Cheverny : Une maison de santé qui s’étend, un événement

Il est possible d’affirmer que la commune de Cheverny possède la santé. Pour preuve, elle semble savoir séduire les professionnels et médecins dans ses murs désormais élargis.
Le 27 octobre, ce n’était pas une blague d’Halloween avant l’heure : la maison de santé universitaire de Cheverny, qui fonctionne depuis 2015 sur la route de Romorantin, vient d’accueillir une extension. Fait rare, à l’heure où les endroits de ce type existants, se vident ou tout, au moins, ont du mal à garder leurs occupants aux stéthoscopes. Alors, pourquoi Cheverny ferait exception à la règle ? Il s’agit d’abord là non pas d’une maison de santé pluridisciplinaire mais universitaire (MSU), c’est-à-dire qui reçoit et forme des étudiants, ce qui peut peut-être attirer davantage. Ensuite, la base part de la volonté de l’ancien maire, Bernard Sinet, disparu cet automne (cf. page 19), qui a sans doute motivé l’essai à devenir pérenne en rencontrant le Dr Renou. Quelle que soit la raison, c’est avéré, la mayonnaise prend ici : Cheverny a réussi à agrandir sa maison de santé et qui plus est, à y attirer deux nouvelles recrues engagées pour dix ans, dont un ostéopathe. L’endroit abrite au total 12 professionnels de santé : 6 médecins généralistes et 6 infirmières. Les travaux d’extension de cette MSU ont débuté en janvier 2022. Ils ont permis la création de deux cabinets médicaux de 25 m2, d’une salle d’attente, d’un bureau polyvalent pour une permanence d’assistante sociale et de consultations délocalisées de spécialistes. Le coût de cette réalisation est de 339 854 € financé par l’État et la région Centre-Val de Loire, dans le cadre du Contrat de Projet État/Région (55 000€ chacune), le Conseil Départemental (68 000 €) et le reste par la Maison de Santé. Une bonne nouvelle dans une région où un habitant sur cinq n’a pas déclaré de médecin traitant. Toujours côté chiffres, le Loir-et-Cher affiche 56% des médecins généralistes âgés de plus de 55 ans mais compte 21 maisons de santé (108 au niveau régional), soit 8 créations entre 2018 et 2022. Faut-il encore les remplir, l’existence de bâtiments ne faisant pas tout… Enfin, pendant que le Conseil départemental mise son plan « le 41 en bonne santé 2022-2028 » autour de neuf axes stratégiques pour lutter contre la désertification médicale, le Conseil régional s’est, lui, engagé à créer 300 emplois de médecins salariés en 7 ans accompagnés de secrétaires médicaux, répartis sur les zones les plus carencées. “Les gens, qui envisagent de s’installer, demandent souvent, avant l’école, s’il y a des médecins dans le village ou la commune,” a précisé madame le maire de Cheverny, Lionella Gallard, le 27 octobre, après avoir coupé le ruban tricolore d’inauguration d’extension.
É.R.