Loir-et-Cher : Le passeport pour la majorité, visa pour une adolescence adulte

On aurait pu penser qu’avec les moyens modernes de communications mis à leur disposition que les jeunes Français de moins de 20 ans et donc déjà majeurs et considérés comme «responsables» connaissaient tout de leurs droits, certes, mais aussi de leurs devoirs les plus élémentaires, comme voter. Mais…
Que nenni si l’on en croit les services du conseil départemental de l’accès au droit de Loir-et-Cher (CDAD41), de la justice et de la préfecture qui ont décidé et réussi l’édition d’un livret pratique, fort bien présenté, avec couverture flashy, sobrement appelé «Passeport pour la majorité». Il s’agit, en fait, en une soixantaine de pages claires, d’un super-guide d’instruction civique, très informatif, tout à la fois guide de la citoyenneté, de la vie en société dans le Département et des clés pour commencer une vie équilibrée d’adulte équilibré dans une société qui l’est tout autant, pour éviter la chienlit comme aurait feu le général De Gaulle… Présenté par le préfet de Loir-et-Cher, François Pesneau, en compagnie de Lionel Da Costa Roma, président du tribunal judiciaire de Blois et président du CDAD41 précité ; Séverine Luj, coordinatrice au sein du CDAD41 et Lisbeth Choquet, déléguée départementale aux droits des femmes, ce passeport répond, en partie, aux questions et, surtout, questionnements que se posent les jeunes sur plusieurs points tels que la démocratie, le fonctionnement de la justice, les démarches judiciaires et administratives à entreprendre, la connaissance des droits de ces mêmes jeunes et la solution à plein d’autres problèmes qui semblent bien loin de leurs préoccupations primaires ou de partants dans une vie d’adulte, dès la majorité acquise à 18 ans. Il faut donc, d’abord, informer, expliquer, donner des pistes et des indications et sensibiliser ces jeunes «un peu perdus sans colliers» face aux maux de tous les jours, tels le harcèlement, les addictions, les violences.

Département pilote
Grâce à ce passeport cofinancé par les ministères de la Justice, de l’Intérieur, de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la diversité et de l’égalité des chances, l’agence nationale de la cohésion des territoires et du Fonds interministériel de la prévention de la délinquance, l’information pourra, espérons-le, mieux circuler dans cette tranche d’âge, où le jeune pas tout à fait sorti de son adolescence, va entrer dans une vie d’adulte à laquelle il ne semble pas préparé du tout (par sa faute ou celle des parents ou éducateurs ?) . La génération de 2022 serait-elle moins précoce que celle qui a lancé mai 68? Non, mais elle a été plus cocoonée par les parents et souvent ballotée (divorces des parents, précarité de l’emploi chez les ascendants, manque de dialogues, enfermement moral, chômage…) et, via Internet, part un peu dans les étoiles sans se soucier du terrain, des obligations légales et de ses devoirs les plus élémentaires. Avec des explications complémentaires fournies par des parents et/ou des professeurs ou encadrants, ce passeport pourra devenir un outil de travail indispensable, consultable à chaque moment de la vie. Le Loir-et-Cher semble pilote en la matière avec cette édition et il n’est pas impossible que cette excellente idée soit reprise par ailleurs, en attendant une édition nationale. Ici, on va mesurer, déjà, le premier impact des mille exemplaires distribués dans des lieux stratégiques avant de se pencher sur une réédition avec mises à jour, une application web ou une mise en ligne éventuelles, mais souhaitées. Comme son nom l’indique, un passeport permet de voyager presque partout. Et les voyages formant la jeunesse, on ne peut qu’inciter les moins de 18 ans à aller y jeter un œil ou même deux. Il n’y a aucune interdiction à le faire et même une obligation de lecture, sans sauter les lignes.

Jules Zérizer