«POLY» prête à gambader loin et longtemps sur le grand écran

On attend la sortie de Poly, le dernier film de Nicolas Vanier comme les amateurs de Beaujolais nouveau s’impatientent pour la libération du divin nectar. Avec confiance, car on sait que ce sera, encore, un bon cru, un nouveau maillon à la longue liste des films de notre compatriote solognot.
Comme lui, qui suivait sur la télévision grand-paternelle dans cette ferme «où j’habite dorénavant», l’histoire en noir et blanc, d’après un scénario de Cécile Aubry, chacun(e) est prêt(e) à y retourner, mais sur grand écran et en couleurs, cette fois.
Certains spectateurs et spectatrices présents à la première à Cap-Ciné Blois, acquiescent, en hochant la tête, ces souvenirs de Nicolas Vanier, en compagnie de leurs enfants et/ou petits-enfants car bon nombre ont l’âge du réalisateur et voyagent avec lui dans le temps, en l’accompagnant dans ses opus…Souvenirs, souvenirs…
Sourire permanent en bandoulière, Julie Gayet, qui accompagne Nicolas dans sa tournée de promotion, narre certains souvenirs de tournage, a exprimé le plaisir qu’elle a ressenti à tourner ce film en retrouvant, également, François Cluzet, déjà complice de Nicolas dans «L’école buissonnière», et Patrick Timsit, bien plus sérieux quand il joue que quand il fait le clown sur une scène. Ainsi que la jeune Élisa de Lambert qui promet.
Le film, dont la sortie initialement programmée mercredi 7 octobre, a été repoussée au 21 octobre, devrait, dans la même veine que Belle et Sébastien, rallier un vaste public, de 5 à plus de 90 ans, qui suivra Poly dans ses pérégrinations au fil de magnifiques paysages enchanteurs et surprenants comme sait les filmer, avec talent, Nicolas Vanier.
Entre Tours et Orléans, Nicolas Vanier et Julie Gayet, ont pu, à Blois, échanger avec le public, désolé de ne pas les avoir plus sous la main après la projection tant les questions étaient nombreuses. Le dialogue a pu être franc, malgré la brièveté du temps imparti au duo. On a été ravis de savoir que le cinéaste animalier solognot Laurent Charbonnier avait apporté son concours pour quelques images «sauvages» et que le tournage s’était déroulé dans les meilleures conditions possibles. Solidarité régionale quand tu nous tiens…
Seule petite ombre «funèbre» au tableau : un spectatrice s’est hasardée à demander si Cécile Aubry et son fils Medhi El Mezouari El Glaoui, dit Medhi, avaient vu ou allaient voir le film… «Non, hélas pour Cécile Aubry qui est décédée. Medhi, quant à lui, a subi quelques contrecoups avec la gestion d’un théâtre dont il est propriétaire à cause du confinement et il ne l’a pas encore vu. Il n’a pas pu y jouer, non plus, comme il l’avait fait pour le dernier Belle et Sébastien, mais ça ne sera que partie remise car il y aura d’autres projets à lancer, une fois la pandémie passée, oubliée et, espérons-le, sans retour».
Souhaitons qu’un nouveau confinement ne vienne pas frapper les salles de cinéma de France à la veille de la programmation de ce film qui constituera un beau cadeau de Noël, aux jeunes, certes, mais aussi à leurs parents et grands-parents, toutes générations confondues. Un vrai plaisir à déguster sans limites sans appareil virtuel. En live dans une belle salle confortable de cinéma. Loin de la Covid-19, mais avec masque! Signé d’un solognot, de plus. Que demande le peuple?

Jules Zérizer