Romorantin : La communauté de communes étoffe son Plan climat

Des actions en direction des entreprises sont cet automne sur les rails, dans un souhait d’économie circulaire. Qu’est-ce ? Pour certains, ce vocabulaire est coutumier, pour d’autres moins, alors les vice-présidents communautaires Cédric Sabourdy et Michel Guimonet, accompagnés de la chargée de mission, Gaëlle Corfec, ont détaillé le travail durable en cours.
PCAET, comprenez un Plan climat air-énergie territorial, introduit par la loi de transition énergétique pour la croissance verte. Sa particularité est de s’appliquer à l’échelle d’un territoire intercommunal (de plus de 20 000 habitants), avec la mobilisation de tous les acteurs (entreprises, associations, citoyens). Pour la communauté de communes du Romorantinais et du Monestois (CCRM), pour rappel, le processus a été enclenché dès mars 2017, avec l’élaboration de ce Plan. Puis entre mars 2018 et décembre 2019, élaboration, diagnostic, partage des constats, concertation et séminaire des élus, auront rythmé le cheminement. Au total, cinq orientations stratégiques ont été déclinées à travers 37 actions. “Le but est de favoriser la consommation locale, d’adopter une bonne conduite environnementale, de veiller à la qualité de l’air, penser à une transition énergétique et écologique,” rappelle le vice-président communautaire en charge notamment des mobilités, de l’environnement, et des déchets ménagers, Cédric Sabourdy. “Sans oublier qu’en 2023, une loi va obliger les entreprises à faire attention à leur gestion des déchets.” C’est pourquoi cet automne 2022, le PCAET revient sur le devant de la scène, avec une opération lancée à destination des entreprises installées sur le territoire intercommunal. La CCRM va être conseillée dans cette mise en place par un cabinet nantais. Une vingtaine d’entreprises s’est déjà volontairement inscrite à ce programme; 40 participations sont escomptées à terme, sans plus de précisions sur des noms.

Action, réaction sur deux ans
“Nous avons répondu à un appel à projets. L’objectif de cette nouvelle action est de développer une économie circulaire ou plus précisément, un pan de cette dernière, à savoir une économie industrielle et territoriale (EIT) d’ici 2026. C’est-à-dire démontrer que le développement économique est lié à la transition écologique, » continue Cédric Sabourdy. “Le contexte national nous conforte dans nos choix. Le manque d’eau depuis cet été particulièrement est devenu un problème, ne parlons pas des pénuries diverses actuelles. Nous devons relocaliser la consommation et préserver nos ressources. » Michel Guimonet, vice-président également côté économie, emploi et formation, entre autres missions, a par ailleurs, insisté sur “le besoin de favoriser des mobilités, sans oublier l’importance d’avoir des emplois non délocalisables et locaux. » Cette démarche pour les entreprises devrait en somme être vertueuse, à écouter ces deux élus, et contribuer à satisfaire tous ces points, à faire naître aussi des synergies. Par exemple, un déchet pour une entreprise peut devenir un instrument pour une autre qui n’aura pas besoin d’acheter ce qui se trouve tout près, prêt à une réutilisation. En somme, il s’agit de mieux connaître son ou ses voisins (ses flux sortants, ses intrants, ses services, ses éco-gestes, etc.) pour créer des partages et passerelles de bon sens. “De voir comment la réflexion peut s’articuler de manière territorialisée pour que notre terrtioire devienne à la fois résilient et attractif,” précise encore M. Sabourdy. Pour le moment, cela semble encore un peu abstrait mais le dispositif va s’étendre sur deux ans; ce n’est que le début. “Ce travail sera nourri dans le temps,” a assuré Gaëlle Corfec, cheffe de projet Territoire Industrie Sologne et chargé de mission GPECT (gestion prévisionnelle des emplois et des compétences territoriales) à la Communauté de communes solognote. Si des actions se dégagent, s’il y a des investissements à faire, la CCRM veillera à les prioriser rapidement. Un diagnostic a ainsi commencé fin octobre jusqu’au début 2023, dans des entreprises avec le concours de l’Ademe, l’agence de tension écologique du Centre-Val de Loire, qui prend en charge financièrement 70% de ce schéma. Une analyse des données recueillies suivra et s’étalera jusqu’au printemps 2023. Ceci, avant le déploiement de la feuille de route pendant l’été 2023 et une mise en oeuvre l’année suivante, en 2024. Certains experts vantent les mérites de cette ÉIT, promesse de gains environnementaux, économiques et sociaux, qui pourtant peine à percer. Peut-être que Romorantin réussira à montrer l’exemple avec son projet actuel, à donner l’envie d’avoir l’envie, en mobilisant les acteurs et entrepreneurs de son secteur.
É. Rencien