Département : Mineurs non accompagnés, mise au point

Ce n’est pas la première fois que le président du Conseil départemental de Loir-et-Cher tire la sonnette d’alarme sur ce sujet, qui plus est, sensible.
Nicolas Perruchot ne souhaite alimenter aucun fantasme ni donner quelconque prise à des idées extrêmes. La préoccupation est ailleurs : en 2011, étaient comptabilisés 7 mineurs non accompagnés (MNA) sur le département 41 ; fin 2018, ce chiffre est passé à 161. Cent soixante-et-un pris en charge par les services, les demandes sont quant à elles huit fois supérieures ! S’ajoute à cette équation la difficulté de déterminer, souvent sans papiers d’identité fournis, si les candidats sont vraiment mineurs, ou finalement, plutôt majeurs. « Nos chiffres sont moins importants que ceux de l’Indre-et-Loire et du Loiret, ou encore des Bouches-du-Rhône; notre situation géographique nous préserve un peu mais cela ne durera pas et le choc migratoire est imminent, » constate le président Perruchot. «La situation demeure préoccupante. L’Europe a un rôle à jouer. Nous attendons toujours un début de solution du Gouvernement aussi, nous sommes dans l’expectative et pour le moment, c’est un dialogue de sourds. Ce dossier nécessite une décision budgétaire et politique. En attendant, nous nous devons de bien accueillir les vrais MNA, de ne pas déséquilibrer l’aide sociale à l’enfance pour les autres enfants, et détecter les fraudeurs. Je le répète souvent mais nous sommes toujours étonnés qu’un jeune guinéen trouve aisément la porte D du service concerné ou la sonnette de l’Hôtel du département; en fait, nous sommes lucides des réseaux existants autour. » Derrière ce tableau sombre, des données positives. « Nous avons des situations compliquées mais des jeunes qui comprennent bien les enjeux, les engagements demandés et qui réalisent de brillants parcours d’intégration, » complète l’élu qui déplore encore. «Nous tentons de gérer au mieux. L’État prend toujours les problèmes à l’envers. Il faudrait d’abord évaluer nos capacités d’hébergement et seulement ensuite prendre la décision, et non l’inverse. » À bon entendeur…

É.R.
Les mineurs non accompagnés qui sont sur le territoire français peuvent être fondés à demander l’asile et à obtenir une protection internationale.