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Le Père Noël existe, je l’ai rencontré !

Vous vous êtes sans doute demandé, à un moment de votre vie, à minuit le 24 décembre, qui pouvait bien être ce personnage mystérieux connu dans le monde entier sous le nom de… Père Noël ? Je suis quasiment certain que le soir de Noël, enfoncé jusqu’au nez sous votre couette, vous attendiez avec impatience, guettant les bruits « suspects », que le vieux monsieur vous apporte des cadeaux enrubannés que vous méritiez plus ou moins d’ailleurs. Vous vous posiez alors de nombreuses questions : Qui est-il ? Où habite-t-il ? Comment est-il vraiment ? Est-il Bordeaux ou Bourgogne ? Paris SG ou Marseille ? Beatles ou Rolling stones ? François ou Manuel ? St Trop ou Le Ferret ? Sucre ou sans sucre ? Blonde ou brune ? Petit Solognot ou NR ?.. D’autres plus pratiques : Comment parvient-il à poser son traîneau sur les toits à deux pentes, souvent recouverts de neige ou de verglas ? Comment fait-il pour descendre dans un si petit conduit de cheminée avec son énorme sac sur le dos et son gros ventre ? Et surtout, avec le chauffage électrique intégré, le solaire ou le géothermique, comment fait-il pour déposer des cadeaux dans les maisons qui n’ont pas de cheminée ? Voilà autant d’interrogations primordiales et essentielles, en tous cas rafraîchissantes, dont personne ne connaît, ne serait-ce que le début d’une réponse.

Physiquement, d’aucuns avancent des suppositions, grandement influencés par la représentation très américaine et commerciale des marchands du temple. Il est gros et gras, Mac-do et Coca sont sans doute passés par là, avec le visage aussi rouge que sa veste, des yeux malicieux et brillants, belle barbe blanche et bouclée, toujours souriant et l’air gentil. Il porte une veste rouge, un pantalon, des bottes noires et un bonnet de molleton rouge, bordé de fourrure blanche comme le givre.

On suppute généralement, sans trop savoir, qu’il habite, dans le grand nord lointain, un pays recouvert de neiges éternelles et que sa maison, construite écologiquement en rondins de bois, est nichée au creux d’une superbe vallée, entourée de magnifiques sapins verts poudrés de blanc où paissent tranquillement quelques troupeaux de rennes au nez rouge. A côté de sa coquette demeure se tient une grande bâtisse multicolore, où s’affaire une équipe d’ouvriers qualifiés au son d’une musique entraînante et joyeuse. Pas de syndicats, pas de grèves, que de la bonne humeur, car si vous croyez que le Père Noël ne travaille qu’à Noël et qu’il a le temps de s’amuser le reste de l’année, vous vous trompez ! Une équipe de chercheurs, d’ingénieurs, de monteurs, de décorateurs, de petites mains… s’active de janvier à décembre, dans la joie. Ils sont conscients d’être des privilégiés. Pensez donc, ils sont fiers d’être au service du public, des fonctionnaires du bonheur en quelque sorte. Là-bas pas question d’en supprimer quelques milliers !

C’est à peu près comme cela que l’on se l’imagine, informés, voire manipulés par les médias, – si, si cela existe -, qui font semblant de le connaître, n’hésitant pas à affirmer, billevesées habituelles, que quelques-uns de leurs meilleurs reporters ont eu l’immense privilège de l’approcher, de le questionner, de le pousser dans ses derniers retranchements, à la buzzmanière insupportable des Elkabach, des Salamé ou des Bourdin. Comme souvent dans notre société, des lobbies de pression se l’accaparent : le Père Noël serait écolo, le Père Noël serait homo, le Père Noël serait une femme, le Père Noël serait noir, le Père Noël serait altermondialiste, le Père Noël serait gaulliste, le Père Noël serait libéral, le Père Noël serait végétarien – pourtant l’an passé, la cuisse de dinde… -, et pour faire « genre » le père Noël serait hermaphrodite ! De mauvaises âmes souhaiteraient même le brûler au nom de sainte Laïcité (j’adore cette antinomie).

Quelle détestable manie que celle de vouloir tout savoir, tout expliquer ? Tenez j’ai essayé de comprendre notre Parti Socialiste, résultat un mal de crâne pas possible, puis j’ai décidé d’attendre la synthèse (qu’on pourrait appeler la sainte thèse). Mais laissons le PS et revenons au PN, le Père Noël n’aurait plus rien d’extraordinaire si on savait tout de lui. Une part de mystère et une part d’imagination, de rêve, ne peuvent pas faire de mal. Personnellement, entre nous seulement, je l’ai rencontré… et je le rencontre encore dans le sourire de mes enfants, de mes petits-enfants, les soirs d’hiver près du feu crépitant.

Certains penseront le retrouver, hotte démagogiquement gonflée, sous les traits de François Fillon, de Manuel Valls, dans le manteau rouge de Mélenchon ou sous la capeline verte de Yannick Jadot, d’autres choisiront les traits de la mère fouettard, suivez mon regard… Mais finis les traits de François Hollande, éclair de lucidité, de Nicolas Sarkozy, victime du ras le bol, d’Alain Juppé, médiatiquement mystifié. Moi je préfère le voir sous les traits de mon père, de mon grand-père se reflétant dans les yeux de mes petits-enfants, ébahis devant le grand sapin illuminé, ne sachant pas par quel jouet débuter le festin, pour un grand moment de bonheur familial pas si désuet ni si ringard que certains le prétendent.

D’aucuns sont dubitatifs sur son existence mais s’en servent pour écrire, avec talent, leur billet d’humeur dans Le Petit Berrichon. Ça c’est la preuve ontologique de son existence… Joyeux Noël !

Gérard Bardon

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