Un conseil d’un humour … piquant

Les temps sont durs pour les rêveurs et une tirade d’un adjoint au maire Gricourt aura confirmé la donne en réveillant tout le monde lors d’une session municipale caustique dans l’enceinte de l’Hôtel de ville de Blois le 21 novembre. Tout en sobriété. Ou presque.
Il faut le concéder, c’était bien écrit, drôle, mais il est vrai aussi, peut-être un brin déplacé. Ça se sera glissé sans que personne ne voit l’histoire venir au milieu des 29 délibérations de l’ordre du jour du conseil municipal du 21 novembre, au moment du débat d’orientations budgétaires. Blois en bord de Loire, un long fleuve tranquille ? Cela s’est passé comme une fleur au fusil, celui de l’adjoint en charge de la sécurité et de la tranquillité publique, dans la majorité, Yann Bourseguin. Personne dans l’opposition n’aura échappé à ses balles sifflantes : il fut question de “joueur (RN) de djembé dans une ZAD”, « d’enthousiasme (centriste) digne de quelqu’un qui vient chez Apple en 2022 pour un Minitel”, “de défaut de notoriété (LR) mais maintenant, chacun sait qui il est,” ou encore de Tetris, d’expert comptable en absence, etc. Folle ambiance ! Le maire Marc Gricourt (PS) n’aura pas vu l’intérêt de suspendre la séance, « respectant les règles, exposant une position politique, sans atteinte au règlement », selon lui, malgré les cris d’orfraie d’une partie de l’opposition. “Ce mépris pour les oppositions, ça fait au chaud au coeur, » a notamment exprimé Étienne Panchout (Modem). Gildas Viera (SE) a à son tour déploré. « Yann, je trouve cela un peu pathétique. En matière de connaissances politiques, je te croyais plus capé. »Il faudra pourtant bien garder un peu d’humour puisque le prochain conseil, qui se tiendra le 12 décembre, exceptionnellement avancé à 17h30 (18h habituellement), entrera davantage dans le vif du sujet de serrage de ceintures forcé, au gré de chiffres et de budgets qui risquent de nourrir des réflexions et aussi passes d’armes longuettes. Sans one man show sans doute cette fois. Quoique, la commedia dell’arte n’est jamais loin lorsque le rideau est ouvert sur une scène d’enjeux de pouvoirs politiques, en prévision en coulisses d’élections sénatoriales de 2023 puis municipales de 2026, déjà dans le viseur de certains appétits.

Sobriété à venir
En attendant, dans l’immédiat, le leitmotiv, ici comme ailleurs, sera la sobriété (ou austérité, c’est selon). “Il y a d’abord les incertitudes sur les fluctuations du coût de l’énergie. Nous prévoyons une augmentation de 73 % de nos dépenses énergétiques. Ces prix évoluent chaque jour, en fonction du contexte géopolitique, des vagues de froid ou de douceur, et de la spéculation, il faut le dire. (…) La plus grande incertitude, bien sûr, porte sur la situation macroéconomique mondiale. Va-t-on continuer à subir une inflation haute ? La croissance va-t-elle se maintenir ? Sommes-nous proches d’une crise économique mondiale ? Nul ne peut le savoir à ce jour,” a constaté Marc Gricourt le 21 novembre. Trois scénarios de combat pour les finances municipales blésoises, à l’horizon 2026, ont été esquissés et seront davantage scrutées, notamment du côté des oppositions, dans le cadre de la séance budgétaire à venir en décembre, donc, à Blois. “Ma majorité s’appuiera sur le deuxième scénario (sur une hypothèse de décrue des dépenses d’énergie d’un quart en 2024, dans un objectif de “gestion sobre pour une progression des charges courantes et de la masse salariale inférieure à l’inflation tout en préservant les capacités d’investissements”, entre autres mesures, ndrl) pour construire le budget primitif que nous examinerons le 12 décembre prochain et pour lequel je nous propose de réserver nos orientations sur le fond et en précision de nos politiques publiques et investissements,” a confirmé l’édile socialiste.
É. Rencien