Blois : Le Medef 41 a mis les députés sur le grill

Les élections législatives de juin 2022 ont confirmé trois personnalités en leur donnant accès aux bancs de l’Assemblée Nationale. Le Mouvement des entreprises de France (Medef) 41 et son président Paul Seignolle les ont mis directement le 4 juillet dans le bain des questions. Sollicitations.
Le jour de l’annonce de la composition du nouveau Gouvernement et de ses ministres, Mathilde Desjonquères (1e circonscription / Blois / Modem, suite au maintien de Marc Fesneau comme ministre de l’agriculture), Roger Chudeau (2e / Sologne / RN) Christophe Marion (3e/ Vendôme / ex-PS, Territoires de Progrès, majorité présidentielle) avaient répondu présents suite à l’invitation du Medef et de branches professionnelles associées (automobile, bâtiment, hôtellerie-restauration, banque, etc.). Une sorte de premier examen ou rite de passage pendant lequel les trois députés de Loir-et-Cher ont écouté les problématiques soumises pendant environ une heure en termes d’inflation, de coût des matières premières, de mobilités, de recrutement et de personnel, de logement ou encore de fiscalité. “L’absence de majorité absolue à l’Assemblée nationale ne doit pas être synonyme d’immobilisme,” a donné le ton Paul Seignolle, dès le début de la rencontre installée dans les murs de la Maison des entreprises à Blois le 4 juillet. Les interrogations furent nombreuses, les doléances également, et toutes ont été scrupuleusement notées par les nouveaux élus qui les feront remonter, conformément à leurs rôles, auprès de l’échelon national. “Nous sommes là pour écouter et donc agir, » a confirmé la députée Desjonquères. Les débats se sont particulièrement focalisés sur le transport et l’épée de Damoclès automobile de 2035 qui devrait ciseler la fin des véhicules thermiques. Cette décision affole déjà les auto-écoles ou encore les garagistes en termes de pertes d’emplois et de ventes. Il a été rappelé également le manque de bornes de recharge en ruralité, il a été aussi pointé du doigt la nécessité de réouvrir de petites centrales nucléaires de fait… “Le tout électrique pour nous est une folie sociale, économique, écologique. La France doit développer l’hydrogène,” selon Roger Chudeau. “Nous fixons des caps pour pouvoir avancer, sinon on repousse toujours à plus tard,” pour Christophe Marion. “Peut-être faut-il réfléchir à un mix énergétique, s’intéresser aussi aux bio-carburants,” d’après Mathilde Desjonquères. De son franc-parler légendaire, le président du Medef 41, Paul Seignolle, a conclu l’échange. “L’économiste Jacques Attali m’a dit : tu sais, les politiques ne craignent qu’une chose : la rue. Nous, chefs d’entreprise, n’avons pas peur de prendre des décisions en fonction de l’intérêt de nos entreprises. Alors, ayez enfin ce courage en fonction de l’intérêt du pays, au lieu de penser à être réélus ! Soyez courageux comme les chefs d’entreprise. Les Français vous attendent sur ce point. Ne nous décevez pas.”
É.R.