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Regards

Le dernier livre de Michel Onfray nous explique, à grands renforts de « preuves » historico-philosophico-religieuses, les raisons d’une décadence inéluctable, selon lui, de notre civilisation judéo-chrétienne occidentale. L’Occident est « en phase terminale » estime-t-il. N’ayant pas son bagage intellectuel, et ne partageant pas toute son analyse, je vais juste, à partir de remarques plus « simples » et forcément personnelles, vous donner mon sentiment d’une, je dirais plutôt, déliquescence des valeurs que possédait, pour le meilleur, mais parfois pour le pire, cet occident flamboyant.

Incivisme, passe-droit, communautarisme, repentance, égalitaristo-écolo-droits-de-l’hommisme, anti-islamophobisme et antiracisme dogmatiques, transhumanisme incontrôlé, égocentrisme forcené, incapacité à penser en termes de communauté ouverte avec un repli identitaire excluant, domination de la tristesse, de la nostalgie, sentiment de jalousie… symbolisent notre époque. Epoque où on triture, on modifie gènes et molécules, et où les écologistes, souvent enfants du béton parisien, s’approprient une Nature par essence universelle et punissent automobilistes, paysans, omnivores… Société qui fait d’une colline une montagne, du banal un évènement, d’une revendication égoïste un bienfait commun, d’une communauté un lobby, du non-dit une pensée, du couillon un philosophe, de l’emmerdeur un idéaliste, d’un animateur télé une conscience, du lieu commun un culte. Tout est culte désormais, un film, une chanson, une série télévisée, un acteur, un chanteur, un youtubeur… On rejette avec force Dieu, surtout celui des chrétiens, mais on crée dans l’euphorie quelques rutilantes idoles en toc plus faciles à adorer.

Ajoutez l’individualisme, la solidarité médiatique revendiquée où la raison à ses raisons que le coeur ignore, le sectarisme, l’absence de respect, le sentiment d’avoir inventé l’eau chaude… et voici, pour moi, les raisons de cette déliquescence.

Cette crise molle se manifeste à travers tous les phénomènes d’affaiblissement du civisme, du respect de l’autre, du dialogue : les dégradations des biens publics ou privés, la casse, la violence, l’occupation de lieux publics, l’anathème, la caricature brutale, le non-respect d’un certain nombre de lois comme lorsqu’un ministre oublie pendant plusieurs années de payer ses impôts sans être trop inquiété par l’administration fiscale. Comme lorsqu’un couple, représentants du peuple depuis longtemps, avoue, dans l’indifférence, des comptes bancaires et des villas dans des paradis fiscaux. Comme lorsqu’une ministre en poste signe un chèque de 400 millions d’euros avec nos sous. Comme lorsqu’on veut bien profiter de ses droits sociaux, aménageables et sur « mesure », sans ce qui s’y attachent trop de devoirs. Comme lorsqu’on se précipite aux services d’urgence des hôpitaux pour tout et n’importe quoi en exigeant violemment d’être pris en charge sur-le-champ ou, parfois, d’être traité en fonction de ses particularités religieuses. Comme lorsqu’on transfert des fonds vers des pays plus accommodants sur la fiscalité… Comme lorsque l’Etat cède devant les zadistes professionnels de Notre-Dame-des-Landes, s’efface devant les « petits garnements » des banlieues parisiennes qui tapent ou brûlent du flic, se couche en silence devant des images où deux femmes se font sortir d’un café dans le 93 uniquement parce qu’elles sont femmes. Comme lorsque l’enseignement frise le bonnet d’âne (rapport Pisa). Comme lorsque les entreprises sont étranglées, le système de santé détérioré, les informations bienpensées comme à Radio pravda (France Inter) et ses commissaires politiques: Patrick Cohen, Sophie Aram…

Le diable observe la décrépitude de notre société désabusée, anxieuse, énervée à la recherche d’une boussole pour l’instant introuvable. Et ce diable caché, se nourrissant de ces délabrements, pourrait bien prendre la forme d’une gouvernance extrême et dangereuse pour notre pays.

Quoi, qui pour empêcher la catastrophe ? Il nous faudrait un grand coup de balai républicain et non des primaires où l’on se bat à coup de programmes sans grande différence ni cohérence et d’approches purement idéologiques. Il faut défaire, détricoter, supprimer les procédures, les règles administratives impénétrables, les personnes qui ont pour métier d’empêcher à force de contrôler, de pinailler par principe. Il faut vaincre les oppositions systématiques et traditionnelles des contre-pouvoirs aux facultés de nuisance extraordinaires. Et peut-être que là..

Une réjouissance personnelle teintée d’amertume : Bordeaux vient d’être classée destination touristique française de 2017 selon le Los Angeles Times. Bordeaux est la seule ville française de la sélection. Après avoir reçu les louanges du célèbre guide de voyage britannique Lonely Planet : « La belle endormie s’est réveillée… l’impressionnante transformation des berges de Garonne, la Cité du Vin fraîchement inaugurée, une gastronomie qui n’en finit plus de se réinventer, et des aménagements soucieux du paysage urbain… », elle serait la meilleure ville française à aller visiter en 2017. Ajoutons que Bordeaux est la ville préférée et la plus attractive pour les Français. Bravo Alain Juppé, de quoi nourrir quelques regrets…

Gérard Bardon

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