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Noël avec les auteurs CPE – Marivole


Noël, fête qui marque le début de l’hiver est tout autant le prétexte aux réunions familiales et à la fréquentation des commerces qui, pour certains, réalisent là une grosse partie de leur chiffre d’affaires, au point que l’on ne sache plus ce qui prime dans la pensée des hommes de notre époque : une grande fête pour les enfants, un long festin, ou le symbole d’un événement exceptionnel oublié, la naissance du Christ ?
Qu’en est-il exactement de l’origine de cette fête ? Pendant longtemps et jusque très récemment, il s’agissait de célébrer la nuit où naquit un enfant nommé Jésus, grâce à qui l’Église catholique prit son essor, il y a un peu plus de deux mille ans. Mais nous sommes aussi, en vérité, au moment de la célébration du solstice d’hiver, car sur le plan astronomique, cette nuit est la plus longue de l’année. Elle est censée précéder la lente victoire du soleil sur les ténèbres.
On attribue d’ailleurs au mot Noël deux origines possibles : la première hypothèse stipule qu’il viendrait du latin natalis dies (le jour de la naissance), et la seconde mentionne une racine gauloise, noio hel, signifiant « nouveau soleil » et ayant trait au solstice d’hiver.
Mais cette nuit est surtout la plus magique de l’année. Nuit des merveilles et des miracles, la nuit de Noël est la seule de l’année qui ait mis un tel imaginaire populaire en mouvement.
Nos talentueux auteurs, CPE-Marivole, furent des enfants, certains le sont restés, je ne donnerai pas les noms, et il était tentant de leur demander de raconter une anecdote, un souvenir en cherchant dans leurs Noëls passés.
Marieke Aucante, Michèle Dassas, Chérif Zanirini, Dominique Labarrière, Jany Huguet, ont joué le jeu, voici leurs histoires. Charité bien ordonnée, je commencerai par la mienne…

Gérard Bardon


Dans mon cœur

Depuis plusieurs jours, la neige ne cessait de tomber. L’idéal pour débuter la nuit de Noël. Et même les années sans flocons blancs, dans ma tête demeure cette image immaculée, nécessaire à mon imaginaire de Noël.
Derrière les vitres givrées, comme des feux follets, des petites lumières clignotent en farandoles multicolores accrochées aux branches des sapins devant la maison. Sur le rebord des fenêtres, dans des petits pots de verre, des bougies agitent leurs flammèches bleutées. Dans la maison flotte un parfum de résine des sapins fraîchement coupés, le plastique n’avait pas encore fait son apparition, mêlé à celui du bois brûlé qui s’échappe de la haute cheminée. Contre les portes closes les couronnes de l’Avent sont suspendues. Je me souviens elles étaient toujours confectionnées à l’aide de branches de sapin, de branches de houx et de boules de gui cueillies dans le pré voisin et maintenues par un large ruban satiné de couleur rouge.
Dans le village, des guirlandes étoilées se balancent entre les poteaux électriques. Aux douze coups de minuit, les cloches se mettent à carillonner à toute volée, invitant les fidèles à la messe. En attendant le passage du Père Noël, nous écoutons, ma sœur et moi, quelques contes et chansons, bien à la chaleur des flammes vives du feu familial où grillent quelques châtaignes. Classique, me direz-vous, ringard pour certains, mais j’ai au fond de ma tête, au creux de mon cœur ces simples images… pour toujours.

Auteur notamment de « Si Noël m’était conté » éditions CPE.

Retrouvez les récits de Marieke Aucante, Michèle Dassas, Chérif Zanirini, Dominique Labarrière et Jany Huguet dans les jours qui vont suivent.

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