Saint-Amand-Montrond : Hervé Vilard en concert

Herve-VILARDsamedi 8 et dimanche 9 novembre

Hervé Vilard : «Dans le Berry, je serre des mains comme le maire ! »

L’interprète du tube « Capri, c’est fini » sera en concert samedi 8 et dimanche 9 novembre à Saint-Amant-Montrond (18) dans une salle qui porte son nom. Le chanteur a été joint par téléphone le 26 septembre alors qu’il passait le weekend dans le Cher. Il s’est prêté au jeu de l’entretien à distance avec plus ou moins d’enthousiasme. À 68 ans, l’artiste au franc-parler mordant n’a plus rien à prouver et ne se gêne d’ailleurs pas pour bouder certaines questions des journalistes…

Vous serez dans le Cher en novembre pour deux concerts. À quoi doit s’attendre le public ?

« Vous avez de la chance de m’avoir. J’étais en train de jardiner. Je profite du beau temps. Vous savez, je crois que ces dates sont déjà complètes de toute façon !»

Sur scène, vous avez tout de même choisi des textes de Louis Aragon, Marguerite Duras, Jacques Prévert, Serge Gainsbourg, entre autres ?

« Oui. Marguerite Duras était d’ailleurs une amie. »

Rien de plus ?

«Que vous dire ? Je n’ai pas le permis, je vis à Paris, je viens dans le Berry en train et en taxi. Oui, j’habite toujours le presbytère (1), l’église ne sert plus à rien, les curés n’enterrent même plus leurs morts, mais les cloches sonnent beaucoup ! J’aime faire mon marché le samedi. Les gens à Saint-Amand me reconnaissent, sont touchés et attachés au personnage que je suis, à l’orphelin qui revient au pays. Je serre donc des mains comme le maire, nous avons un bon maire ici, mais je n’ai aucune envie de l’être. Les hommes politiques ? Ils se contentent de se faire élire, il faut tous les virer !»

Vous n’avez pas sorti de disque depuis 2004. Avez-vous des projets de ce côté-là ?

« Non, pas du tout. Et faire des duos et des reprises, ça ne m’intéresse pas. Le monde du disque va mal et les enregistrements sont à bas coût. Il n’y a plus de création, que du marketing. Pour nous, le chemin est fait mais pour les jeunes qui débutent, c’est dommage.»

Pas de CD mais le troisième tome de votre autobiographie est, lui, en préparation. Pouvez-vous nous en dire plus ?

« J’y ai travaillé pendant cinq ans au presbytère et là, il est chez l’éditeur pour les corrections. Le livre boucle une trilogie (2), il s’appelle « Du lierre dans les arbres » et sa sortie est prévue au printemps 2015. L’action se déroule au presbytère. Le héros du livre, je dis ça car ce n’est plus moi, vit un retour aux sources.»

Si votre carrière de chanteur n’avait pas existé, quel autre métier auriez-vous pu faire ?

«Je ne sais pas, je n’en sais rien. Que vous a répondu Isabelle Boulay ? C’est qui ? C’est un peu comme Lynda Lemay ? Une fausse Céline Dion ? Smaïn ? Ah oui, je le connais bien, il est orphelin comme moi. Chanter pour moi est un passe-temps. Il y a trois mois, j’ai chanté à Mexico, Buenos Aires… Ce ne sont pas les tournées de Shakira mais je me balade autour du monde ! On s’éclate bien. Les gens aiment encore chanter. Pour moi, un pays qui ne chante plus n’est plus un pays. »

Les animaux constituent votre autre passion. Combien en avez-vous ?

« J’ai plusieurs chats de gouttière : Cartouche, Philibert, Jalousie, Praline, Crooner…. J’avais un chien, Célestin ; son père s’appelait Sylvester. Les chats sont en fait arrivés quand les chiens ont partis. Célestin était un teckel à poil dur. La chasse ? Non, je n’aime pas. Par contre, j’adore Brigitte Bardot, j’aime le vent, la pluie et le pâté aux pommes de terre sans persil ni oignons ! Je dois vous laisser maintenant. En ce moment, je taille avec sécateurs et cisailles. Au revoir. Bon courage.»

Interview : Émilie RENCIEN

(1) Hervé Vilard a racheté et rénové le presbytère de son enfance dans le Berry après la disparition de l’abbé Angrand, auprès duquel il avait été enfant de chœur et qu’il considérait comme son « père spirituel ».
(2) Les deux premiers tomes (éditions Fayard) s’intitulent « l’âme seule » (2006) et «le bal des papillons » (2007).
« Hervé Vilard et nous » à la Cité d’Or, rue des Orpailleurs, salle Hervé Vilard, à Saint-Amand-Montrond, le 8 novembre à 20 h 30 et le 9 novembre à 16 h. Informations et réservations : 02.48.96.16.86.