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Politique – PS : prière d’éteindre la lumière en sortant

Chaos ou agonie du Parti socialiste ? Faites vos jeux, et rien ne va plus… À moins de quinze jours du premier tour de l’élection présidentielle, les socialistes sont dans la pétole : défection de soutiens à  Benoît Hamon, montée d’une vague Mélenchon et sa France insoumise sur sa gauche, concurrence du produit En Marche ! d’Emmanuel Macron sur sa droite… Le PS va-t-il survivre à cette énième crise ? Le point en région, dans le Loiret et le Loir-et-Cher.

Dans un discours à Montlouis-sur-Loire il y a 25 ans Michel Rocard appelait à un « mouvement vaste et moderne ouvert à tous ». Christine Ockrent avait ensuite dit sur France 3 qu’il venait de  « sonner le glas du PS tel qu’il existe ». 25 ans plus tard, et autant de soubresauts, l’agonie du PS, le « Requiem » pour reprendre un éditorial du Monde au lendemain de l’annonce du soutien de Manuel Valls à Emmanuel Macron le 29 mars dernier, fait figure de marronnier. Mort du PS, vraiment ? On ne compte plus ses actes de décès parus depuis 25 ans, en 2002 notamment après l’élimination de Lionel Jospin au premier tour de la Présidentielle, ou en 2008 après le congrès de Reims particulièrement saignant.

« Valls était trop clivant »

En région Centre-Val de Loire, cette mise sous assistance respiratoire est sensible, jusque dans les fédérations locales, leurs secrétaires fédéraux, leurs militants. Dans le Loiret, Nicolas Charnelet, numéro 2 du PS départemental, vient de démissionner du PS le 31 mars dernier et a rejoint le mouvement d’Emmanuel Macron, En Marche ! En Loir-et-Cher, c’est l’adjoint au commerce et à l’artisanat du maire de Blois, Louis Buteau, qui a claqué la porte du PS en mars s’en est allé rejoindre le mouvement d’Emmanuel Macron. Gildas Vieira – non encarté mais adjoint à la vie associative de Marc Gricourt – a lui opté pour l’ex ministre de l’Économie de François Hollande depuis le début de l’aventure. Une situation qui semble ne pas inquiéter Frédéric Orain, premier secrétaire fédéral de Loir-et-Cher : « En Loir-et-Cher, on n’a pas eu de défection. On a un parrainage sur tout le Loir-et-Cher en faveur de Macron (Alain Goutx, maire de Pouillé) ; la démission d’un adjoint à la mairie de Blois (Louis Buteau, Ndlr). Pour Jeanny Lorgeoux à Romorantin, la situation est plus floue. Il est hésitant sur son vote entre Hamon ou Macron, mais il n’a pas apporté son parrainage à Macron. Sur le terrain, l’accueil est plutôt positif, même si la campagne n’est pas rose évidemment. On ne sent pas de déchirement en Loir-et-Cher comme il peut y en avoir à côté en Loiret où ça parait compliqué ! »

Dans le Loiret justement, Valérie Corre, députée sortante de la 6e circonscription, brigue un nouveau mandat ; elle estime que l’erreur historique de cette primaire c’est d’avoir laissé Valls représenter « le courant réformiste de notre parti », alors que, Premier ministre sortant, il était plombé par son bilan à Matignon. « Valls était trop clivant, il aurait mieux valu un autre candidat ». Une idée que confirme – sans se concerter – Frédéric Orain dans le département voisin : « Idéologiquement deux courants s’affrontent. Les socio-libéraux, avec un vrai clivage sur l’économique, mais il ne sépare pas une gauche qui serait de gouvernement et une gauche qui serait d’opposition ».

