En attendant 2020, Louis de Redon se sent « chez lui » à Romorantin


La ruralité n’effraie pas tout le monde. Le conseiller municipal d’opposition “Ensemble pour romo”, vice-président du département, est dans les starking-blocks pour s’impliquer davantage dans sa municipalité. A la (ou en) campagne…

À l’approche des échéances électorales de l’année prochaine, les uns et les autres manifestent leurs velléités de prises de pouvoir ici et là, dans les colonnes des journaux notamment. Concernant la capitale de la Sologne, Jeanny Lorgeoux (ex-PS, nouveau Macronien) et Louis de Redon (Modem) s’adonnent à une bataille de mots et d’idées par médias interposés. Quand le premier s’affiche en une, le second répond, et ainsi de suite. Nous vous rassurons, à un moment le ping pong va s’arrêter ! Louis de Redon tient une bonne fois pour toutes à préciser les contours de ses motivations de conquête du fauteuil de maire de Romorantin. «Je ne suis pas dans l’attaque personnelle, moi, » confie celui que l’on peut actuellement croiser une fois par mois dans le Loir-et-Cher, son souhait de devenir professeur des universités lui ayant pour rappel donné l’opportunité de s’installer temporairement en famille à New-York. «Jeanny Lorgeoux veut candidater à sa propre succession, okay, je le respecte et personne ne veut l’envoyer planter des poireaux, comme il aura pu le reprocher ! Ce n’est pas son âge (70 ans en 2020, NDRL) qui me gêne; ce n’est pas non plus une question de qualité d’élu car il a fait beaucoup de choses pour Romorantin, il a d’ailleurs été réélu un certain nombre de fois. Non, c’est un problème de nombre de mandats, 7 exactement, de cumul dans le temps, 41 ans précisément. Mon jeune âge à moi ? Jeanny Lorgeoux a été maire à 34 ans, alors ce n’est pas un souci non plus ! »

Un poste de premier adjoint, sinon ?

Cela fait des mois que Louis de Redon affiche ses envies de briguer un mandat d’élu local, expressément dans la capitale de la Sologne. Et la sempiternelle question : vivant en ce moment une incroyable expérience à New York, pourquoi diable tenir à la mairie de Romorantin ? Ses racines, sans doute. Qui lui donnent des ailes de compétiteur local, et pas question de jouer les seconds rôles. «J’ai grandi à Saint-Aignan-sur-Cher, j’ai passé mon bac à Blois, etc. Je suis originaire du Loir-et-Cher et je m’y sens chez moi. Comme à la maison. C’est aussi simple que ça ! Je suis un rural avant tout. La ville de Romorantin est intéressante, le mandat qui y est attaché également. Jeanny Lorgeoux m’avait d’ailleurs proposé un poste de premier adjoint … que j’ai évidemment refusé. Cette municipalité a besoin d’un pilote au regard neuf, d’une vision nouvelle. Elle dispose d’atouts comme par exemple être située dans la plus grosse zone Natura 2000 d’Europe.»

Un dessein de province qui donne envie ?

Si, dans les colonnes du quotidien Le Parisien, il fut récemment déclaré qu’ « à Romorantin, on vit comme des gueux », Louis de Redon veut prouver le contraire. Et il y a du boulot sur l’ouvrage. L’intéressé veut avant tout “sauver le centre-ville “et « recréer une qualité de vie ». «Il s’agit de repenser au XXIe siècle la composition d’une ville périphérique dans un contexte de mondialisation,» explicite le trentenaire. «On voit des gens, des familles qui reviennent habiter loin des grandes villes pour avoir un jardin, de l’espace, de la tranquillité, etc. » Comment, concrètement, faire envie plutôt que pitié ? Parmi les pistes d’attractivité romorantinaise, l’intéressé évoque un travail à effectuer sur la mobilité et les transports doux (du type navette électrique), sur la circulation et le stationnement dans le centre-ville, sur la naissance de lieux de vie où boire un verre et se cultiver (créer un mini centre culturel dans le secteur de la place de la Paix), sur le tourisme vert, entre autres voeux déclamés. « Si je suis maire, mon ambition… » Selon Louis de Redon, le temps des territoires est également survenu. Il cite volontiers l’implantation de Vuitton à Vendôme pour étayer ses arguments. «La question de constituer une agglomération au Sud se pose; pourquoi pas un mariage avec Salbris notamment ? Il faut réfléchir sur le long terme, discuter avec les petites communes, sans marche forcée. Une agglo solognote est un outil de développement à ne pas négliger. On sait qu’il existe une forte demande côté maroquinerie, une industrie qui demande beaucoup d’eau, et la Sologne peut répondre à ces critères. Il faut une entité Sologne et un projet de territoire dans le respect des identités. Il faut des bassins de vie qui parlent aux gens. » Alors, Louis de Redon, futur maire qui parle à l’oreille des Romorantinais, détrônant l’assidu Jeanny Lorgeoux ? Réponse en 2020 quand la campagne sera officiellement lancée et les urnes ouvertes à l’appréciation de la population ruralement concernée …

É. Rencien