Un été d’orages

Après la plage… Juin 2022, le mois le plus foudroyé de France. L’année des records ? 2020 battait déjà des scores du fait d’une pandémie à coronavirus que personne n’avait vu venir, hormis peut-être les énigmatiques prévisions de Nostradamus. Depuis deux ans, la boîte de Pandore aurait-elle été ouverte, ainsi que celle des châtiments divins ? Ou n’est-ce qu’un cycle de vent mauvais ? Virus, confinements, masques muselières, œufs Kinder contaminés à la salmonelle, retour de la guerre, vague d’inflations et nuées de grêlons ravageurs, fusillades, climat qui s’emballe, vacuité parfois intellectuelle des réseaux sociaux, incivilités, et même pénurie de moutarde ! Le temps est à l’orage, et pas seulement pour les passionnés de chasse aux éclairs météo. Le ciel nous tombe sur la tête particulièrement depuis deux ans et l’orage de la vie ne nous laisse plus d’autre choix que d’apprendre à danser sous cette pluie. Parmi ces nuages noirs, comment ne pas être pétrifié par l’inquiétante marche en arrière américaine, plus acide que la douce régression d’une madeleine de Proust française, concernant un droit féminin fondamental, la liberté d’avorter ! Houston, rien ne va plus. Rien n’est plus acquis. Tout s’assombrit. Entre “fantômes et dinosaures”, plaisantait sur fond de tensions politiques, Claire Foucher-Maupetit, vice-présidente du Conseil départemental en rapportant le budget supplémentaire de cette collectivité à Blois le 20 juin. C’est un peu ça en ce moment, et malheureusement, la boutade n’est pas qu’une chimère littéraire, entre deux averses de mauvaises nouvelles et de saisons météorologiques détraquées. Les tréfonds de noirceur de l’action et âme humaine reviennent à la surface. Saupoudrons l’ensemble d’abstention électorale au silence massif, bien que l’absence de réponse constitue finalement une expression que tout le monde ne souhaite pas entendre ni écouter. “Le rôle du maire relève du sacerdoce. Souvent, on me dit, mais vous avez voulu l’être. Oui oui, mais on ne m’avait pas tout dit !,» a alerté David Lisnard, maire LR de Cannes et nouveau président de l’AMF (Association des maires de France), convié au congrès de l’association des maires de Loir-et-Cher le 23 juin à la Halle aux grains à Blois, par la présidente, Catherine Lhéritier, maire de Valloire-sur-Cisse, également vice-présidente de cette AMF. Un élu local aguerri et loin d’être hors sol, ancien commerçant notamment, au discours orienté pour certains, vrai pour d’aucuns. “(Toutefois), défendre les communes, c’est l’idée de la défense de la France. De la vie ! Malgré la perte de moyens, les maires montrent la direction, sont le dernier creuset de la République. La crise civique est profonde, c’est une bombe qui traverse notre pays.” Face à ces informations grisâtres qui ne donnent pas la pêche, rassurons-nous, pauvres mortels que nous sommes, sous les grenades et ogives, avec peut-être une des seules constantes dans cet univers impitoyable : l’instabilité du baromètre des horoscopes ! Le nôtre daté du 23 juin nous mettait en garde puisque « des gens profiteurs vous entourent » et dans ce même temps, annonçait que nous finirions « par trouver le grand amour». Or, ce jour-là, un seul fait : notre rencontre, enfin, en vrai, avec le maire de Cannes, ville où nous posons régulièrement nos valises estivales. Chacun ses “rêves” et dans cette période, mieux vaut en nourrir encore, n’est-ce pas. Rire également. L’éventualité de croiser cet édile à Blois était maigrichonne et pourtant, c’est bien ce qui est arrivé ! Comme quoi, le monde est petit, la plage aussi. Et au moins, un rayon de soleil permis dans une drôle d’époque qui alterne petits et grands orages.
Avant l’éclaircie ?

Émilie Rencien