Champcol, hameau martyr de Selles-sur-Cher

Champcol, hameau de Selles-sur-Cher, a subi, le 15 août 1944, de tragiques évènements qui sont commémorés tous les ans. Cette année, le maire, Francis Monchet a lu, durant son discours, le témoignage de madame Marie-Thérèse Aubin, âgée de 18 ans à l’époque et décédée au mois d’octobre 2017 dans sa 92e année.

À Champcol, l’engagement dans la Résistance s’était organisé autour du responsable local Louis Chauvier dont le café-épicerie était le lieu de rencontre des membres du groupe et d’agents extérieurs. En 1943, un terrain de parachutage, près de la ferme de Civray, avait été mis en service au sud-est du hameau. Le 12 et 13 août, les résistants de Selles-sur-Cher s’y étaient rassemblés… mais l’armée d’occupation en avait été informée.
Le 14 août, vers 7 heures du matin, Henri Vêtu, maquisard, est appréhendé en bicyclette par la garde du poste de Selles-sur-Cher. Pressé de questions, torturé des heures entières, il finit par livrer quatre noms après d’atroces souffrances. Le lendemain, une expédition punitive est envoyée. Trois camions bondés d’une centaine de soldats allemands arrivent au bourg. On entend d’abord des coups de fusil, puis des mitrailleuses sont mises en action à différents points du village. Une jeune fille de 18 ans, Paulette Sommier, qui descend en vélo dans la direction de Selles, est touchée. Elle mourra à l’hôpital de Romorantin. Sur le chemin de la Collinière, monsieur Chauvier, 81 ans, est atteint à la main et sera amputé. Monsieur Lamon est blessé plus légèrement. Une vingtaine d’hommes de 16 à 65 ans sont pris en otage et rassemblés dans l’épicerie pour être conduits à la ferme de Civray. Devant eux, les soldats allument des incendies aux quatre coins de l’exploitation qui brûle entièrement. Les otages sont obligés de capturer tous les animaux de la ferme et de les monter dans les camions. Toute la journée, d’autres incendies éclatent chez les habitants. L’épicerie est arrosée de pétrole et brûle dans sa totalité, avec interdiction donnée aux pompiers d’agir. C’est vers 20h que ces otages sont relâchés car il n’y a pas eu de pertes allemandes durant l’opération. Un jeune maquisard, Pierre Pinault, pourvoyeur d’une batterie de fusils mitrailleurs, est capturé pour avoir tenté d’aller rechercher son sac de grenades. Avant le départ des camions, vers 21h30, Henri Vêtu et Pierre Pinault sont exécutés d’une rafale de mitraillette. Les coups de revolver qui les achèvent sont donnés à l’endroit où est érigée la stèle. Le chef allemand menace de raser la ville si un seul soldat est à partir de ce jour blessé ou tué dans les environs !

F.T