Un écrin pour les Archives du Loiret

Au milieu de l’avenue des Droits de l’Hommes, le nouveau bâtiment des Archives du Loiret s’élève vers le ciel. Les huit étages qui s’habillent en ce moment de bois et d’aluminium, accueilleront dans quelques mois toute la mémoire du département.
Plus qu’un simple immeuble, ce bâtiment est un symbole, destiné à conserver les documents, pour certains très anciens, pour d’autres beaucoup moins. À l’heure du digital, on peut se demander si la mémoire collective vaut 32M€ ? « Elle vaut bien plus, répondent les historiens. Sans mémoire du passé, l’Homme ne s’appuie sur rien pour construire son avenir ».
Alors voilà, dans un an, les Archives quitteront leurs lieux de conservation actuels, pour être regroupés dans cet immeuble en forme de château fort des temps modernes. Quatre tours sans fenêtres et des porte-à-faux pour rompre les lignes. On le voit de loin puisqu’il s’élève vers le ciel, et son revêtement d’aluminium, plaqué comme autant de boucliers, brille au gré des rayons du soleil.
« Nous l’avons voulu comme un repère marquant à l’entrée de la ville », explique Marc Godet, président du Conseil départemental. Mission réussie puisqu’à l’entrée nord de la ville, impossible de passer sans le voir. Les premières réflexions se portaient sur d’autres endroits, comme le site Alstom de St-Jean-de-Braye ou encore ce qui est devenu Oréliance. « Il fallait par nature, un site facilement accessible par le public qui vient consulter ».

Bienvenue au public
L’immeuble n’a pas de sous-sol et pour cause, sa conception ne le supporterait pas. Pour la mission qui lui est confiée, le poids appliqué à la verticale, 1,300 kg au m2, est presque dix fois plus important que pour un immeuble d’habitation. Sur huit étages, sont en effet alignées les armoires dans lesquelles seront rangées les boîtes à archives. « Pour les pellicules, microfilms, grands formats, bandes sonores et les photographies, des pièces à l’hygrométrie et température contrôlées ont été spécialement conçues », explique l’architecte. Pas plus de 20°C et 55% d’humidité pour les documents les plus sensibles, comme la charte royale de l’an 841, précisant la rente offerte par le Roi à l’abbaye de Ferrières-en-Gâtinais.
« Il est fait obligation aux Départements d’assurer la sécurité de tous ces documents, explique Frédérique Hamm, directrice des Archives du Loiret. Ce déménagement est une façon de reconfigurer nos missions pour les adapter à nos publics ».
Le public, justement, sera accueilli dans la grande salle de consultation, mais aussi dans la salle d’exposition permanente, l’auditorium, la galerie du temps et la salle de conférences. Le bâtiment se veut très ouvert, pour des publics très divers, les écoles au premier chef.

Déménagement millimétré
Les travaux vont bon train sur les neuf niveaux que compte le bâtiment. Les armoires coulissantes sont en cours d’installation, et dans le courant du troisième trimestre 2023, le déménagement devrait pouvoir débuter. Il s’agit de rapatrier et de concentrer en un seul lieu, les documents issus des trois sites actuels. L’ancien couvent de Minimes, dans le centre historique d’Orléans, qui accueille les archives généalogiques, la Cité Coligny au nord d’Orléans où sont déposées les archives dites « modernes » et contemporaines (de 1800 à nos jours), enfin le Fort Alleaume en bord de Loire, où sont stockés les documents les plus ordinaires, mais qui doivent aussi être conservés. « Tous sont parfaitement répertoriés, détaille Frédérique Hamm, et nous allons réutiliser ces référencements dans la nouvelle organisation, tout en adaptant les classements à ce qui est le plus souvent consulté ».
Le déménagement devrait durer un peu moins d’un an, et permettrait ainsi d’ouvrir les portes de ce temple de la mémoire d’ici 2024.

Stéphane de Laage