Châteauroux – Les commerces reviennent dans le vieux Châteauroux

Benjamin Losantos, manager du commerce engrange les fruits de deux ans de travail au service des porteurs de projets. Des commerces reprennent vie, l’association des commerçants s’est restructurée.

Benjamin Losantos

Manager du commerce, le job réclame du dynamisme, de l’optimisme. Benjamin Losantos n’en manque pas et les faits le confortent son optimisme. Voici deux ans que ce salarié de la chambre de commerce et de l’industrie a inauguré ce nouveau poste. « Je travaillais depuis trois ans à la CCI, après être passé par Blois et Orléans lorsque la décision a été prise de créer un poste de manager conjointement par la CCI et Châteauroux Métropole. Il s’agissait de simplifier la tâche des porteurs de projets commerciaux en leur proposant un interlocuteur unique. Il s’agissait tout d’abord d’effectuer le recensement des locaux avec leur emplacement, leur surface, le loyer et le contact (propriétaire privé ou agence). Mes connaissances me permettent de guider les interlocuteurs dans leur choix, de conforter éventuellement leurs premières impressions. Dans un deuxième temps, je devais travailler avec les associations de commerçants. Cette concertation a débouché sur la création des « Boutiques de Châteauroux » qui compte désormais 110 adhérents dont 20 sont particulièrement impliqués dans l’association ce qui permet un travail efficace par commissions (animations, finances, communication, urbanisme) si bien que toute la charge ne repose plus sur les épaules du nouveau président, Emmanuel Pothevin. »

La carotte et le bâton

Parallèlement au travail de Benjamin Losantos, la Ville de Châteauroux a pris deux délibérations destinées aux propriétaires et aux locataires. La première consiste à taxer les friches commerciales « Quarante-six locaux avaient été recensés l’an passé, détaille le manager, quinze ont retrouvé une activité, dont un a été entièrement rénové. » La deuxième mesure est plus récente puisqu’elle ne date que de janvier 2017. Il s’agit d’une aide à l’implantation sous la forme d’une prise en charge du loyer jusqu’à 75 % plafonnée à 400 € et cela pendant un an. Il est encore trop tôt pour faire un bilan mais quelques dossiers ont été constitués.
Benjamin Losantos va aussi à la rencontre des porteurs de projets « Nous sommes allés vendre Châteauroux, avec Chantal Monjoint, au salon de la franchise. » On a vu également les Boutiques de Châteauroux sponsoriser un match de la Berrichonne.

Des résultats intéressants

Le taux de vacance reste stable à 12,5 % en raison de la mise sur le marché des nouveaux commerces de la rue Lescaroux et de la place Napoléon. « Mais il va baisser, assure le manager, car cette rue commerçante est très réussie. » La tendance actuelle c’est la renaissance du vieux Châteauroux grâce au dynamisme de la place Monestier où le local de l’ancienne pharmacie centrale va devenir un pub « L’imprévu », La Petite Fabrique fait un tabac rue Grande dans le secteur où vient d’ouvrir « Balthazar » et où « Natur’an » a traversé la rue pour augmenter sa surface. « Parole d’homme » y est également arrivé libérant son ancien espace dans lequel va s’agrandire NPA alors que l’enseigne nationale « O’Tacos », s’est installé entre NPA et un éniemme kébab.
A propos de kébab l’ancien restaurant Istambul, rue Joseph Bellier, qui a brûlé voici plusieurs années, accueillera bientôt l’agence Citya qui va quitter la rue de la Gare. On va retrouver un mini pôle immobilier au coin de la place de La République.
Rue Diderot aussi ça bouge, « La Malle aux Bidules » a réussi une belle extension en quittant la rue Jean Jaures pour ressusciter un local en piteux état. « Pat de velours » a disparu mais « Jardins d’ombres » lui a succédé élargissant sa palette de fleuriste d’art. Son espace rue Jean-Jacques Rousseau a déjà été repris.
Le rythme auquel certains commerçants trouvent de jeunes repreneurs pour leur affaire est également réconfortant. Il ne reste plus un commerce de libre place Gambetta.

