Au château de Cheverny, on va s’aimer cet été…


Ah l’amour … Depuis le 1er juillet, six sculptures célèbrent ce langage empreint de romantisme au coeur de la demeure historique qui aura inspiré Hergé.

Cheverny, Moulinsart, Tintin. L’histoire est (re)connue : le premier aura fait naître le second né de l’imagination fertile du père du reporter à la coupe rousse huppée. Mais il n’y pas que le dessinateur Hergé qui aura vu sa créativité dopée par le château de Cheverny. L’art et la sculpture semblent trouver également réceptacle dans ces lieux. Le suédois Gudmar Olovson ne s’y est d’ailleurs guère trompé : six de ses monumentales sculptures s’épanouissent in situ, aux abords du plan d’eau du jardin botanique devenu ce mois de juillet un jardin de l’amour. Oui, car il convient de préciser que les oeuvres narrent ce bon sentiment sous toutes ses formes : charnel, filial, de la vie en général. Les titres de chacune d’elles résument assez bien, sans trop en révéler : «l’aurore », « la chute », « les deux soeurs », « prélude », « les deux arbres », « la vague ». On croise ainsi le désir, la naissance d’un enfant, Maupassant, et même Adam et Eve. Il faut sans hésiter poser les yeux sur ces créations qui s’imposent, pesant entre 300 et 750 kg de bronze, selon le modèle, et apprécier le spectacle romantiquement déclamé. Certains y trouveront un air de Rodin; il faut avouer que Gudmar Olovson était entre autres passionné par ce dernier, alors ceci explique cela. D’aucuns sauront peut-être pris d’une folle envie de batifoler ! Et autant ajouter comme nous sommes partis à parler d’amour, que le coup de foudre entre Cheverny et l’artiste nordique (qui s’est éteint en 2017) fut réciproque. «C’est un travail de sept années qui aboutit, nous avons été mutuellement séduits,, » relatent Constance et Charles-Antoine de Vibraye, marquise et marquis du château loir-et-chérien, en compagnie de la dernière compagne du sculpteur disparu, Lena Dettervik. «Ces statues nous sont prêtées avec option d’achat pour 60 ans. Elles arrivent dans le cadre de nos 25 ans de mariage ! C’était aussi une idée de notre fils, Maximilien, d’agrémenter la partie à visiter la plus romantique de notre parc. Si d’autres artistes sont intéressés pour compléter la balade, ils et elles sont les bienvenus.» En attendant, pas de doute sur le fait que cette expression amoureuse, qui vient de prendre racine à Cheverny, en inspirera plus d’un(e) ici et ailleurs …
E. Rencien

Certains aimeront… le train ?
En période caniculaire, l’envie d’amour peut être décuplée, le retard ferroviaire également. Christophe Degruelle, le président de la communauté d’agglomération de Blois, Agglopolys, aura dû une nouvelle fois, à l’instar d’autres voyageurs, fin juin, subir les foudres de Dame nature conjuguées à celle des rails en gare d’Austerlitz. Météo ou pas, les lignes SNCF continuent de faire couleur beaucoup d’encre et surtout de courroux. Sur ce sujet, Charles-Antoine de Vibraye, président de l’association Blois-Paris Illico née en 2010 pour une amélioration de la desserte ferroviaire entre les deux villes précitées, commente puis ironise. «Il faut s’affranchir du trafic francilien en créant une ligne nouvelle car c’est de façon récurrente aux mêmes endroits que surviennent les problèmes. Pourquoi pas une ligne St-Pierre-des-Corps/Blois/Paris avec des tarifs en conséquence ? Les TGV qui arrivent en retard, ça, ça fait parler, le reste… Bien sûr que les finances de l’Etat ne sont pas sans fin mais quand il y a de l’argent, il faut le disposer là. Ce qu’on nous propose actuellement, c’est comparable à offrir un Minitel tout neuf à l’heure du numérique ! » Mieux vaut alors en rire que pleurer. Et cela est valable pas uniquement pour les trains, pour l’amour aussi…
E.R.