Blois : Derrière “Chez Lucette”, l’entrepreneur Feuillette

Un nouveau restaurant est sorti de terre à Blois début novembre, au bout de l’Avenue Maunoury, aux portes de La Chaussée Saint-Victor. Et certain(e)s n’ont pas forcément réalisé le lien, mais c’est bien Jean-François Feuillette, bien connu dans le Loir-et-Cher et au-delà pour ses boulangeries, qui est l’inventeur de ce nouveau concept de table à la bonne franquette.
Il vit aujourd’hui à Paris, a repris l’an dernier l’institution Maison Frédélian au Cap-Ferret, mais il a commencé en reprenant une petite boulangerie nichée dans la petite rue des Trois-Marchands à Blois, avec son épouse à l’époque, en 2005. L’adresse proposait en province, notamment des macarons. Dix-huit ans et un divorce plus tard, Jean-François Feuillette, formé chez Pierre Hermé (ceci explique cela) ainsi qu’au George-V, est actuellement à la tête d’un empire de boulangeries qui compte pour le moment (le chiffre qui suit peut s’étendre à n’en pas douter) une soixantaine de points de vente éponymes en France. Et, cette année 2023, il a ajouté une corde à son arc de premières fois à Blois, là où tout a commencé, là où la mayonnaise a pris il y a presque vingt ans. Le chef d’entreprise a choisi de se lancer un nouveau défi : depuis le 2 novembre, son tout premier restaurant “Chez Lucette” (d’autres adresses suivront là encore, le premier d’une longue série assurément) s’est implanté, donc à Blois, sur l’avenue Maunoury (au bout de celle-ci après avoir dépassé le Centre hospitalier de Blois, au numéro 163), au croisement de l’Avenue des Déportés, sur l’axe menant vers La Chaussée Saint-Victor-Mer-Orléans. Un “Bouillon” dans le Loir-et-Cher, comme il en existe sur la place parisienne, c’est-à-dire une carte sans chichis qui propose en fonction des saisons, les classiques de la cuisine traditionnelle française, parfois oubliés, soupe gratinée à l’oignon, poulet rôti-frites, rillettes, tartines de chèvre chaud, saucisse au couteau, bouchée à la Reine, bavette à l’échalote, hachis parmentier, tarte Tatin, mousse au chocolat, etc. (Sans plus de détails donnés sur les producteurs mais les circuits courts sont la marque de fabrique de l’endroit. Plus sur https://chezlucetteblois.fr/), et ce, à des prix modiques. Nous avons pour notre part testé le flan (généreux et crémeux; 5,50 €) et une assiette de coquillettes au gruyère (8 €). Commandée sans le jambon et avec un fromage déposé sur les pâtes à l’aide d’une râpe à manivelle devant nos yeux; l’absence au menu d’au moins un plat végétarien dans l’ère du temps, comme un simple gratin dauphinois, pêche un peu… Mais les entrées oeuf mayonnaise et céleri rémoulade rattrapent l’écueil. (Le végétarisme tolère les œufs mais exclut viande et poisson ; la confusion est souvent réalisée avec le végétalisme et le véganisme qui excluent davantage; le flexitarisme inclut le poisson lui! Ndlr). En résumé, plat et dessert copieux pour un total de 15,50 euros avec café (2 €; sans entrée, ni boissons ni vins). À noter que l’endroit, agrémenté de ronds de serviette et de nappes aux carreaux Vichy, servi par un personnel au dress code maniant le chic et le noeud papillon, au rythme d’une bande son faisant la part belle aux ritournelles d’Edith Piaf et autres artistes d’antan, est ouvert du dimanche au jeudi de 12h à 14h30, puis de 19h à 21h30 (mais également le vendredi et le samedi, de 12h à 14h30 et de 19h à 23h; sans oublier l’apéro “cinq à sept” Lucette tous les jours de 17h à 19h). Mais c’est sans réservation, et les tables (120 Couverts, plus une terrasse) se remplissent parfois vite… Pour les fans du boulanger-pâtissier, enfin, à l’instar des très médiatiques Mercotte, Couvreur, Lignac et autres Michalak, Jean-François Feuillette a publié le 23 novembre chez l’éditeur Michel Lafon son premier livre de recettes (pains, pâtes, brioches, etc.) et secrets de fabrication, “La main à la pâte”.

É. Rencien