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Le printemps des festivals

Le Printemps de Bourges vient à peine de se terminer que déjà de nombreux festivals sont annoncés dans le Berry pour ce mois mai : le Festival de la Voix avec onze concerts en trois jours, Berrylait, festival de musiques amplifiées, les 22e rencontres de la Prée ou encore L’Air du temps à Lignières dont c’est la 24e édition.

Lignières – L’Air du Temps – Du 13 au 16 mai 2015

La 24ème édition du festival L’Air du Temps aura lieu du 13 au 16 mai 2015 dans la commune berrichonne de Lignières-en-Berry. Lignières abrite depuis plus de 30 ans une scène chanson parmi les plus exigeantes, les Bains-Douches, lieu de création et d’accompagnement des artistes. La chanson, dans l’infinie variété des genres, sera partout durant ces 4 jours de festivités. Moments de partage, instants volés de tendresse, éclats de fête, embruns folk et paroles vives pimenteront une programmation éclectique.

L’éventail de talents en réjouira plus d’un, porté par un fil rouge multi-artistique composé du duo Fausse Note (Sandra Reinflet et Peggy Rolland) et de Ben Mazué ! La Maison Tellier, Constance Amiot, La Tribu des Femmes, La Mal Coiffée, Lior Shoov, Camélia Jordana, Karimouche, Liz Van Deuq, HK et les Saltimbanks, Le Siffleur alias Fred Radix, Joseph d’Anvers et Mountain Men sont les invités de choix du festival, avec une mention particulière au spectacle Ivresses, nouvellement créé au sein-même des Bains-Douches, réunissant les magnétiques Clarika et Daphné.

Comme à son habitude, le festival présentera aussi un spectacle familial Wanted Joe Dassin, créé lui aussi aux Bains-Douches (production JMFrance) et servi par les trois compères de The Joe’s : Ben Ricour, Laurent Madiot et Jean-Pierre Bottiau.

L’inventif Ignatus, quant à lui, en plus de son répertoire personnel, présentera une création artistique avec un groupement de chanteurs et musiciens locaux.

Le festival accueillera l’Assemblée Générale de la Fédération des Festivals de la Chanson Francophone (FFCF), présidée par Marc Pfeiffer (L’Estival). Elle aura lieu le jeudi 14 mai à partir de 10h et rassemblera les responsables d’une trentaine de festivals chanson, de France et d’autres contrées francophones.

Le président Alain Fantapié et un jury de professionnels remettront le jeudi 14 mai à 16h45 les Coups de Coeur de l’Académie Charles Cros à une dizaine d’artistes.

Les réservations se font aux Bains-Douches au 02 48 60 19 11 et les réservations en ligne sur le site www.bainsdouches-lignieres.fr.

Retour sur un Printemps pluvieux mais chaleureux

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On attend déjà la 40e édition tant ce Printemps de Bourges 2015 fut encore un florilège de moments délicieux, de découvertes, de rencontres, de partages… Merci Bourges ! 

Du rap français, du rock, de la techno, de la chanson française, mais aussi de la soul et des rythmes orientaux, de si beaux mariages qui nous ont donné envie chaque jour de crier «I feel Bourges». Une belle édition qui a démarré avec les «Crazy Vibes» de Selah Sue pour se terminer dans une «Chaleur Humaine» façon Christine And The Queens. Bonheur ultime!  À l’année prochaine Bourges… Ton printemps est parfois pluvieux, mais toujours si doux pour nos oreilles et nos sourires émerveillés… Et si on s’y replongeait un peu ? Retour sur ce 39e festival ! 

