Faire de son handicap une force

DÉFI Aurélie Brihma, accompagnée de son père Bernard et de son chien Spy va entreprendre à partir de mars 2019 un tour de France à cheval afin de rencontrer les patients des centres de rééducation, projet qu’elle a présenté le 25 juillet lors du Generali Open de France Club, juste avant la remise des prix des épreuves de paradressage.

F.M.

A l’âge de dix-sept ans, en 2002, alors qu’elle vient d’être sacrée championne de France de horse ball et championne régionale de danse, Aurélie a un grave accident de scooter causé par un chauffard lui grillant la priorité. Elle doit être amputée de la jambe droite. Commence alors une nouvelle vie. « Après mon accident, j’ai été motivée par des personnes qui avaient une prothèse et qui m’ont donné envie de m’accrocher en me faisant comprendre que la vie continuait. » se souvient la jeune femme.

Aurélie, qui continue à faire du sport tout comme avant son accident – elle monte à cheval, fait du hand bike et enseigne la bounce danse à des valides -, a créé, en 2017, une association, Handidream afin de pouvoir à son tour insuffler du courage à des personnes accidentées dans les centres de rééducation des Bouches du Rhône, en collaboration avec les médecins rééducateurs. « Je dis à ces personnes qui sont souvent désespérées : si je peux, tu peux, et cela marche !, constate-t-elle. Comme mon action avait des résultats dans ma région, j’ai eu l’idée de le faire dans toute la France en y ajoutant un défi sportif. » La jeune femme fera donc un tour de France en passant dans vingt-deux centres de rééducation (elle ira notamment à l’Institut médical de Sologne à Lamotte-Beuvron et à Beaugency) et en se rendant dans les centres équestres, afin de sensibiliser les cavaliers sur le handicap et le rôle bienfaisant du cheval, en ayant conclu un partenariat avec la Fédération française d’équitation. En passant six heures quotidiennes en selle, ses étapes seront de vingt-cinq à trente kilomètres par jour.

« Mon périple a trois objectifs, tout d’abord rebooster les patients dans les centres de réeducation, en y organisant des conférences, partager un moment avec les patients pour leur faire comprendre que tout est possible. Ensuite, changer le regard des gens sur le handicap. Pour cela nous ferons étape chez des particuliers afin d’échanger sur le handicap et lever les tabous, par exemple sur ma prothèse. Je veux aussi rendre hommage aux sapeurs-pompiers en me rendant dans des centres de secours car sans eux, je ne serai plus là. » Aurélie projette même de terminer son périple en se rendant à l’Elysée, escortée par la Garde républicaine. « Brigitte Macron a accepté de me recevoir et je vais lui soumettre ce souhait car je pars du principe que même avec un handicap, il faut continuer à rêver et à vivre ses objectifs. », précise-elle.

Son cheval et son chien aident beaucoup Aurélie dans sa vie de tous les jours : « Mes animaux m’aident comme ils le peuvent, explique-elle. Mon cheval, Booman Whiz Pine dit Booboo se baisse quand je monte et accepte que mon border collie, qui m’aide à ramasser des objets que je fais tomber, monte sur son dos. J’ai aussi la chance d’avoir un papa qui est très proche de moi et qui a été mon moteur lors des moments difficiles. » Père, cheval et chien seront donc des partenaires précieux pour ce nouveau défi qu’Aurélie s’apprête à relever.