J’ai testé pour vous : Trouver l’amour en ligne, est-ce vraiment la panacée ?

Il paraît que l’été est la saison propice aux amours et les âmes esseulées se trouvent fort dépourvues lorsque le soleil darde ses chauds rayons à travers un ciel sans nuage. La solution à la solitude peut alors se trouver derrière un écran. Peut…-être.

Les célibataires ont tous au moins entendu une fois un de leurs amis leur suggérer : «bon sang, inscris-toi sur un site de rencontres sur Internet ! » Comme si ce serait si simple. Allez, il faut positiver, donc pourquoi pas ? C’est décidé, je me lance et j’agis, même si c’est en restant assise devant mon ordinateur. J’ai allumé mon écran, saisi ma souris, cherché ma plus belle photo, trouvé un pseudo. Stop. Un hic : quels sites ou quelles applications choisir ? Meetic, trop classique ; Badoo, pas assez racé ; Tinder, pas tentée. Le critère premier ? La gratuité. Oui, bon, cette possibilité n’est offerte qu’aux filles la plupart du temps sur ces plateformes. M’enfin, payer pour être touchée par les foudres de la passion amoureuse, non merci. Ma carte de crédit me servira à d’autres achats plus utiles. Bon, pic nic douille ! J’opte pour « adopte un mec » qui semble me lancer un clin d’œil avec son concept tendance où les femmes prennent les rênes de leur destin sentimental. Évidemment, c’est sans doute beau seulement en théorie. Je positive ! Pour le moment, sans a priori (mais un peu quand même), en quelques clics, je crée mon compte et renseigne les cases à remplir. Couleur des yeux, alimentation, films préférés, musique, loisirs, hobbies… Ah, « mensurations ». Je rentre dans le vif du sujet. « Shopping list », ça se précise. « Au lit, j’aime… », quoi ? Comment ? Euh, je laisse ça à d’autres, gardons une part de mystère. C’est prêt ; il ne me reste plus qu’à « chasser le mâle », enfin à le mettre dans son caddie rose virtuel. Tout en acceptant, dans une section symbolisée par une baguette magique (le pouvoir de l’ancienne petite-fille qu’on était), les « charmes » envoyés par des prétendants qu’on autorise par ce biais à nous parler et à faire connaissance. Ou pas ! Quand je refuse, je récolte de points avec un compliment étoilé ; je me sens vraiment une « warrior » face à tous ces hommes qui quémandent. Ceci dit, cela ne fait pas avancer mon Schmilblick de l’amour. Je reprends. Les premiers échanges commencent, je repère quelques profils sympathiques dans le département et la région. Inutile de choisir trop loin comme Paris ou le Sud-Ouest si c’est pour tomber sur un looser, minimisons le déplacement et le risque de déception. Je continue. Certaines photos sur certains profils interpellent, surtout quand je lis l’âge mentionné. Comment dire… Les pseudos choisis laissent sans voix aussi : « croustibat », « voie lactée », « beaugoss »… Sans parler des photos torses nus, pectoraux en avant… Bien, bien, next, next, au suivant !

Sex friend versus relation sérieuse

Le cœur qui bat au premier regard dans ce catalogue en ligne n’est pas arrivé. Je persévère, je fouille, je scrute, je sélectionne. Grâce notamment aux découvertes du mois et aux catégories limitées, je peux choisir un barbu, un rêveur, un montagnard, un journaliste… Puis, ding-ding ! « Vous avez reçu un mot doux de…». Belle entrée en matière, un espoir ? Mais non. Derrière son clavier, les échanges paraissent superficiels, sans saveur, une fois passées les banalités « comment tu t’appelles ? », « tu travailles dans quel domaine ? », « tu cherches quoi ? » et compagnie. J’échange avec un ou deux gars gentils (sans doute trop). Beaucoup, plus machos, se montrent (trop là aussi) pressés et mettent la charrue avant les boeufs. Au bout de quelques jours, le bilan n’est pas fameux entre celui-ci qui me propose un rendez-vous mais sans savoir quand parce qu’occupé par son travail, celui-là qui me somme de répondre à ses messages dans les deux secondes chrono, cet autre qui me flique dès que je me connecte, et encore ce dernier qui me soupçonne d’être un faux profil et me demande pour vérifier de lui donner mon Facebook ! Sans oublier les « affamés » qui m’ont tous écrit à quelques détails près la même phrase, à savoir « je te donne mon 06, je ne fais pas ça d’ordinaire mais toi, tu as l’air une fille bien, on se voit ce soir ? Je te montrerai mes tatouages ! » Il y a encore ce mec qui me dit « j’ai accroché avec une autre mais restons amis » et qui, finalement, réactive son compte deux heures plus tard en indiquant « à la recherche de la femme de ma vie ». Aïe, Aïe, aïe. Sans oublier le « cas » typique : sur sa fiche, le monsieur est évidemment allergique au sex-friending et aux plans c…, il ne veut bien sûr que du sérieux et le masque tombe assez vite quand il nous parle d’emblée de fantasmes, de positions… ! Moralité : « game over », j’arrête là ce jeu de Tartuffe. Six raisons de désactivation de mon compte me sont à ce moment précis proposées. L’une d’elles me sied : « je préfère rester célibataire » et adieu ! Je réfléchis. Pourtant, certains couples se forment et même se marient après un contact qui a vu le jour via un écran. Soit j’ai mal choisi l’outil Web, soit je n’ai pas été assez patiente. Soit tout ça n’est définitivement pas adapté pour tout le monde. Cela peut marcher mais pour combien de personnes sur le lot ? Le hasard ? La chance ? Le bon profil au bon moment ? Possible. À l’heure du numérique 3.0, force est néanmoins de constater que les bonnes vieilles recettes sont souvent les meilleures et que rien ne vaut une rencontre en face-à-face car la connexion au bonheur n’est pas toujours à portée d’objet connecté…

Émilie Rencien