Des points noirs pourtant

« On ne peut pas dire que l’état de l’hôtel « Le Faisan » à la sortie de la gare soit un signe positif pour le voyageur qui débarque à Châteauroux, regrette Benjamin Losantos. Mais c’est toute la restructuration du quartier de la Gare et le retour d’une passerelle qui permettront de redonner vie au bas de la rue de la gare. Un secteur dans lequel des commerces ne rouvriront pas, leur propriétaires préférant vendre leurs immeubles. » L’ancien local des Nouvelles Galeries, rue de la Poste accumule les cellules vides. Trois actuellement, sans oublier l’ancien local de Leclerc Culture au premier étage.
Et combien coûte ce manager du commerce ? « C’est un bon investissement. Il s’agit d’un poste unique financé par deux collectivités et une association (à partir des cotisations des adhérents). On fonctionne mieux parce que l’on est obligé de travailler ensemble ».

Pierre Belsoeur


Celles qui ont eu des aides… et celles qui n’en ont pas.

Catherine et Sophie ont réorienté leur parcours professionnel en devenant commerçantes. Anciennes salariées elles ont eu un parcours très différent.

Sophie a préparé soigneusement les soldes. Un virage à ne pas rater.

Catherine voit la vie en couleurs au milieu de ses chaussures pour enfants.

Catherine avait un peu d’argent et venait d’obtenir une rupture conventionnelle avec son employeur lorsqu’elle a décidé de reprendre un ancien magasin de chaussures pour enfants qu’elle a appelé « Mignons petits petons ». Après avoir acheté le guide « je crée mon entreprise pour les nuls » elle a décidé en femme pragmatique d’utiliser l’ensemble des aides auxquelles elle pouvait prétendre. La CCI et Initiative Indre sont toutes deux habilitées pour délivrer les aides d’Etat. C’est auprès de la Boutique de Gestion (BGE) dépendant d’Initiative Indre que Catherine a déposé son dossier. « Au départ j’y allais pour le Fonds de Garantie dédié aux Femmes Entrepreneurs qui cautionne à 70 % les prêts bancaires, diminuant ainsi les frais d’assurance. Et puis en montant mon dossier je pouvais avoir un prêt d’honneur à zéro pour cent et un prêt Nacre (un dispositif destiné aux créateurs ou repreneurs d’entreprises, ce prêt ne peut venir qu’en complément d’un prêt bancaire N.D.L.R.). Deux prêts remboursables à court qui donne un coup de pouce au démarrage. » Encore faut-il que le dossier soit accepté en commission. « J’ai bénéficié d’un tuteur qui me suit depuis mon installation et j’ai pris le soin de choisir un comptable qui m’a bien conseillée avant cette installation. Un an plus tard je suis ravie de mon choix. J’ai adhéré aux Boutiques de Châteauroux. Moins pour les animations que pour la promotion que peut nous apporter cette structure par son site Internet. Pour le reste, c’est aux commerçants d’avoir les idées pour faire venir et fidéliser sa clientèle. »

« J’ai voulu aller trop vite. » Le sourire est un peu moins épanoui chez Sophie, qui a repris à l’automne dernier la boutique « Teen Agers » une enseigne présente depuis longtemps à Châteauroux, d’abord Impasse de l’Echo puis rue Jean Jaurès. Je travaillais depuis trois ans comme commerciale dans une entreprise de peinture industrielle. Je n’ai pas pu obtenir de rupture conventionnelle, j’ai donc démissionné pour me lancer dans ce projet. » En fait, Sophie le reconnaît, elle s’est compliquée le vie en voulant aller trop vite. Le résultat c’est un dossier monté trop rapidement pour la BGE qui n’a pas passé le barrage de la commission « du coup les banques qui me suivaient ont fait machine arrière. » Privée du coup de pouce du prêt d’honneur, Sophie a de surcroît démarré son activité sans stock, la gérante précédente ayant procédé à une liquidation. Elle n’a pas bénéficié non plus de ses conseils, comme ce fut le cas pour Catherine, évoluant en binôme avec sa devancière qui l’a guidé dans ses achats et les contacts avec les fournisseurs. Sophie ne compte que six mois d’activité, elle ne tire bien entendu aucun salaire de son travail. Pour elle la période des soldes sera très importante. « Il faut refaire de la trésorerie pour acheter le stock de la prochaine saison en tenant compte de mes erreurs initiales. C’est une passion, donc j’ai le moral, mais je ne ferai pas l’exercice de trop. »

