à venir. C’est en cela que ce qui se passe est grave !

La démocratie médiatique, facebookienne, twitterienne est un formidable piège. La meute électronique lynche à tout va. Les médias ont soif d’un sang qui alimente leur caisse. Comme le dit Philippe Bilger dans sa chronique paru dans le Point : « Les médias, aujourd’hui, ont une sorte d’ impérialisme inquisiteur et bienfaisant qui les conduit, avec bonne ou mauvaise foi, à s’emparer d’un os, généralement en politique, d’une personnalité, pour aller au bout du déchirement et de l’anéantisation. »

Si le champ politique se confond avec le champ moral, se profile le danger d’une forme de dictature. La transparence absolue fait courir aux démocraties le risque du totalitarisme. Aujourd’hui, c’est un sacerdoce de faire de la politique. Il faut être un peu masochiste pour ne plus avoir d’intime, pour être scruté en permanence, devoir répondre sur tout et tout le temps. Et se voir parfois traiter comme un chien.

Pour l’heure, un boulevard, que dis-je, une autoroute s’ouvre devant Emmanuel Macron. A son avantage : une allure, un CV, la jeunesse, la nouveauté, l’intelligence, l’hypnose de la presse… il semble surfer sur l’envie des Français d’outrepasser les vieux clivages de la droite et de la gauche qui depuis des années et des années s’échinent à nous promettre que demain, avec eux, ce sera mieux. De bonnes fées semblent se charger de déblayer le chemin qui mène leur protégé à l’Elysée. Elles ont écarté de sa route Alain Juppé, longtemps grand favori, à mon grand regret d’ailleurs. C’eut certainement été, le plus difficile adversaire. Ils jouaient un peu dans la même cour, social libéralisme, convictions européennes, humanisme, etc. Autre cadeau des augures macronniens, le succès des frondeurs du Parti Socialiste à la primaire de la gauche. Autre rival éliminé dans ce jeu de massacre Manuel Valls qui, bien qu’il ait essayé de faire croire le contraire, est plus social-libéral que marxiste-léniniste. Et, cerise sur le gâteau, la sempiternelle alternance gauche-droite annoncée par tous les oracles, vient d’être descendue en plein vol par l’affaire Fillon, citée plus haut. Attention à ne pas laisser venir à toi tous les enfants perdus du système, se raccrochant aux branches pour ne pas disparaître, les Royal, Kouchner, Cohn-Bendit, Minc, Attali, Corinne Lepage, Jean-Paul Huchon, Pierre Bergé… Non pas Bergé Emmanuel, par pitié, pas Bergé !

Nous allons devoir apprendre à vivre des campagnes électorales avec les réseaux sociaux, l’info en continu, les fouille-merde, les Fouquier-Tinville rémunérés, l’audimat ou le taux de lecteurs à tout prix et son corollaire le buzz, et ce ne sera pas simple. Tout le monde doit être vigilant, les politiques, les électeurs… et ceux pour lesquels ce sera le plus compliqué, c’est probablement les journalistes…

Aux Etats-Unis, ça a donné Trump…

(*) Pour la presse gratuite d’information, les aides publiques sont beaucoup moins élevées. C’est zéro. Prenons l’exemple du Petit Solognot 0 pendant 8 ans … 8 X 0 et bien ça fait toujours 0. Si des lecteurs du Petit Solognot sont indignés de cette distorsion, ils ont tout loisir de le faire savoir par courrier à Monsieur le président de la Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP), 3, rue de Valois 75001 Paris

Gérard Bardon

Pour partager :Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterPin on PinterestEmail this to someone