Bourges – Portrait : Rencontre avec France Camuzat de l’Association des maraîchers de Bourges (AMB)

F. Camuzat bourde à la main en veilleur des Marais

LPB : Parlez-nous de votre association ?

France Camuzat : « Créée en 1998, l’objectif est la sauvegarde des marais, mais aussi de faire venir de nouveaux maraîchers (ères), qui s’impliqueront. Nous intervenons concrètement pour arracher par exemple les plantes envahissantes ou nettoyer les cours d’eau, les chemins, de façon à encourager chaque propriétaire ou locataire de parcelle à en faire de même. Nous avons également une fonction d’intervention auprès des collectivités et autorités pour qu’elles apportent leur concours à la sauvegarde de ces marais ».

L’interface avec les collectivités et autres autorités : pas toujours facile ?

Notre première intervention pour demander des systèmes de décantation en amont sur le Langis et sur l‘Yèvre remonte au 14 décembre 2001. C’était une réunion en préfecture, on avait demandé  à être audités et avons alerté les personnes présentes : «  si on ne traite pas rapidement ces eaux qui viennent de l’extérieur on va vers de sévères problèmes et c’est ce qui se passe aujourd’hui ».

LPB : Pas simple cette lutte incessante contre la pollution ?

« La raison essentielle de cette difficulté est que cette pollution vient de l’extérieur. Il ne faut pas s’en cacher, il y a aussi la responsabilité de certains maraîchers qui utilisent des produits phytosanitaires. A ce sujet, nous menons là aussi un dur combat d’information, d’incitation pour changer ce mode d’action. Pour ce faire, nous faisons des stages de formation à l’utilisation de produits et méthodes nouvelles, (le prochain stage aura lieu le 30 septembre avec l’organisme Fredon*). Par contre, ce qui nous vient de l’extérieur est catastrophique. Les eaux pluviales, depuis la partie nord des marais apportent par leur ruissellement des déchets de toutes sortes, hydrocarbures notamment, qui détruisent la flore et font fuir les poissons ».

La nature est parfois violente : Les inondations de juin 2016 en sont la preuve ?

« Ce sont les marais d’en bas entre l’Yèvre et la rue Charlet qui sont impactés depuis des années par des crues de plus en plus fortes et tout cela provient de l’amont des marais, ou des barrages ont été créés, soit pour faire fonctionner des moulins, soit pour dériver des cours d’eau et qui sont en mauvais état. Des eaux fuient aussi au dessus de l’Yèvre et de l’Yévrette, se déversent dans le canal de dessèchement créé en 1830 pour assainir ces vallées et évidemment, se jettent dans les marais ».

Du pain sur la planche pour France Camuzat mais lorsqu’on connaît le personnage on sait que ce combat, il le mènera encore et toujours pour la sauvegarde de « ses marais ».

Jacques Feuillet

Dans notre prochain numéro nous nous entretiendrons avec son homologue de « Patrimoine Marais » Michel Melin.

*Fredon : Fédération Régionale de Défense contre les Organismes Nuisibles.

Renseignements
AMB : Moulin de la Voiselle
5 Bd Chanzy Bourges
Tel : 02 48 21 30 63
Mail : amb18@laposte.net
Web : associationdesmaraichersbourges.org