P.B.

Châteauroux – Les commerces reviennent dans le vieux Châteauroux

Benjamin Losantos, manager du commerce engrange les fruits de deux ans de travail au service des porteurs de projets. Des commerces reprennent vie, l’association des commerçants s’est restructurée.

Benjamin Losantos

Manager du commerce, le job réclame du dynamisme, de l’optimisme. Benjamin Losantos n’en manque pas et les faits le confortent son optimisme. Voici deux ans que ce salarié de la chambre de commerce et de l’industrie a inauguré ce nouveau poste. « Je travaillais depuis trois ans à la CCI, après être passé par Blois et Orléans lorsque la décision a été prise de créer un poste de manager conjointement par la CCI et Châteauroux Métropole. Il s’agissait de simplifier la tâche des porteurs de projets commerciaux en leur proposant un interlocuteur unique. Il s’agissait tout d’abord d’effectuer le recensement des locaux avec leur emplacement, leur surface, le loyer et le contact (propriétaire privé ou agence). Mes connaissances me permettent de guider les interlocuteurs dans leur choix, de conforter éventuellement leurs premières impressions. Dans un deuxième temps, je devais travailler avec les associations de commerçants. Cette concertation a débouché sur la création des « Boutiques de Châteauroux » qui compte désormais 110 adhérents dont 20 sont particulièrement impliqués dans l’association ce qui permet un travail efficace par commissions (animations, finances, communication, urbanisme) si bien que toute la charge ne repose plus sur les épaules du nouveau président, Emmanuel Pothevin. »

La carotte et le bâton

Parallèlement au travail de Benjamin Losantos, la Ville de Châteauroux a pris deux délibérations destinées aux propriétaires et aux locataires. La première consiste à taxer les friches commerciales « Quarante-six locaux avaient été recensés l’an passé, détaille le manager, quinze ont retrouvé une activité, dont un a été entièrement rénové. » La deuxième mesure est plus récente puisqu’elle ne date que de janvier 2017. Il s’agit d’une aide à l’implantation sous la forme d’une prise en charge du loyer jusqu’à 75 % plafonnée à 400 € et cela pendant un an. Il est encore trop tôt pour faire un bilan mais quelques dossiers ont été constitués.
Benjamin Losantos va aussi à la rencontre des porteurs de projets « Nous sommes allés vendre Châteauroux, avec Chantal Monjoint, au salon de la franchise. » On a vu également les Boutiques de Châteauroux sponsoriser un match de la Berrichonne.

Des résultats intéressants

Le taux de vacance reste stable à 12,5 % en raison de la mise sur le marché des nouveaux commerces de la rue Lescaroux et de la place Napoléon. « Mais il va baisser, assure le manager, car cette rue commerçante est très réussie. » La tendance actuelle c’est la renaissance du vieux Châteauroux grâce au dynamisme de la place Monestier où le local de l’ancienne pharmacie centrale va devenir un pub « L’imprévu », La Petite Fabrique fait un tabac rue Grande dans le secteur où vient d’ouvrir « Balthazar » et où « Natur’an » a traversé la rue pour augmenter sa surface. « Parole d’homme » y est également arrivé libérant son ancien espace dans lequel va s’agrandire NPA alors que l’enseigne nationale « O’Tacos », s’est installé entre NPA et un éniemme kébab.
A propos de kébab l’ancien restaurant Istambul, rue Joseph Bellier, qui a brûlé voici plusieurs années, accueillera bientôt l’agence Citya qui va quitter la rue de la Gare. On va retrouver un mini pôle immobilier au coin de la place de La République.
Rue Diderot aussi ça bouge, « La Malle aux Bidules » a réussi une belle extension en quittant la rue Jean Jaures pour ressusciter un local en piteux état. « Pat de velours » a disparu mais « Jardins d’ombres » lui a succédé élargissant sa palette de fleuriste d’art. Son espace rue Jean-Jacques Rousseau a déjà été repris.
Le rythme auquel certains commerçants trouvent de jeunes repreneurs pour leur affaire est également réconfortant. Il ne reste plus un commerce de libre place Gambetta.

