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La Sauldre, un patrimoine à protéger et à valoriser

La Sauldre est une rivière préservée, de sa source, dans les vignes du Sancerrois à sa confluence avec le Cher à Sellessur-Cher, elle traverse peu d’agglomérations, elle croise peu d’industries et depuis une trentaine d’années, très peu d’activités agricoles. Bref la Sauldre a tout pour ne pas être polluée et il semble bien qu’elle soit préservée.
La commune de Salbris aimerait valoriser ce patrimoine, notamment parce qu’entre le parc de Rivaulde et la ligne de chemin de fer, la commune dispose d’un des plus beau linéaire de berges publiques de la rivière solognote. Jean-Pierre Albertini, maire de Salbris et Président du syndicat du bassin de la Sauldre aimerait que le potentiel de la rivière soit d’une part préservé, mais également exploité, puisqu’il y voit une attractivité touristique autour de la pêche. Des discussions avec la fédération de pêche pour valoriser le lieu et faire venir les pêcheurs de loin ont été engagées.

Avant d’envisager une quelconque action, lorsque l’on parle d’un milieu naturel, il est nécessaire de bien appréhender ce milieu pour bien le respecter. Début juin, les techniciens de la fédération de pêche de Loir-et-Cher, accompagnés de leurs collègues du Loiret, ont ainsi réalisé une pêche électrique au pied du château pour observer la qualité du milieu. La pêche électrique consiste à pêcher à l’aide d’un appareil électrique; la traversée de courant électrique continu dans l’eau provoque chez des poissons une réaction qui, pour dire simplement, le paralyse et il vient gentiment se laisser prendre dans l’épuisette qu’on lui présente. l’usage de la pêche électrique est strictement réglementé.
Ce type de pêche nécessite une autorisation préfectorale qui n’est délivrée qu’aux personnes en charge de la protection des milieux aquatiques. Cette pêche permet d’établir un état du patrimoine piscicole de la rivière, d’évaluer la qualité écologique globale des milieux aquatiques. Tous les poissons pêchés sont remis à l’eau avec précaution, sauf les espaces classées invasives (écrevisse américaine, perche arc-en ciel…).
La pêche engagée à Salbris a révélé l’excellente qualité halieutique de la Sauldre. Une vingtaine d’espèces ont été recensées, parmi lesquelles des rares ou des espèces représentatives d’un milieu préservé. Citons par exemple la lamproie, le chabot, la loche de rivière, le vairon, la vandoise…

Un milieu riche et préservé n’est pas obligatoirement le plus facile à gérer pour attirer les touristes en masse; avant de déverser des poissons de bassine en masse pour donner l’illusion au pêcheur du dimanche qu’il s’est confronté à une bête sauvage, il faut veiller à ce que ces poissons ne viennent pas perturber les espèces présentes sur place. À titre d’exemple, les techniciens de la fédération ont constaté la présence d’une truitelle de 18 cm alors qu’aucun empoissonnement n’est réalisé sur la rivière. Il s’agit d’un poisson d’une souche sauvage. Les pêcheurs qui remontent la Sauldre en canoë signalent depuis longtemps le retour de dame fario dans la Sauldre. Cette présence est précieuse et rare et notre rivière de plaine pourrait bien faire rougir quelques rivières de montagne. En effet, la truite fario sauvage est en voie d’extinction dans bien des rivières. À force de déverser des truites farios d’élevage qui s’hybrident avec celles qui étaient là depuis des générations, on a fini par rendre les poissons incapables de se reproduire si le pisciculteur n’est pas là pour leur “appuyer sur le ventre”. Pour compenser, on lâche d’autres truites d’élevage et l’on aggrave le problème.

Bref, si les berges de la Sauldre semblent très accueillantes pour les salmonidés et si ceux-ci sont particulièrement attractifs pour des touristes susceptibles de venir de loin et de dépenser de l’argent dans les commerces de Salbris, il faudra peut-être éviter de lâcher des farios d’élevage, ou du moins pas n’importe lesquelles. Si on veut des salmonidés, il faudra en choisir qui ne fasse pas concurrence à la fario de la Sauldre avant d’envisager des lâchers de poissons. Notons aussi que l’aménagement des berges est quelquefois tout autant attractif que les lâchers de poissons pour le pêcheur du dimanche. Les techniciens de la fédération ne manqueront pas de formuler des propositions adaptées.

CM

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