Les chiffres de l’économie, subtils et parfois même drôles

De drôles d’éoliennes entrent dans nos vignes et évitent bien des catastrophes économiques.

De drôles d’éoliennes entrent dans nos vignes et évitent bien des catastrophes économiques.

Comme chaque année, l’INSEE, institut national de la statistique, a publié les chiffres de l’économie régionale, et se félicite de constater une évolution plutôt positive au regard des années précédentes. A bien lire les chapitres successifs du rapport, la France va mieux, la région Centre-Val de Loire aussi, si l’on en juge par les titres des différentes rubriques. « En 2017, la reprise économique se confirme ». « Emploi salarié, croissance modérée », démographie d’entreprises : « rebond des créations et baisse des défaillances ». Même dans la construction, l’INSEE voit cette année « des signes encourageants », tout comme dans le transport pour lequel elle titre « la reprise confirmée ». Quant au tourisme, c’est le « beau fixe » avec 8 millions de nuitées (+4,4%). Seuls les agriculteurs et les commerçants semblent « dans l’expectative », ce qui ne veut pas dire que tout va mal.

Mais tout ne va pas bien non plus, notamment pour les consommateurs que nous sommes. Nous avons moins dépensé en 2017 que les deux années précédentes. Les prélèvements obligatoires, et l’augmentation des prix ont pénalisé la consommation des ménages. Par contre la balance du commerce extérieur est positive, une première depuis bien des années.

Emploi,  le Loir-et-Cher et l’Indre en bonne place

Bonne nouvelle, l’emploi salarié en région Centre progresse de 0,6%. L’Eure-et-Loire est à la traine, en recule de 0,8%, l’Indre-et-Loire quant à lui tire la région avec une hausse de 1,6. L’Indre, c’est à noter, est positif avec +0,3% ce qui ne s’était pas vu depuis des années. Le Loir-et-Cher affiche quant à lui une balance à l’équilibre, grâce à l’emploi intérimaire qui enregistre une hausse de 8,7%, compensant ainsi les baisses enregistrées dans l’industrie (-1,7), la construction (-0,4) et le commerce (-0,8).

Quant aux demandeurs d’emploi, c’est dans le Loir-et-Cher que le recul est le plus sensible : -1,6%, c’est une très bonne nouvelle. Il fait mieux que le Loiret, alors que l’Indre-et-Loire affiche lui aussi un recul, plus léger certes (-0,7%), et devant le Cher à -0,5%.

Comme toujours la question est de savoir étudier les fameuses catégories. A ; il s’agit de ceux qui n’ont pas eu d’activité du tout durant un an (elle est en baisse de 1%, c’est bien), la B : activité réduite à moins de 78 heures dans l’année (elle augmente de 3,1%), et la C : ceux qui ont eu des contrats courts de plus de 78h (elle augmente elle aussi, de 6,2%). Souvent les A basculent en B ou en C, alors, le mieux est encore de regarder l’évolution des trois à la fois. Et là, le commentaire pourrait être : bien mais doit mieux faire, car en fait, il y a moins de chômeurs de longue durée, mais finalement plus de chômeurs inscrits pour des durées variables. Pôle Emploie voit dans cette balance un encouragement tout de même puisque « finalement les gens renouent, même timidement avec l’emploi ».  317.400 offres d’emploi ont été diffusées en 2017 en région Centre-Val de Loire, dont plus de 100.000 pour des CDI.

 

 

S de Laage


 

L’économie inattendue

L’économie est une science qui constate des cycles répétitifs au fil des décennies. Pour autant, certains facteurs certains facteurs influencent les marchés avec de des conséquences difficilement quantifiables. 

– Connaissez-vous le lessivage ?

Quand le terme n’est pas domestique, il est agricole. La terre est « lessivée » par les pluies importantes, qui drainent les engrais et pesticides vers les nappes phréatiques. Autrement dit, la terre est nettoyée de tous les intrants que l’agriculture a déposés la saison précédente. Les conséquences d’un lessivage, ou non, sont importantes. Ce fut le cas en 2017. Le climat plutôt sec a permis de garder l’efficacité des engrais de l’année passée, et de ne pas en ajouter. Une aubaine pour les agriculteurs qui n’ont donc pas acheté d’engrais et ont ainsi limité leurs charges. Le bénéfice est double quand on sait que les nitrates sont fabriqués par la transformation de l’azote de l’air. Une opération indexée sur le prix du pétrole, utilisé pour cette opération.

– L’affaire de la queue de cochon

Savez-vous que les chinois raffolent des queues de cochon, des oreilles et du museau ? La France, gros producteur de porcins, a saisi ce marché et fourni très largement la Chine. Selon la loi de l’offre et de la demande, le cours du cochon a monté significativement, jusqu’à 1,65€/kg. Mais il se trouve que le produit se congèle bien, les Chinois ont donc fait des stocks (estimés à près de trois ans), et le cours est retombé à 1,29€/Kg.

– Les éoliennes antigel

S’il est un produit agricole fragile, c’est bien le raisin. En 2017, notre région en a une fois encore fait l’expérience. Les gelées de fin avril ont réduit certains vignobles jusqu’à 90% dans le Vendômois. L’Indre-et-Loire s’en est mieux tiré, le Cher a résisté. Dans le Cher justement, c’est grâce à l’implantation d’éoliennes que le pire est évité depuis cinq ans déjà. Des éoliennes qui ne produisent pas d’électricité, mais protègent les vignes du gel en brassant l’air et en rabattant l’air chaud vers le sol. Grâce à elles, les vignerons semblent tranquilles.

– Le Français n’aime pas les élections

2017 fut une année électorale, les chiffrent de la consommation en témoignent. Le premier semestre fut celui de l’attentisme, consommation et fréquentation des magasins en baisse. Regain d’optimisme chez les commerçants à l’arrivée de l’été, et des touristes. Essoufflement en fin d’année, les Français craignent cette fois les premières mesures gouvernementales !

Stéphane de Laage

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