Les coups de cœur du Printemps

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Mission confiée par notre rédactrice : article coup de cœur sur le printemps. Pas facile comme objectif n’est ce pas ; d’autant que cette année, la programmation n’emballait pas plus que çà votre serviteur. J’avais apprécié divinement les éditions 2013 et 2014, avec des entames sublimes souvenez vous Féfé et M au W, puis Stromae, des instants émotionnels et magiques avec les concerts de Patti Smith et Thindersticks en la Cathédrale Saint Etienne comme un écrin de musique dans des soirées inoubliables. Cette année, deux concerts étaient dans nos tablettes : Juliette Gréco, et Christine And The Queens. Il ne fallait pas rater les « adieux » et « merci » de la « Jolie Môme » ou, comme la surnommait François Mauriac « ce beau poisson noir… » Elle est arrivée, toute frêle dans cette longue robe noire, telle une môme oui, celle que nous sommes nombreux à avoir aimé et à aimer encore et toujours. C’est sa tournée d’adieu (sans x) car c’est à chacun d’entre nous qu’elle s’adresse pour dire « merci ». Je te dis adieu et je t’apporte mon dernier cri sur scène : L’amour, la délicatesse, les amants d’un jour, la sensualité toujours au cœur, qui lui fait dire : « excusez moi je ne devrais pas chanter cette chanson mais « …déshabillez moi, oui mais pas trop vite… » On sentait bien que l’âge était là mais dés les premières notes de son éternel pianiste d’époux Gérard Jouannest, on sut que la soirée allait être sublime. D’abord Brel, puis tout s’enchaînait avec Léo Ferré, Gainsbourg et la Javanaise induisant des Ah !!! dans le public, qui déjà vibrait avec la grande dame. Brel, Ferré, Gainsbourg « mes trésors » comme elle aime le dire si souvent, puis au bout d’une heure de concert, elle renonce. Partie s’éponger un peu près du piano, elle revient pour une dernière chanson et là, elle sort pour ne plus revenir, lasse, fatiguée ; c’est même un technicien qui annonce au micro que « Juliette Gréco remercie le public et qu’elle s’excuse de ne pouvoir revenir sur scène… ». Le public applaudit encore et encore car il sait que cette fois « c’est la der des der ». Le « beau Poisson Noir » est allé au bout de ses forces avec en plus, un fond de « basse » venu du chapiteau W à côté qui lui faisait dire :« il y a un troisième musicien, un batteur invisible… » et le public de pester contre ce fond sonore insoutenable, irrespectueux. Oui Madame Gréco que les femmes sont belles lorsqu’elles ont votre talent et sous le ciel du palais d’Auron, vous nous avez une dernière fois conquit le temps d’une chanson. Avec le temps tout s’en va… mais vous, vous nous avez encore donner le cœur d’aimer, vous le chantiez si bien : « C’est à s’aimer que le temps passe… ». On pouvait se souvenir de ces paroles: « à quoi bon s’étaler, occuper tout l’espace, dans mes bras repliés j’ai bien assez de place pour vous aimer… ». C’était court mais beau à quatre vingt huit ans, la « Môme Gréco » est encore là pour nous faire aimer la belle chanson française. Puis pour notre second coup de cœur, nous avions coché sur notre agenda Christine And The Queens et là aussi un plein de bonheur même si son entrée sur scène vers 23h30 nous ait laissé amers car pour une telle artiste elle n’avait pas besoin de tant de chanteurs passant avant elle, même si The Do et Izia nous ont enchanté. Puis la géniale Christine est apparue, elle qui nous avait sublimé l’an dernier, qui vient d’accrocher des victoires de la musique et on comprend pourquoi tant elle est divine. Un spectacle chorégraphique qui, malgré la longueur de la soirée nous a scotché au goudron du W. Cette voix coquine et très belle avec un accompagnement musical d’enfer notamment des percussions et une sorte de mélange electro-pop si l’on peut dire. Nous étions sous le charme même lorsqu’elle nous demandait de nous transformer en chauve souris… Elle avait de la grâce, envoutante cette nana dont les chorégraphies sont parfois étonnantes mais qui démontrent qu’elle est vraiment à l’aise sur scène : Une vraie petite reine et la pop française à bien de la chance de posséder un tel talent.

J.F.

Berrylait, une laiterie transformée en ruche

Yves Douceau, dit «Doudou» et sa fille Margaux aux commandes du festival Berry Lait.

Berrylait, drôle de nom pour un festival de musiques amplifiées où l’on boit plutôt de la bière. Drôle de lieu également, rébarbatif à l’extérieur, mais chaleureux dedans. Belle histoire de solidarité, aussi.

La fresque réalisée par les graffeurs lors du premier festival

Pourquoi  Berry Lait ? Parce que le bâtiment acheté par Yves Douceau, le directeur d’Imedia était l’ancienne centrale laitière de Châteauroux, construite en 1953. Berry Lait fermait boutique en 1988 pour être occupé pendant dix ans par Disval (1992-2002) avant qu’Yves Douceau en fasse l’acquisition en 2006. «Il restait en gros des murs, des planchers et un toit, mais construits à une époque où l’on ne lésinait pas sur le béton. Les possibilités étaient énormes, avec deux plateaux de 900 m2 !»

Yves Douceau a rameuté ses copains techniciens et les autres et en retroussant leurs manches ils ont d’abord aménagé des locaux pour Imedia. «Au début, se souvient Yves, nous n’avions pas des tonnes de matériel, mais au fur et à mesure il fallait pouvoir répondre à des fiches techniques de plus en plus pointues pour sonoriser et éclairer des spectacles». Imedia sonorisait par exemple l’Auditorium, pendant le dernier Printemps de Bourges, la troisième plus grande salle du festival. «Nous pouvons louer du matériel, faire de l’assistance technique. Nous sommes trois permanents mais en période de festivals nous utilisons les services de quinze à vingt intermittents».

Le 9Cube comme une évidence

Au début la structure abritait aussi le vestiaire d’une costumière «Alice au pays des costumes». Et puis est arrivée la radio associative Ballistiq «Le bâtiment est situé sur un point haut de la ville, pour leur émetteur c’était idéal». Parallèlement Imedia continuait son aménagement, un studio d’enregistrement s’est installé au premier étage et on lui a adjoint un appartement de façon à accueillir les musiciens en résidence.

