La piscine de Salbris inaugurée : une longue histoire

La piscine de Salbris est désormais ouverte. Les bassins sont maintenant remplis. Pourtant la structure salbrisienne est un peu comme un serpent de mer. De décisions en retours en arrière, elle a pollué la vie politique solognote durant plusieurs années avant que le dossier ne voit le jour et que les premières pierres ne soient posées.
La piscine Albert-Leboul avait été construite en 1972. L’infrastructure avant-gardiste, à l’époque, a largement contribué aux loisirs et à l’éducation des Solognots. Mais à l’aube des années 2000, les fuites d’eau, la facture de chauffage et la vétusté générale ont ouvert le débat quant à son remplacement. En 2008, Jean-Pierre Albertini, le maire de l’époque, avait proposé à la communauté de communes, gestionnaire de la piscine, de la remplacer par un centre aqualudique comme il en existe à Contres ou à Vendôme. L’idée était de profiter à l’époque du « Plan Piscine » de la Région soutenu par l’État. Une manne financière de très haut niveau. Toutes les communes avaient, alors, voté un projet à 11 millions d’euros, lancé et payé les études… puis plusieurs petites communes avaient changé d’avis, considérant après coup que cette infrastructure consommait quasiment toute la capacité d’emprunt de la Communauté de communes de la Sologne des rivières. 900 000 € d’études plus tard, une dépense pour rien, l’incident avait altéré la relation entre le bourg centre et les petites communes, allant jusqu’à confier au juge le soin de répartir selon la démographie le nombre de sièges dans le conseil communautaire. Ainsi, Salbris, en application des textes officiels, était passé de 4 à 13 élus.
Quelques années plus tard, le nouveau maire, Olivier Pavy, avait aussi pensé que l’argent dépensé pour chauffer la vieille piscine était une dépense inutile et que l’activité nautique de ce territoire méritait vraiment une nouvelle structure. Fort d’une majorité en conseil communautaire, il décidait de construire une nouvelle piscine en 2018 et proposait « un bassin principal de 25 x 15 m doté de six couloirs de nage contre les quatre existants à ce jour, complété par une zone de jeux intérieure de 40 m² ». Le projet était annoncé à 6,5 millions d’euros. Dix ans plus tard, le plan piscine était terminé. Avec le même reste à charge, Salbris ne pouvait cependant plus envisager le centre aqualudique initial.
La piscine n’a pas manqué de s’inviter dans les élections municipales de 2020, le candidat Alexandre Avril laissant clairement entendre qu’il n’y était pas favorable. Devenu président de la Communauté de communes, le marché était trop avancé pour être abandonné. Il décalerait en novembre 2020. « J’hérite d’un dossier sans doute nécessaire, mais très lourd à gérer : la piscine. C’est un projet qui grève les capacités d’investissement de la communauté de communes sur les 20 prochaines années ». Le financement de la piscine anime toujours aujourd’hui les conseils communautaires. L’opposition reproche, par exemple, un emprunt supplémentaire de 1,2 million d’euros qu’elle juge « inutile ».
Le chantier s’est déroulé durant la crise sanitaire avec les tensions d’approvisionnement de fournitures que l’on imagine. Finalement, le jeudi 3 février dernier, le constructeur, Baudin-Chateauneuf, a remis les clefs du nouveau site au maire de Salbris. Celui-ci a déclaré « impatient de l’utiliser ». La piscine ne s’appelle plus Albert Leboul, mais La Salamandre. Le nouveau bassin inox de 25 mètres à une profondeur de 1,20 à 2 mètres. Il est accompagné d’un espace de jeux aquatiques pour les enfants. Le budget final est de l’ordre de 9 millions d’euros.

Fabrice Simoes