Romorantin : Violences à l’égard des femmes : un combat engagé toute l’année

Comme chaque année, une semaine de sensibilisation pour lutter contre les violences faites à la gent féminine était organisée sur le territoire de Romorantin du 20 au 25 novembre. Une représentation théâtrale a permis d’illustrer le propos concrètement dans les murs de la sous-préfecture le 20 novembre, et d’élargir le focus sur un sujet qui ne saurait se résumer qu’à ce moment dédié.
À l’instar de la Journée internationale des droits des femmes le 8 mars, ou même, pourquoi pas, de la Saint-Valentin chaque 14 février, il est légitime de se demander pourquoi il faut encore, chaque année, consacrer une semaine dédiée en novembre pour lutter contre les violences faites aux femmes. Néanmoins, cette semaine n’est pas une action isolée en Sologne, ni un sujet qu’on disposerait sous le tapis ensuite. Ce qui modifie la contenance de ses sept jours annuels consacrés. « Notre municipalité est très attentive et mobilisée sur cette problématique toute l’année, » a précisé et confirmé l’adjointe au maire de Romorantin, Stéphanie Escamez. « Il y a encore beaucoup à faire mais nous travaillons sur ce territoire tous ensemble, avec le tribunal judiciaire, les avocats, les psychologues, la sous-préfecture, les forces de l’ordre, etc. » Il convient d’ajouter, pour ne pas paraître sexiste, que les violences ne concernent pas seulement les femmes. Idem pour la libération de la parole. « Selon une récente étude européenne, les hommes en seraient également victimes, ils seraient 17% ou 18% dans ce cas en Europe (5% en France d’après la gendarmerie, ndrl). Cela touche de plus aussi les homosexuels, lesbiennes, sans genre…» a souligné Mireille Higinnen, la sous-préfète de l’arrondissement de Romorantin. «Peut-être faudrait-il donc étendre l’intitulé de cette opération avec la dénomination de violences intra-familiales ». Un petit bémol en sus dans cette semaine pavée de bonnes intentions : l’horaire de 14 heures, fixé pour pouvoir le 20 novembre assister aux moments théâtraux interprétés dans les murs du point-justice (aménagé dans l’ancienne salle du tribunal) de la sous-préfecture de Romorantin, était restrictif pour les travailleurs par exemple, et n’aura pas permis totalement d’ouvrir le débat auprès d’un large public. Le spectacle, qui a consisté en deux scènes de harcèlement sexuel et de chantage moral (l’une au sein du couple, l’autre au travail), fictives mais qui peuvent malheureusement exister, par des comédien(ans), amateurs et bénévoles (chargé de communication du musée Matra, psychologue, assistante juridique au tribunal, etc.), méritait portant d’être vu, tant la qualité de jeu était excellente.

Une pochette de pharmacie bientôt disponible
L’information est tout de même passée parmi les rangs des spectateurs et spectatrices, présents, jeunes et moins jeunes, hommes et femmes, au regard des nombreuses questions (sur les dépôts de plainte, les procédures, la prise en charge, le besoin de pièces médicales ou non, et de témoins, la peur de devoir quitter le domicile conjugal, etc.), et échanges intéressants, nourris après le show pendant près d’une heure en présence, entre autres professionnels concernés, du président du Tribunal judiciaire de Blois, de représentants de l’Ordre des avocats de Loir-et-Cher et du Conseil départemental de l’accès au droit 41 (CDAD), d’une psychologie France Victimes 41. L’auditoire, divers et varié, composé d’une trentaine de personnes, a conclu d’une voix unanime, avant de se séparer : «depuis que les gens osent dire, nous avançons mieux, plus. Cela ne va jamais assez vite mais vraiment, nous avons fait un bond énorme par rapport à il y a vingt ou trente ans. il faut continuer à passer le message, en particulier au sein de la nouvelle génération et auprès des garçons en rappelant que le consentement est nécessaire. Et surtout, il faut cesser de penser que si ça vous arrive, c’est parce que vous êtes fragile et que c’est de votre faute.» Enfin, ce moment aura favorisé le rappel des numéros utiles à connaître en termes de violences faites aux femmes : le 3919 (114 par sms, pour prévenir sans attirer l’attention du bourreau), sans oublier les contacts d’urgence classiques : 17 pour la police et gendarmerie; 15 pour le samu et 18 pour les pompiers. Puisqu’il n’est jamais vain de répéter et lutter contre les violences au quotidien, une nouvelle campagne de communication originale sous l’impulsion du CDAD 41 et du tribunal judiciaire de Blois est annoncée : une pochette de pharmacie, rappelant les téléphones et adresses essentiels, dotée d’un violentomètre (une sorte de règle graduée avec deux couleurs, pour mesurer si la relation vécue est saine ou toxique), sera par conséquent, bientôt disponible, dans un mois environ, dans les officines en Loir-et-Cher. Pour rappel, en 2022, sur ce même principe, des pochettes à pain (plus de 70 000) avaient été imaginées et diffusées dans les boulangeries du département.

É. Rencien

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Un appel féminin en parallèle
La Maison des femmes d’Orléans reçoit toutes les femmes victimes de violences au sein de sa première unité de soins ouverte depuis novembre 2021 : l’Unité Violences Faites aux Femmes (UVFF). Elle propose une prise en charge médico-psycho-sociale adaptée et des consultations juridiques. Cet accompagnement a pour objectif la sortie des violences, la reconstruction et le retour à l’autonomie. Dans le but d’élargir son offre de soins et de services et de répondre aux besoins multiples d’accompagnement des victimes, la Maison des Femmes souhaite ouvrir prochainement deux unités de soins complémentaires à l’UVFF : une unité Mutilations Sexuelles Féminines et une unité Prévention et Santé Sexuelle (en lien avec le Centre d’IVG du CHU d’Orléans). Au-delà du soin, elle souhaite mettre en place des ateliers thérapeutiques de reconstruction et de revalorisation de l’estime de soi, des groupes de parole et des permanences variées. Ces projets nécessitent parallèlement la réhabilitation d’un local mis à disposition par le CHU d’Orléans. Pour accompagner davantage de femmes et d’enfants au sein d’un lieu accueillant et chaleureux, regroupant l’ensemble de ces parcours, la Maison des Femmes d’Orléans en appelle aujourd’hui aux dons. Les personnes ou les entreprises souhaitant apporter un tel don à la Maison des Femmes peuvent le faire sur internet via www.helloasso.com/associations/maison-des-femmes-d-orleans. À noter, que les dons faits à la Maison des Femmes Orléans sont déductibles des impôts à hauteur de 66 % pour les particuliers et à hauteur de 60 % pour les entreprises. Un don de 20 euros finance une séance d’activité physique adapté pour une femme. Un don de 100 euros finance une séance collective de sophrologie. Un don de 500 euros contribue à équiper l’espace d’accueil pour les femmes et leurs enfants…