Marie du Berry chez Barberousse avec Epis de glane


Désormais la patrie de Raboliot sera aussi celle de François Barberousse qui est né en 1900 au moulin Grelot à Brinon-sur-Sauldre. Depuis que son œuvre a été rééditée dans son entièreté par les éditions CPE, il est reconnu comme étant l’un des plus grands écrivains solognots.
À Brinon-sur-Sauldre, le moulin natal de François Barberousse s’est ouvert. Les propriétaires du moulin M. et Mme Fouquet, ont ouvert avec joie leurs portes aux trente participants à la journée littéraire organisée par l’Amicale Marie du Berry ainsi qu’aux trois arrière-petites-nièces de François Barberousse venues rejoindre le groupe. Ce moulin est dans la famille Fouquet depuis les années 30 et le couple a manifesté un grand intérêt pour l’écrivain qui y né depuis qu’ils ont accueilli une centaine d’Amis de Marie du Berry en 2013 pour la mise en voix de Gusse, son dernier roman. Peut-être va-t-on vers une maison d’écrivain dans les prochaines années ? En tout cas, il faut l’espérer car « la Sologne des alentours du moulin Grelot est l’une des plus fantastiques et des plus étranges qu’il faut absolument découvrir » a souligné Marie du Berry qui a commencé par évoquer le père de l’écrivain : « Maitre Justin Barberousse, père de douze enfants, (François est le dernier) faisait fonctionner deux moulins, un à vent très ancien, frappé par la foudre en 1917 et détruit dix ans plus tard, et un autre à foulons, construit en 1875. Il est dit que le meunier avait racheté plusieurs bibliothèques bourgeoises mises en vente à la mort de leurs propriétaires et qu’il organisait pour sa nombreuse progéniture des veillées lecture. Cela a porté ses fruits puisque ses deux derniers enfants sont devenus écrivains : Rose a écrit Marion publiée par CPE en 2013 et François a publié chez Gallimard L’Homme sec en 1935 et Le Jour aux volets clos en 1936, ces deux romans ont été réédités aussi par CPE ». Elle poursuivit en rendant un vibrant hommage à l’Homme courage qu’était le soldat François Barberousse, chef d’escadrons et grand résistant distingué au cours de la Seconde Guerre mondiale par le Général Eisenhower.

La nuit de la grand-peur
Marie du Berry a ensuite quitté le moulin Grelot et conduit le groupe sur la route de Pierrefitte-sur-Sauldre pour l’immerger aux environs des Bordes, près d’un étang entièrement recouvert d’une nappe de nénuphars ; elle avait choisi de faire vivre les histoires du recueil d’Epis de glane que la grand-mère de Barberousse native de Brinon et ayant vécu au XIXe siècle, racontait à son petit-fils. La nuit de la grande peur lue et jouée avec beaucoup de talent et de vérité dans l’expression par l’animatrice littéraire devant une maison abandonnée en ruines, en a fait frémir plus d’un et quand il a fallu écouter une dernière histoire, celle de l’Affût aux chapieaux en face d’un gué de la Sauldre et imaginer le combat dans la nuit noire, au bord d’une moulière, entre un fermier revenu du marché et un brigand de grand chemin venu pour le dévaliser, ce fut l’apothéose du saisissement et de l’horreur ! Oui, vraiment, François Barberousse mérite bien d’être le chef de file du panthéon des écrivains solognots, car il parle de cette région si particulière comme aucun autre ! Ecoutons-le : « Je suis Solognot, oui, Monsieur… Un pays plat, pas ben joli et assez ingrat, mais quand on l’a dans le sang, y a rien à faire pour s’en déprendre. »