«Nous sommes bien situés, pas trop loin de Paris et les boites de production commencent à nous connaître. Alors quand les groupes ont besoin de travailler un ou deux jours, ils s’arrêtent chez nous, résume Yves». Ils y trouvent tout le matériel dont ils ont besoin. Et qui dit groupe en résidence, dit travail de scène. C’est comme cela qu’est né le 9Cube. «Au début c’était une salle de répétition, et puis comme les mini concerts s’y multipliaient, il a fallu faire une sévère mise aux normes». Un premier permis de construire a été déposé en juin 2011, accordé en février 2012, la commission de sécurité a donné son feu vert un an plus tard et depuis le 9Cube est l’antre des amateurs de musique amplifiées.

Le rendez-vous des musiciens

L’ancienne laiterie est également le siège de Caïman, société de conseil et de facturation des groupes de musique amplifiée. Elle a également accueilli pendant trois ans l’atelier du pastelliste Alain Belanger. Bref, c’est un lieu d’échange et de rencontres, si bien que la création d’un festival coulait de source. « C’était une volonté des techniciens, rappelle Yves Douceau, nous avons tout le matériel et ma fille Margaux, permanente d’Imedia, a reçu à Issoudun la formation nécessaire pour gérer une salle de concert au niveau technique et administratif. Des stagiaires d’Issoudun viennent d’ailleurs se faire les dents au 9Cube ».

Yves ne le dit pas, mais c’est une prouesse de monter un festival avec un budget qui ferait hurler de rire n’importe quel producteur. Mais c’est le résultat d’un réseau d’amis musiciens et de partenaires. Alors si l’histoire de Berry Lait, venez donc vous en mettre plein des oreilles les 22-23 et 24 mai.

Pierre Belsoeur

Châteauroux en chœurs – les 15, 16,  et 17 mai

Le Choeur d’Hommes d’Estonie, poids lourd de cette édition 2015

Et de dix, le Festival de la Voix revient, à Châteauroux bien sûr, mais aussi  à Saint-Marcel, Sainte-Lizaigne et pour la première fois à Argy.

Onze concerts en trois jours, auxquels s’ajoutent cinq ateliers et une exposition ! Le Festival de la Voix, c’est du lourd, pour célébrer sa dixième édition .« Dix belles années consacrées à l’art choral d’aujourd’hui et exclusivement a capella, genre virtuose et souvent singulier, s’émerveille Loïc Pierre, son directeur artistique. Le festival a ainsi décliné le collectif vocal sous toutes ses formes, du quatuor au grand chœur au service d’opus venus des quatre coins du monde et au diapason des ensembles ambassadeurs venus d’Ukraine, de Norvège, du Japon, d’Allemagne, d’Estonie, de Finlande, de France ou du Pays Basque espagnol. Sans oublier les jeunes ensembles français que le festival a découvert et promu avec enthousiasme et fidélité.»

C’est justement de l’Est que viennent les vedettes de cette édition 2015 . Le Choeur d’Hommes d’Estonie composé de cinquante deux choristes est un monument affirment les organisateurs: « Basses profondes et ténors aériens créent ici une griffe chorale exceptionnelle et unique au monde avec en mémoire fertile des racines immémoriales héritées de Grieg et Sibelius.» On aura l’occasion de l’applaudir dans deux registres différents. Lors du concert d’ouverture, sur la scène d’Equinoxe et dans l’église Notre Dame, le dimanche après-midi.

Les inventions de Slixs

Avec Slixs, on change totalement d’atmosphère. Le sextet allemand est résolument jazz et chante dans toutes les langues avec une fantaisie qui va de pair avec une technique époustouflante. Ils n’ont pas fini de grimper et lorsqu’ils seront au firmament du chant choral on pourra se dire « On les a vus et entendus au festival de la Voix de Châteauroux.»

Troisième tête d’affiche du festival, l’ensemble Tête de Chien à la démarche particulièrement originale : ses cinq chanteurs reprennent les chansons du patrimoine traditionnel, en conservent scrupuleusement le texte, mais le mettent en scène à leur sauce. Cette formation se produira sur les trois  scènes décentralisée: Saint-Marcel , Sainte-Lizaigne et Argy.

Ces trois groupes animeront des ateliers le samedi et le dimanche pour le plus grand bonheur des stagiaires.

Deux autres formations complètent l’affiche : Seguido et Répète un peu pour voir.

Séguido c’est une histoire d’amitié entre des chanteurs du Choeur National des Jeunes A Coeur Joie et leurs professeurs. Ils se sont retrouvés quelques années plus tard pour se lancer dans une nouvelle aventure chorale.

Répète un peu pour voir  rassemble quarante choristes qui explorent toutes les tendances , de la battacuda au jazz-swing en passant par les choeurs scandinaves. Recommandé pour ceux qui aiment la diversité.

Si l’on ajoute à ce programme le concert anniversaire rassemblant à Equinoxe des choeurs amateurs et «Répète un peu pour voir» et les concerts non stop de treize formations amateurs à la Chapelle des rédemptoristes ou salle Gaston Couté à Belle-Isle , vous ne saurez plus où donner… des oreilles pendant trois jours.

P.B.