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A la campagne – Zones agricoles défavorisées, la révolte gronde


Le gouvernement envisage de modifier la carte des zones agricoles défavorisées au grand dam des agriculteurs du Loir-et-Cher qui manifestent pour protester.
Éleveurs et cultivateurs faisaient le blocus de la sous-préfecture mardi 23 janvier pour protester contre une éventuelle modification de la carte des zones défavorisées simples de certaines régions françaises, dont la Sologne.
Une dizaine de tracteurs et animaux ont mis sur les nerfs les gendarmes et la sous-préfète Catherine Fourcherot. Devant la sous-préfecture les engins agricoles imposants barraient la circulation, entourant bœufs, ânes, moutons et pintades venus en renfort du président de la FDSEA41, Florent Leprêtre, et de Jean-Marie Coustre responsable Sologne des Jeunes Agriculteurs du 41.
La vice-présidente de la FDSEA41, Blandine Terrier haranguait la foule d’une trentaine d’agriculteurs présents : «Nous voulons être entendus et exigeons un rendez-vous avant le 26 janvier avec le premier ministre, sinon….». Menaces de blocage de l’autoroute et plus s’ils n’étaient pas reçus rapidement ont mobilisé la sous-préfète de longues heures avant une promesse de rendez-vous avec le ministre de l’agriculture, promesse obtenue en fin de soirée.

Menaces sur les exploitations
Le classement d’une commune en zone défavorisée simple (ZDS) relève de plusieurs critères comme le rendement des cultures, la valeur des terres… le classement dans cette zone défavorisée par la nature des sols a permis à de nombreuses exploitations agricoles de Sologne (Loir-et-Cher, Loiret, Cher) de percevoir des subventions, des prêts bonifiés ou des aides à l’installation des jeunes agriculteurs.
Le président Florent Leprêtre explique : « La carte actuelle des ZDS date d’une quarantaine d’années, et la perte d’une exploitation exclue de cette zone s’élèverait entre 5 000 et 15 000 euros annuels. Quand on sait que le salaire d’un agriculteur tourne souvent autour de ce montant, c’est la mort de nombreuses exploitations solognotes, et tout ça parce que des fonctionnaires parisiens ne prennent pas en compte des critères raisonnables et veulent refondre ces zones sans discernement. On nous avait présenté une carte refondue acceptable au printemps dernier, mais on nous présente maintenant une carte complétement différente, sans explication. Au fil du temps nous perdons des terres agricoles en Sologne, 3 000 ha par an, à ce rythme il n’y aura bientôt plus d’agriculteurs en Sologne. On parle de circuits courts mais s’il n’y a plus de producteurs il faudra s’approvisionner ailleurs. Nous demandons que la Sologne soit classée dans son intégralité. »

G.Brown


Le classement des communes en zones défavorisées :

Qu’est-ce qu’une zone défavorisée ?
Les zones défavorisées sont des zones soumises à des contraintes naturelles. Dans ces zones, les agriculteurs sont éligibles à des aides compensatoires de l’Union européenne liées à ce handicap naturel.
On distingue actuellement 3 types de zones défavorisées :
– les zones de montagne ;
– les zones défavorisées simples ;
– les zones affectées de handicaps spécifiques.
Aujourd’hui, la définition de ces zones est en cours de révision. Le Ministère de l’agriculture doit  redéfinir la carte des territoires aidés avant la fin de l’année 2017.
En région Centre-Val de Loire, sur les 635 communes classées jusqu’à présent en ZDS, les dernières propositions du Ministère prévoient d’en exclure 215, ce qui inquiètent les agriculteurs.
Huit petites régions agricoles sont particulièrement touchées par cette réforme dans notre région
• Les petites régions agricoles de Sainte Maure et de la Gâtine de Loches et de Montrésor, en Indre-et-Loire.
• Le Pays-Fort, dans le Cher.
• Les petites régions agricoles de l’Orléanais, du Berry et de la Puisaye dans le Loiret.
• La Sologne du Loir-et-Cher, du Loiret et du Cher.
• Le Perche d’Eure-et-Loir et le Perche du Loir-et-Cher qui n’étaient pas classés en ZDS mais qui méritent selon les agriculteurs de l’être au vue des grandes difficultés de la production laitière de la zone et dans une logique de continuité avec le Perche de l’Orne.

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