Le château royal de Blois voit la vie en Histopad

TOURISME Les seules vieilles pierres ne suffisant plus pour charmer les cartes bleues des touristes, les sites tentent de redoubler de créativité pour se démarquer dans l’offre florissante. Les nouvelles technologies s’invitent par conséquent dans les murs et la ville de Blois n’est pas exempte du phénomène.

Emilie Rencien

L’Histopad, cette tablette qui permet un retour dans le passé, en réalité dite augmentée, débarque au château de Blois à partir du 12 juillet. Pas moins de 400 tablettes seront mises à la disposition des petits et grands dès cette date. « Innovant », a-t-il été expliqué en conférence de presse. Vraiment ? On dit ça, on ne dit rien mais rappelons que le château de Chambord est équipé de la même tablette depuis 2015, conçue par la même start-up parisienne spécialisée dans le monde digital, Histovery. Celle-ci a de surcroît équipé le palais des Papes d’Avignon et le château de Fontainebleau, entre autres lieux, Blois étant le huitième site doté de cet outil d’accroche touristico-commerciale. Il conviendrait alors plutôt de parler de « nouvelle génération », remarque Bruno de Sa Mureira, co-fondateur d’Histovery. « Nous avons eu des contacts bien en amont avec Blois et une V2 est même prévue en 2019. » Le petit plus, aussi, réside dans le fait qu’au château de Blois, contrairement à la résidence de feu François Ier, la fameuse tablette est accessible gratuitement, sans supplément sur le ticket d’entrée. Question sous encore, impossible de connaître les chiffres de l’investissement réalisé à 100 % par Histovery à part un « beaucoup. » La ville de Blois, tout comme le château, n’aura en tout cas pas jeté un kopeck dans cette réalité augmentée. Mais il est toutefois impossible de vivre de château et d’eau fraîche, et Bruno de Sa Mureira précise que leur rémunération prend la forme « d’une redevance, une sorte de prime au succès ». Pour la faire courte, plus il y a de visiteurs, plus cette dernière se gonfle. Le château de Blois, lui, espère voir de fait ses entrées s’envoler, chiffrées à 400 000 visiteurs fin 2017. Et sinon, c’est comment une fois l’Histopad dans les mains à Blois, en vision donc dénommée « augmentée » ? On peut équiper un personnage d’une armure qui pèse son poids, chercher les pièces d’un trésor dans le décor, zoomer sur les détails d’un tableau, entendre les mets crépiter dans le four, découvrir des éléments disparus, revivre heure par heure l’assassinat du duc de Guise, jouer un air de musique, ouvrir un écritoire d’un coup de doigt, etc. Une plongée au temps de la Renaissance, proposée en huit langues (dix dès l’an prochain). C’est sympa, fun, ludique, bien que, même en mode détente, le nez reste rivé sur les écrans, hyperconnecté, entre le téléphone portable, l’appareil photo et cette tablette… Ainsi va la vie moderne. Une question de génération peut-être, mais assurément, l’Histopad version blésoise saura séduire un public familial en quête d’inédit et de virtuel, rythmant un patrimoine historique tout sauf ringard, sachant s’adapter à son époque.

 

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