« Traitre de la primaire ! »

Le numéro 2 du PS du Loiret Nicolas Charnelet ne fait quant à lui que suivre des convictions anciennes : ancien militant du Modem, militant du PS depuis 2008, organisateur de la primaire de la gauche en janvier dernier, il a annoncé son ralliement à En Marche via les réseaux sociaux. Avec Olivier Frézot, il était l’une des chevilles ouvrières du PS loirétain. Bernard Hauchecorne, maire de Mareau et figure du PS du Loiret a lui aussi franchi le Rubicon, encore un coup dur pour les socialistes locaux.

Tous ces ralliements, soutiens, franchissement de ligne jaune, ont le don d’agacer les « éléphants locaux » qui ne quittent pas le navire (ou pas encore ?). Le maire de Blois, Marc Gricourt, y est allé vertement sur son Facebook, à propos de Manuel Valls : « Traitre de la primaire ! Bravo ! Belle image de la démocratie et du respect des engagements et règles ! Pour autant une bonne nouvelle peut-être pour la « vraie » gauche. Macron-Valls = mêmes politiques… Si les Français considèrent que tout va bien alors continuons avec les mêmes ! » Un peu plus loin il poursuit : « Il y a traîtrise c’est une réalité et je l’exprime (…) Voter pour des idées doit rester la priorité et c’est ça le vote utile. Sinon décidons d’annuler le premier tour et désignons les deux finalistes du second tour dès maintenant ! Ce n’est pas ma conception de la démocratie ». Valérie Corre, députée du Loiret qui a soutenu Vincent Peillon au premier tour de la primaire, puis silencieuse dans l’entre-deux tours, n’hésite pas à dire que « les frondeurs m’ont pourri ma mandature », même si elle dit « comprendre ceux qui soutiennent E. Macron ». Peut-être le signe d’un futur ralliement, dans un entre-deux tours de la Présidentielle qui s’annonce très chaud en cas de qualification du leader d’En Marche et de Marine Le Pen…

Ouverture, fermeture…

Dans un exercice d’équilibriste, le sénateur du Loiret Jean-Pierre Sueur parle d’un « soutient exigeant » au candidat Hamon, façon Bernard Cazeneuve. Mais, un peu plus loin dans sa lettre, difficile de comprendre sur quelle chaise l’ex maire d’Orléans est assis : « nombre de ses propositions sont réalistes et novatrices – même si je ne les partage pas toutes ! – et que, comme l’a bien dit Bertrand Delanoë, il crée les conditions économiques pour pouvoir mettre en œuvre une politique de la solidarité  – ce qui, pour le coup, est authentiquement rocardien ». Il poursuit : « Et pour être tout à fait clair, je pense qu’il ne faut pas injurier l’avenir et que nous devrions œuvrer pour qu’il y ait une majorité à l’Assemblée Nationale unissant les socialistes et le mouvement « En Marche » et, bien sûr, d’autres encore… Préférons toujours l’ouverture à la fermeture ! ». Pas sûr qu’une poule y retrouve ses petits au milieu de cette couvée.

Alors, chaos, avis de décès, mensonges et trahisons ? Le psychodrame au PS n’est pas le premier du genre, on l’a rappelé, et Frédéric Orain esquisse un peu ce que pourrait être l’avenir proche, en cas de survie du PS : « Ça se sentait que Manuel Valls n’avait pas envie de voter Benoît Hamon. S’il est cohérent, il va voir ailleurs. Pour le cas de Jeanny Lorgeoux (1) aux sénatoriales, c’est vraiment particulier. Même si on voulait le sanctionner, avec la Fédération, ça ne serait pas simple. Mais si un candidat PS voulait se présenter contre JL, je ne vois pas au nom de quoi je l’interdirais ». On prend les mêmes et on recommence…

F. Sabourin

(1) Le sénateur-maire sortant de Romorantin-Lanthenay a déclaré récemment à nos confrères de la NR qu’il était « en apnée sous-marine jusqu’au dimanche 23 avril », déclenchant des remarques acerbes des socialistes loir-et-chériens.

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