Le choix de mourir dans la dignité : 100% des français vont mourir : les politiques le savent-ils ?

Le président de l’ADMD (association pour le droit de mourir dans la dignité) Jean Luc Romero était à Bourges invité par la délégation du Cher que préside Dominique Cazal afin de débattre dans le cadre de la 8e journée mondiale pour le droit de mourir dans la dignité. Ils étaient quatre-vingt environ à s’être déplacés dans la salle du 22 d’Auron pour écouter J.L.Romero et apporter des témoignages et débattre sur  cette loi Leonetti qui depuis son existence en 2005 puis en 2008 et maintenant en 2015 va d’échecs en échecs selon J.L.Romero : «  le parlement est en train de travailler sur cette loi mais si l’on veut améliorer une loi, il faut se poser la question  de savoir pourquoi rien n’a fonctionné correctement depuis dix ans. Il y a eu 2005 puis 2008 et une  proposition de loi dont personne aujourd’hui ne se souvient. On se retrouve aujourd’hui avec une troisième amélioration ; c’est bien signe qu’elle n’a pas fonctionné.
Les échecs
« Le premier objectif de cette loi était d’accéder de manière universelle aux soins palliatifs. Dix ans plus tard, quel est le bilan ? Catastrophique puisqu’à peine 20% des gens qui en ont besoin bénéficient des soins palliatifs. 70 % des lits sont concentrés dans cinq régions françaises et là en Berry vous n’avez pas de chance vous n’êtes pas dans la bonne zone.  40% des lits sont en région Ile De France ; ce n’est pas juste.  En Guyane, il n’y a rien c’est une scandaleuse inégalité. Un seul plan de soins palliatifs en dix ans ; c’est un échec patent et personne ne peut le nier. Autre échec : l’acharnement thérapeutique. Cette loi a été faite justement  pour lutter contre l’acharnement thérapeutique transformé aujourd’hui en « l’obstination déraisonnable », dans ce domaine, c’est aussi un échec terrible. Les pratiques n’ont pas changé : 50% des chimiothérapies sont faites dans les 15 derniers jours de la vie. On ne donne pas de la chimio dans les 15 derniers jours sachant tous les effets secondaires que  cela procure. Qu’on fiche la paix aux malades pendant ce temps là. Si ça ce n’est pas de l’acharnement thérapeutique ou l’obstination déraisonnable ! Dans les EHPAD, on continue à forcer des personnes très âgées à se soigner alors qu’elles ne le veulent plus. Perfusions d’eau sucrée pendant des années. Le cas de Vincent Lambert,  des personnes que l’on continue à faire survivre contre leur volonté est encore une preuve de l’acharnement thérapeutique. Autre échec qui concerne les directives anticipées, c’est à dire la possibilité pour celui qui est conscient de décider de sa fin de vie. 2,5 % seulement des personnes ont écrit cette déclaration. 14 % des Allemands l’ont fait. »
Loi floue
« On vit au gré des affaires depuis dix ans chaque semaine il y a une affaire  et dans les pays qui ont légalisé, il n’y a pas d’affaire. Chez nous, c’est Vincent Lambert, Jean Mercier et aujourd’hui l’urgentiste Bonnemaison qui tente de se suicider. Et demain, quelle affaire nouvelle ? La responsabilité sera sur les épaules de Leonetti. »
Un plaidoyer puissant, écouté religieusement, et s’ensuivaient des questions et témoignages qui mettaient en évidence l’urgence des politiques à mieux comprendre et surtout donner à chacun ce droit  de pouvoir dire « laisser moi mourir en paix ».
Jacques Feuillet
 
Jean Luc Romero
Lauréat du prix Claude Tourangeau en 2012 pour son combat contre le sida et la sérophobie (Québec)
Livre : « Ma mort m’appartient » entretien avec Claire Bauchart  Ed. Michalon
Infos : Délégation du Cher, Dominique Cazal, 0662879859, admd18@admd.net