Le Loiret engage son Plan sobriété

Sur le champ des dépenses énergétiques, à en juger par les études menées par le conseil départemental du Loiret, et les déclarations de son président il y a quelques jours, la collectivité est bien décidée à réduire de façon drastique ses dépenses quotidiennes d’énergie.
Tout a été passé au crible. Les bâtiments qui sont de la compétence du département : pompiers, collèges et autres bâtiments administratifs, mais aussi le carburant des véhicules de service. Rien n’a été laissé de côté.
Et aussi surprenant que cela puisse paraître, alors que l’on pourrait imaginer que les dépenses sont identifiées par grandes lignes, tout est chiffré avec précision.
À commencer par la typologie des bâtiments et leur consommation de carburants. Le SDIS, autrement dit les pompiers, représentent à eux seuls le quart des bâtiments publics, propriété du Loiret ; les collèges 17% ; les bâtiments administratifs ou mis à dispositions 25% ; sans oublier les châteaux pour un petit pourcent (le Loiret en possède trois). Tous ces bâtiments doivent être chauffés en hiver bien entendu, et rafraîchis en été. Pour cela, pas encore de miracle, le gaz et l’électricité sont les premiers postes de dépense, avec respectivement 58% et 25% de l’addition totale, suivis du chauffage urbain, du fioul et du propane, et enfin de 2% de granulés bois.
Des audits de performance énergétique ont en outre été réalisés, identifiant les bâtiments les plus énergivores. Les cinq premiers totalisent à eux seuls 14% de l’énergie consommée (sans surprise car le plus ancien sans doute, le site de Chateaubriand, puis le collège Lucie Aubrac à Villemandeur, le centre maternel de la Maison de l’enfance, le collège Léon Delagrange et l’Hôtel du département à Orléans).
Au vu de ce que l’on a fait par le passé, il faut maintenant respecter, a minima, la règlementation RE2020 pour les constructions neuves, qui souvent utilisent des matériaux bio-sourcés pour réduire leur empreinte carbone.

Alors quoi faire ?
Bien sûr, les idées les plus évidentes sont de mise. À commencer par la réduction du chauffage dans les lieux inoccupés le soir et le week-end, l’arrêt de la VMC durant les vacances des collégiens, et de l’éclairage des châteaux à partir de 23 heures.
Mais il est des idées qui surprennent davantage, comme celle d’interdire les chauffages d’appoint dans les bureaux. La décision risque de faire grincer les dents des plus frileux, d’autant que la température de rigueur est ramenée à 19°C (21° pour la Maison de l’enfance). En été, pas de clim tant que la température ne dépasse par les 26°C.
Et dans la même veine, l’arrêt pur et simple des chauffe-eaux des lave-mains ; les mains se lavent aussi à l’eau froide.
Plus subtile encore, l’idée d’arrêter les 9. 000 ordinateurs des collèges à 18h et non plus à 19h, et les 1 500 ordinateurs des services du conseil départemental sont priés d’être éteints quant à eux à 18h et non plus à 21h. Voilà qui fera coup double avec l’incitation à quitter le bureau à une heure raisonnable.

Se déplacer cool !
On l’a vu, la mobilité génère également sa part d’émissions de CO2 et une consommation d’énergies coûteuses. Pour la flotte des agents des routes et les véhicules de service divers, cela représente 600 000 litres de carburant, et un budget de 1,2M€.
D’où les concepts suivants, eux aussi frappés au coin du bon sens, désormais commun, comme l’usage de véhicules à boîte automatique, moins consommatrices, décaler ses rendez-vous pour éviter les heures de pointe, et mieux encore, utiliser les vélos à assistance électrique, disponibles sur certains sites du Conseil départemental. Enfin, l’éclairage de la Tangentielle qui contourne Orléans devrait être désormais éteint, en bonne entente avec les communes traversées.
Autre sujet dans l’air du temps, celui de déconnecter un éclairage sur deux dans le garage en sous-sol de l’Hôtel du département à Orléans, et arrêter tout bonnement les éclairages extérieurs de « Chateaubriand ».

Prendre les choses en main
Le Département a donc fait la liste des actions majeures à mener au plus tôt.
Par un marché global de performance sur cinq bâtiments (Hôtel du département et 4 collèges), en réduisant les consommations de 40%, en menant des travaux de gros entretien, isolation et passage à la LED, et la régulation par gestion technique du chauffage sur 50 sites. Enfin, est évoquée la création d’une société d’économie mixte dédiée à la production en Loiret d’énergies renouvelables, valorisant dans le même temps le patrimoine et le foncier, en développant l’énergie solaire, le biogaz ou les vecteurs d’hydrogène.
Les idées ne manquent pas, tous azimuts, et l’on voit que dans l’urgence de dépenses devenues insupportables, l’on sait fait front pour la planète.

Stéphane de Laage