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Patrimoine : une communication qui n’est pas en « Bern »

L’animateur et ambassadeur du Val de Loire, Stéphane Bern, devient un habitué des rives ligériennes et ce n’est qu’un début à l’approche des célébrations à venir en 2019 concernant les 500 ans de la Renaissance en région Centre. L’intéressé se trouvait à Huisseau-sur-Cosson jeudi 7 juin pour parler vieilles pierres et tickets gagnants.

«J’essaie de sauver, de redresser le patrimoine du pays. Après pour le reste, ce n’est pas moi…» C’est ça, le style Stéphane Bern, de petites phrases qui font mouche à chaque fois. Mais par contre, pas question pour l’animateur de sympathiser avec les moustiques. « J’ai peur d’attraper le chikunygunya ! » plaisante l’homme de médias assis sur une chaise avec vue sur champ aux côtés du député solognot Guillaume Peltier, tout en chassant du revers de la main un petit être volant non convié à écouter aux portes. Plus de peur que de mal pour cette personnalité aux diverses casquettes proprosant, justement, de déployer « ses racines et ses ailes » : animateur d’émissions sur le petit écran, Monsieur patrimoine missionné par le président de la République Emmanuel Macron, ambassadeur régional. «Il existe une porosité entre mes différentes vies.  Le jour où je présenterais une émission de télé-réalité, je perdrais ma crédibilité! » (Rires) D’une pierre trois coups, Stéphane Bern se place ainsi agilement au chevet du patrimoine hexagonal. « Il faut se mettre en ordre de bataille. C’est une bataille où nous sommes challenges par les espagnols et les italiens, » argumente-t-il. « On a besoin de savoir d’où on vient et en même temps de projeter le patrimoine dans le XXIe siècle pour créer les conditions de le faire vivre et de le rendre viable économiquement. Le tourisme patrimonial et culturel est une industrie qui rapporte 60 milliards d’euros. Vous, les journalistes, vous faites un travail merveilleux, vous mettez en valeur ce patrimoine et les gens sont fiers de ce qui est beau. C’est notre responsabilité à tous. Les fenêtres en PVC, les volets roulants immondes, détruisent les villages plus sûrement qu’une inondation ou une tempête. Il faut s’y mettre. On protège les oeuvres d’art mais pas leur écrin. Il faut changer notre façon de penser.»

Valeur d’exemple

L’anniversaire des 500 ans de la Renaissance, célébré l’année prochaine en Centre-Val de Loire, via pléthore d’évènements (sommet franco-italien à Chambord, symbolique du royaume autour de la ville de Romorantin, et caetera), fait par exemple figure de proue attractive touristique sur le navire à mener à flot. « Atout France est en train de vendre des tickets Chambord-Amboise-châteaux de la Loire. C’est un ticket gagnant pour faire venir les touristes, » insiste Stéphane Bern. « Egalement pour faire vivre l’économie. C’est de l’emploi. Non délocalisable. » Difficile en effet de déplacer le château de Chambord… Même en jouant au loto. Ce dernier peut tout de même rapporter gros : le 14 septembre, un Loto du patrimoine, en partenariat avec la Française des jeux, permettra de décrocher des millions d’euros tout en constituant des fonds pour préserver le patrimoine. «Trois euros le ticket de tirage, quinze euros le ticket de grattage. C’est une contribution volontaire. On me demande de sauver le patrimoine, je mouille ma chemise. Je crois en la valeur de l’exemple. Ce que je vous dis, je le fais aussi. » Un Stéphane qui en « Bern » un autre…

Emilie Rencien

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