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La boîte de Pandore

Trump, Brexit… accordez-moi ceci que je tire la sonnette d’alarme depuis très longtemps dans mes billets. Je dénonce depuis longtemps le politiquement correct et la bienpensance initiés par une « élite » qui n’a que des grands principes et n’engendre que vent et lieux communs, confondant allègrement équité et égalitarisme, morale et bons sentiments, cosmopolitisme et multiculturalisme, débat et anathème, politique humanitaire et charité, histoire et actualité…

L’angélisme béat, la complaisance, la victimisation, les délires antiraciste et anti islamophobie… aboutissent à l’exaspération, au ras-le-bol. La culture de l’excuse, la prime aux minorités, la repentance, le communautarisme, véritable auberge espagnole où chacun vient avec ses traditions, ses règles, ses droits, empêchant toute intégration, toute assimilation… orchestrés par le camp du Bien autoproclamé sont les moteurs de ces secousses successives. Plus que la crise économique, plus que le chômage, plus qu’une droitisation dénoncée (la traque au facho), voilà quelques explications à ce rejet des occidentaux pour les partis traditionnels qui refusent de les écouter.

En France, effarés, la troupe de « ceux qui savent », de ceux qui détiennent la vérité vraie, en un mot des « gentils », nous parlent de claque, de coup de tonnerre, de séisme. Trump après le Brexit… disent-ils estomaqués. Et maintenant combien de répliques dans le monde occidental en déliquescence? Les expressions grandiloquentes et apeurées tombent pour qualifier l’élection de Donald Trump. Le milliardaire américain a tout au long de la campagne fait le buzz sur les réseaux sociaux, les gros titres de la presse avec ses sorties musclées, ses attaques graveleuses, ses frasques. Le voilà président de la première puissance de la planète, faisant mentir les sondages et les médias qui envisageaient, sereins, une victoire d’Hillary Clinton. Chez nous, la presse oscille entre sidération, inquiétude et projection sur la présidentielle française.

Ajoutons que dans un pays où l’on est fasciné par la réussite matérielle, sans être trop regardant sur les moyens d’y parvenir, Donald Trump, héros de télé-réalité comme Nabila, Kardashian et d’autres, avait tout pour réussir dans cette ambiance facebookée et ce malgré ses outrances, sa xénophobie, sa goujaterie, sa misogynie. Il a braillé sa différence avec le prêt à consommer offert par les médias et le politiquement correct.

Je déteste Donald Trump, son style, son ahurissante vulgarité, sa suffisance, son racisme… Je déteste sa démagogie mais cette élection est un pied de nez à tous les politiques établis, à toute cette arrogante vanité des médias, plein de leurs certitudes, qui nous interdisent de penser par nous-mêmes sous peine d’excommunication. Ils viennent une nouvelle fois de se faire sonner les cloches!

Les peuples occidentaux, excédés de voir des dirigeants incompétents, réglementer leurs vies, leurs loisirs, leurs familles dans le moindre détail: théorie du genre, toilettes neutres, obésité, crèches de Noël, port du voile, frites à la cantine, … Excédés de voir la police de la pensée, associations bonne conscience en tête, interdire les débats et les remplacer par des anathèmes, des procès d’intention et de la caricature, les accuser de dérapage à chaque questionnement hors la ligne officielle, les peuples occidentaux s’émancipent et se libèrent dans l’isoloir. En démocratie le peuple a toujours raison, ce n’est pas au peuple de se poser des questions, c’est à nos dirigeants de faire leur introspection.

Résultat, les Britanniques votent le Brexit, les Américains confient leur destin à un énergumène plein aux as, tenant plus du clown de cirque que du leader politique. Ce n’est sans doute pas fini, cette révolte traverse toutes les sociétés occidentales où les majorités délaissées et silencieuses en ont ras le bol du diktat des minorités soutenues par une intelligentsia se parant, intellectuellement seulement, des vertus de la bonté et de la solidarité.

Ce qui vient de se passer devrait être dans l’esprit de ceux qui, sur la ligne de départ pour l’élection présidentielle française, rêvent tout bas de se retrouver face à Marine Le Pen au second tour. Le pire est désormais envisageable.

Zeus offrit Pandore et sa boîte à Epiméthée et le couple, curieux, ouvrit l’objet scellé, libérant d’un seul coup tous les maux, les désastres et les souffrances des hommes. La boîte de Pandore est ouverte, son contenu s’est envolé et parsème notre monde. C’est vous les bienpensants, politiques, intellectuels, artistes…, les médias aveugles et sourds qui l’avez ouverte. Heureusement, si l’on se réfère à la Mythologie, il y reste, tout au fond, l’espérance… 

Votre bulletin de vote vous appartient mais, malgré le prêt à penser ambiant, malgré les diktats bienpensants, malgré la censure de la police de la pensée, je vous souhaite de résister à la colère, à l’indifférence, à la xénophobie, au racisme, à la démagogie et aux influences négatives de notre époque.

Gérard Bardon

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