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Loir-et-Cher : Le retour du bouquet de violettes, repensé…

La petite fleur “sauvage et populaire, des bords de routes et des fossés” selon Guillaume Peltier, toute innocente, ne le sera plus en juin. Elle reviendra en Sologne en juin, mais perdra sa virginité de droite LR, avec l’introduction sur cette estrade ainsi fleurie de nouvelles têtes d’affiches du parti extrême, “Reconquête”.
Le personnage parfois décrié, qui était ces derniers temps souvent occupé à donner des interviews dans le Var et ailleurs en France, fait encore causer en Loir-et-Cher, entre fascination et aversion. L’ancien Républicain (LR) Guillaume Peltier, devenu vice-président de “Reconquête”, se faisait plus discret en Sologne ces derniers mois, amenant certains esprits chafouins réjouis à penser que son domicile de Souvigny-en-Sologne était en vente et qu’il essaimerait sur un autre territoire. Il ne semble pourtant pas prêt de lâcher ce bout de terre. Il possède de toutes les manières toujours un mandat de conseiller départemental du canton de Chambord; en mars, très en forme, il s’est particulièrement illustré par un coup de colère contre une autre élue de cette assemblée pour une histoire de pouvoir de vote mal consigné (Cf. l’article sur notre site Web : https://www.lepetitsolognot.fr/blois-plus-quhier-le-conseil-departemental-mise-sur-la-sante-et-la-culture/). Pendant la campagne des législatives, en tout cas lors d’une réunion publique le 7 juin 2022 dans les murs de la brasserie “La Belle époque” à Romorantin, il avait promis à ses fans que la fête de la Violette, qu’il avait créé en 2013 avec l’avocat Geoffroy Didier, du temps de son appartenance au sarkozysme et à la droite forte LR, n’était pas morte. Petit replay des propos de M. Peltier que nous avions noté sur place : « Oui, cette fête du monde rural, elle reviendra ! Fin septembre ou début octobre. Les bons évènements, on les prolonge ». Il aura fallu patienter un peu plus, l’échec dans les urnes au profit du RN retardant sans doute l’élan de l’ancien député. Le retour est toutefois arrivé, avec une date précise cette fois, à savoir le 24 juin. Le 15 avril, en effet, Guillaume Peltier a tweeté pour l’annoncer : “Oui, en Loir-et-Cher, près de Lamotte-Beuvron au cœur de la Sologne et de notre France rurale pour un grand banquet populaire et champêtre ! “ Près de, mais où exactement ? Chaumont-sur-Tharonne, au milieu des chasseurs ? Souvigny-en-Sologne à nouveau, commune qui a accueilli le rendez-vous en septembre 2018 ? Ou Chaon ? La toute dernière fête, encore étiquetée d’une fleur LR, droite dans le pré, s’était installée pour une septième édition, à La Marolle-en-Sologne, en septembre 2020 (Cf. photo É. Rencien d’archives 09.2020 avec d’anciens amis LR 41 et de Blois, ndlr), où Guillaume Peltier, pressenti comme le candidat pour le scrutin régional, s’y était avancé, adoubé, comme “écologiste, de droite et j’en suis fier”… La prairie a été défrichée depuis, puisqu’il y avait encore également parmi les invités, Nicolas Perruchot, l’ex-président du Conseil départemental 41 si vous voyez … De l’eau a coulé sous ces ponts et le 24 juin 2023, outre des embardées lyriques pressenties en récurrence, déjà réutilisées lors du meeting “Z” à Chaumont-sur-Tharonne en janvier 2022 (Cyrano Savinien de Bergerac, parmi les références sans doute), et en plus des speakers du parti escomptés sur le devant de la scène, Éric Zemmour, Marion Maréchal, Nicolas Bay, il sera intéressant de voir qui sera présent sous cette petite fleur des champs renaissante et surtout, qui osera s’afficher dans ce champ politique et nouvel art floral, juste avant les élections européennes de 2024. Assurément, de récents amis acquis, et qui sait, peut-être d’anciens camarades ? Vivement, si la presse locale est conviée pour mesurer l’avenir du pays …

Émilie Rencien

PHOTO (c) Émilie Rencien d’archives 2020 avec d’anciens amis LR, ndlr)

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Et sinon, dans le vase sénatoriales : Leroy-Brault-Carnat ?
Si “Reconquête” vise probablement dans un an les européennes, les élections sénatoriales de septembre 2023 attisent aussi les appétits locaux. Beaucoup fantasmaient sur un retour de Maurice Leroy dit “Momo”, ancien président du Département de Loir-et-Cher, ancien ministre de la ville sous Nicolas Sarkozy au service du Grand Paris, ancien communiste. Que nenni. Parti en Russie par amour et pour intégrer en tant que salarié une grande entreprise de BTP au service du Grand Moscou (mais ne parlant toujours pas un mot de russe) l’ex-élu a affirmé à plusieurs reprises le 13 avril dans le cadre d’une commission d’enquête sur les possibles ingérences des puissances étrangères sur la démocratie française, notamment russes, “avoir arrêté, tourné la page de la politique à 60 ans”. Un échange donné en visioconférence, parce que “ce n’était pas possible de faire l’audition et que les travaux de l’Assemblée étaient interrompus pour les vacances de Pâques du 15 au 30 avril,” d’après son propos toujours à l’écran le 13 avril. On y croira ou… pas du tout : “Momo” a toutefois pu se libérer et trouver un vol pour venir assister au concert de son ami Didier Barbelivien le 23 avril à Vendôme. Choisir, c’est renoncer et puis, ce n’est pas à un vieux singe qu’on apprend à faire la grimace, ni aux Dalida de la politique qui souhaitent mourir sur scène qu’on dictera la chanson. Une autre musique côté sénatoriales justement s’écrit, cette fois, en France et en Loir-et-Cher, d’autres nouveaux noms circulent : l’actuel édile de Saint-Georges-sur-Cher, Jacques Paoletti, à la tête d’un comité local Horizons… Ou encore, l’ancien maire de Contres, Jean-Luc Brault, président de l’intercommunalité Val de Cher Controis, qui pourrait tenter, porté par un possible accord MoDem en coulisses. D’autant plus que le boulevard se libère un peu puisque le maire de Saint-Aignan-sur-Cher, Éric Carnat, empêtré dans des plaintes de femmes et affaires de mœurs suite à un article de février 2023 dans le Canard enchaîné, qui envisageait sérieusement une candidature au Sénat, se trouve hors jeu, tant que la lumière n’est pas opérée par la procureur de la République de Blois, Charlotte Beluet, sur ces histoires. Force est en aparté, de constater que tout le monde ne dispose visiblement pas du bon réseau protecteur et les peaux de bananes sont bien pratiques parfois pour tuer certaines volontés dans l’oeuf politisé…
É.R.