Cieu : un peintre fulgurant au théâtre – Orléans.

EXPO Le peintre orléanais Thomas Henault, dit Cieu, expose pour un mois dans la galerie du Théâtre d’Orléans. Une occasion de voir ou de découvrir cet artiste accompli, souvent présenté à Londres, New-York et Paris. Une expo intelligente et fulgurante.
Stéphane de Laage


Le talent de cet artiste est proportionnel à sa discrétion. Il ne fait pas de bruit dans les médias, et préfère la reconnaissance de son public dans les galeries. On se souvient pourtant qu’il fut l’auteur de l’affiche du tournoi international de tennis d’Orléans en 2017. Dans son atelier de la rue d’Illiers, il travaille dans la continuité de ce qui furent ses premières amours : le théâtre et le street-art. Pour cette exposition que lui organiste le galeriste Gil Bastide, il a créé pas moins de cinquante tableaux originaux, tous inspirés de la scène. Pour lui qui vécut ses premiers émois au cours Florent, le pas était facile et l’inspiration naturelle. « Le théâtre est ma seconde nature, dit-il. J’ai tout créé pour ce lieu qui me ressemble et que j’aime ». Cieu nous livre ici des œuvres inspirées de la pop culture, souvent décalées et pour le moins suprenantes. « Certains tableaux sont nés sans réflexions préalable, sortis de mon imaginaire au fil de mes pensées ». Comme ce panda sur un podium… « je pensais à l’athlète Jesse Owens et son poing levé, le choc du noir et du blanc, et à Nike, qui est une déesse grecque avant d’être une marque ».
Dans la loggia du théâtre, Gil Bastide a créé une atmosphère étonnante, sur fond de toile de Jouy beigne, qui tranche avec les créations résolument modernistes. Ici un piano revu et décoré par l’artiste, là une sculpture, et sur les murs, des collages et des acryliques qui accrochent le regard.
On s’y perdrait presque, attiré par les couleurs vives, les textes et la fulgurance des tableaux. Cieu mélange les genres sans retenue. Il drape Molière dans une toge romaine, associe Batman à Musset, Othello au jazz afro-américain.
C’est tout à la fois brillant et intelligent… c’est à voir à Orléans, dans la galerie du théâtre. Tous les jours jusqu’au 20 octobre.