Travaux : il y a comme de l’eau dans le gaz…

Une  simple mise en conformité de réseaux vétustes a mis le feu aux poudres. Entre les riverains et la mairie, c’est un vrai dialogue de sourds.

Un joli petit quartier blésois au pied d’un escalier de pierres craquelées, rampe du Grain d’Or, en empruntant la rue Sainte-Catherine, à proximité de la gare Blois-Chambord et de la rue de la Garenne. On y entend paisiblement chanter les oiseaux… et depuis peu, les engins de chantier. « Non, enterrez tout !! » Une banderole de couleur bleu aux lettres rouges agressives perturbe également visuellement le calme des lieux. Et dans ce décor, deux habitants du secteur courroucés, François Monnier et Guy Scnoeiring. « C’est la guerre ! » haranguent-ils en saisissant des dossiers en guise de preuves. « On se bat ! Ils nous baladent ! » L’objet du délit : des travaux entrepris cette rentrée par GRDF qui remet aux normes, pour des raisons de sécurité, des canalisations de gaz vétustes et un réseau vieux de près de 50 ans. « Halte au gaspillage, on enterre tout dans la tranchée et non pas seulement le gaz ! Et l’environnement ? Et la mauvaise foi de certains élus et responsables ? Quel gâchis! Et l’argent du contribuable ? » s’indigne encore le duo qui menace de bloquer le chantier débuté via diverses actions. « Alors que GRDF prend déjà à sa charge ses propres travaux de mise en conformité, l’exemple comparatif des travaux effectués voilà deux ans, rue Chambourdin et rue du Grain d’or ( à ne pas confondre avec la Rampe du Grain d’or) nous montre le dédain volontairement orchestré par l’agglomération et la mairie de Blois envers notre propre quartier « Sainte Catherine et Grain d’or » où 50 familles ont signé la pétition… ».

Les finances, nerf de la guerre des tranchées

Autant d’accusations que dément fermement et calmement Jérôme Boujot, maire adjoint en charge de l’environnement et des travaux. «Ces habitants n’ont pas tort, leur revendication est légitime, mais financièrement, la mairie ne peut pas répondre favorablement à cette demande. Nous avons eu plusieurs réunions avec tous les acteurs installés autour de la table, à savoir Orange, Enedis, GDRF. La solution proposée par ces messieurs, à savoir la mise en place de fourreaux en attente dans une surlageur de tranchée, a été étudiée par la Ville mais ne satisfait règlementairement pas Enedis qui doit enterrer son réseau en pleine terre. Nous n’avons en outre plus de crédits possibles à ajouter au budget 2017 pour des travaux. De plus, l’un des arguments de ces messieurs pointe du doigt une rue où vivent des élus et qui aurait bénéficié d’un traitement de faveur sur la question des réseaux enfouis. Ce qui est faux. C’est dommage de réagir ainsi. La rue des Cornillettes a par exemple été traitée, et il n’y a pas forcément d’élus qui y résident. Encore une fois, c’est tout simplement un cadre financier de plus en plus contraint qui nous impose d’établir des priorités concernant les programmes d’investissement et de faire des choix.» Preuve que la Ville entend la réclamation citoyenne exprimée, un courrier signé par le maire de Blois, Mac Gricourt, Jean-Luc Gasparini, délégué territorial Enedis et Sylvaine Loosveldt, déléguée territoriale GDRF, a été communiqué aux différentes parties le 12 septembre, indiquant notamment que la municipalité va solliciter le Syndicat intercommunal de distribution d’électricité de Loir-et-Cher pour étudier et chiffrer l’enfouissement total des réseaux. En attendant, «la complexité des raccordements et l’encombrement des autres réseaux souterrains dans des voies étroites rendent l’étude de l’enfouissement total des réseaux relativement longue. De ce fait, la réalisation éventuelle de l’effacement des réseaux n’est pas compatible avec l’urgence du renouvellement du réseau GRDF,» précise toutefois ladite missive. « Ainsi, les travaux qui ont débuté le 4 septembre vont se poursuivre selon le planning établi par GRDF et ne s’accompagneront pas d’autres travaux de réseaux. » Cette démonstration manuscrite par a+b suffira-t-elle à apaiser les esprits ? Pas si sûr mais il faut le souhaiter…

É. Rencien