Brèves de campagne à Blois


«Nous ne sommes pas des marionnettes !»
Coup de théâtre, pas si étonnant. Étienne Panchout s’allie avec Franck Prêtre avec l’aval de Nicolas Perruchot. Bonheur des jeux d’appareils politiques des uns; enfer et damnation pour les autres déchus. Éternel recommencement ? Rancunes d’antan et recettes de ficelles récurremment tirées ressurgissent souvent lors d’approches de scrutins à enjeux. Ainsi, Malik Benakcha (Les Républicains) a été lâché par Nicolas Perruchot, président LR du Conseil départemental, qui paraissait pourtant avoir donné préalablement son soutien, son patronyme et visage imprimés sur un tract automnal du candidat précité, mais qui finalement, affirme “ne s’être jamais engagé.” Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis et du haut de ses 30 ans, Malik Benakcha, qui continue toutefois sa campagne sans rien lâcher, encaisse la dure loi de la politique qui veut que amis deviennent ennemis et inversement, en fonction des enjeux, car nous ne sommes ici ni chez les Bisounours ni chez les Petits Poneys. Le décor planté, venons-en au sujet premier, à savoir l’alliance nouvellement actée. Étienne Panchout, tête de liste Modem, avec le référent départemental LREM, Sylvain Giraud, accueille Franck Prêtre (Blois Nouvel’R), dans leur navire espérant arriver sur le quai municipal en mars. Cette dernière liste se présentait sans étiquette, même si le nom était un jeu de mots avec le parti LR après une investiture nationale non donnée. N’aurait-il alors pas été plus aisé d’emblée d’accorder le Saint-Graal investi officiellement au postulant Prêtre, plutôt que ce spectacle virevoltant d’alliés soi-disant sans étiquettes mais de sensibilités d’appartenances pourtant (re)connues ? «Les élections municipales doivent être détachées de toute opposition de partis. Même si je viens non pas d’une droite dure, mais d’une droite sociale et modérée, » aura répondu Franck Prêtre, délaissé par son directeur de campagne, Louison Delvert. «Nicolas Perruchot, oui, on peut en parler. Il reconnaît juste le travail réalisé jusqu’ici sur le terrain par Blois Nouvel’R. Nous effectuons le choix de l’union et non des divisions pour gagner, au service d’une cause commune, l’avenir de la ville de Blois, bien loin d’intérêts personnels et de logiques de noms sur l’affiche.» Étienne Panchout précise à son tour. « Nous ne sommes pas des marionnettes. Nous ne sommes pas une liste d’Emmanuel Macron. Nous souhaitons une campagne respectueuse. Nous, nous ne sommes pas dans des attaques malveillantes et belliqueuses sur des personnes, nous parlons d’idées et ciblons les projets. Douze ans de Marc Gricourt, ça suffit. Nous pouvons pas non plus travailler avec un jeune homme de droite qui a fait le choix d’être clivant. Car nos maîtres mots sont ouverture et rassemblement dans l’intérêt général des Blésois(ses) et surtout, respect et bienveillance. » Hervé Mesnager (Parti radical de gauche) rejoint au passage l’équipe rassemblée, sans oublier notamment parmi les soutiens ralliés affichés, le bâtonnier Jean-François Mortelette, dont le père fut député PS entre 1981 et 1986. Un vrai melting pot…
Vrai délit Facebook ou fadaise ?
Plutôt que d’être accusés de connivence, la presse fait son travail et par voie de conséquence, nous ne pouvons pas ne pas parler de cette autre histoire qui nous a été signalée par plusieurs sources concordantes: il semblerait qu’après un cas avéré à Salbris, un autre candidat, blésois cette fois, aimant “oser”, aurait eu également recours à la fonctionnalité Facebook “page sponsorisée” pour mettre en exergue sa candidature, une pratique interdite par le Code électoral (articles 52-1 et L113-1). Mêmes règles pour chacun, d’autant plus que la fin ne justifie pas toujours les moyens. Néanmoins, pour faire notre travail (vérifier) et ne pas entrer dans le jeu d’éventuelles manipulations d’adversaires politiques et de guerres fratricides amorcées – oui, car si moult candidats s’inquiètent sur l’insécurité à Blois, les querelles mesquines et stériles sur Facebook sont déjà une toute première violence à endiguer – nous avons directement contacté l’incriminé visé, à savoir Gildas Vieira, après avoir écouté des sons de cloche socialistes qui s’interrogeaient. Des faits remontant à il y a un mois ? “Oui et non,” tient à rétablir le candidat Vieira, sans étiquette, ex-adjoint de la municipalité sortante Gricourt menant une liste qu’il décrit comme “citoyenne”. Je n’ai pas de problème à en parler car oui, c’est vrai, mais je n’avais pas encore déclaré ma candidature quand cela est arrivé l’année dernière, en septembre. Une de mes colistières a en effet cliqué par mégarde sur un boost Facebook et re-cliqué aussitôt pour annuler mais c’était parti.” Cela se confirme lorsque l’on jette un oeil à sa bibliothèque Facebook qui ne donne trace, du fait de ladite annulation. CQFD. Gildas Vieira poursuit son propos étayé. “Certains opposants en ont fait tout un pataquès pour rien car nous connaissons bien les règles et nous avons supprimé de suite cette publication involontaire, fugacement indiquée comme sponsorisée. Nous sommes transparents sur les réseaux sociaux, tout comme dans nos comptes de campagne. Nous finançons tout tous seuls et nous avons évidemment mis l’association La France Autrement en stand-by. J’ai contracté un emprunt. Il faut cesser les rumeurs parfois diffamantes dans une campagne que nous, nous souhaitons dignes. Une campagne qui se poursuit sur le terrain : après la permanence du Bourg-Neuf, nous venons d’ouvrir un local de campagne annexe dans les quartiers Nord, au 129 rue Michel-Bégon ainsi que des permanences complémentaires au 4 avenue Wilson, en Vienne et au 9-11 avenue du Maréchal Juin. Ce sont de toute façon les électeurs qui choisiront les 15 et 22 mars.” Chacun aura été remis dans ses buts, en patientant effectivement jusqu’au verdict des urnes.
É. Rencien

 

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