Des points noirs pourtant

« On ne peut pas dire que l’état de l’hôtel « Le Faisan » à la sortie de la gare soit un signe positif pour le voyageur qui débarque à Châteauroux, regrette Benjamin Losantos. Mais c’est toute la restructuration du quartier de la Gare et le retour d’une passerelle qui permettront de redonner vie au bas de la rue de la gare. Un secteur dans lequel des commerces ne rouvriront pas, leur propriétaires préférant vendre leurs immeubles. » L’ancien local des Nouvelles Galeries, rue de la Poste accumule les cellules vides. Trois actuellement, sans oublier l’ancien local de Leclerc Culture au premier étage.
Et combien coûte ce manager du commerce ? « C’est un bon investissement. Il s’agit d’un poste unique financé par deux collectivités et une association (à partir des cotisations des adhérents). On fonctionne mieux parce que l’on est obligé de travailler ensemble ».

Pierre Belsoeur


Celles qui ont eu des aides… et celles qui n’en ont pas.

Catherine et Sophie ont réorienté leur parcours professionnel en devenant commerçantes. Anciennes salariées elles ont eu un parcours très différent.

Sophie a préparé soigneusement les soldes. Un virage à ne pas rater.

Catherine voit la vie en couleurs au milieu de ses chaussures pour enfants.

Catherine avait un peu d’argent et venait d’obtenir une rupture conventionnelle avec son employeur lorsqu’elle a décidé de reprendre un ancien magasin de chaussures pour enfants qu’elle a appelé « Mignons petits petons ». Après avoir acheté le guide « je crée mon entreprise pour les nuls » elle a décidé en femme pragmatique d’utiliser l’ensemble des aides auxquelles elle pouvait prétendre. La CCI et Initiative Indre sont toutes deux habilitées pour délivrer les aides d’Etat. C’est auprès de la Boutique de Gestion (BGE) dépendant d’Initiative Indre que Catherine a déposé son dossier. « Au départ j’y allais pour le Fonds de Garantie dédié aux Femmes Entrepreneurs qui cautionne à 70 % les prêts bancaires, diminuant ainsi les frais d’assurance. Et puis en montant mon dossier je pouvais avoir un prêt d’honneur à zéro pour cent et un prêt Nacre (un dispositif destiné aux créateurs ou repreneurs d’entreprises, ce prêt ne peut venir qu’en complément d’un prêt bancaire N.D.L.R.). Deux prêts remboursables à court qui donne un coup de pouce au démarrage. » Encore faut-il que le dossier soit accepté en commission. « J’ai bénéficié d’un tuteur qui me suit depuis mon installation et j’ai pris le soin de choisir un comptable qui m’a bien conseillée avant cette installation. Un an plus tard je suis ravie de mon choix. J’ai adhéré aux Boutiques de Châteauroux. Moins pour les animations que pour la promotion que peut nous apporter cette structure par son site Internet. Pour le reste, c’est aux commerçants d’avoir les idées pour faire venir et fidéliser sa clientèle. »

« J’ai voulu aller trop vite. » Le sourire est un peu moins épanoui chez Sophie, qui a repris à l’automne dernier la boutique « Teen Agers » une enseigne présente depuis longtemps à Châteauroux, d’abord Impasse de l’Echo puis rue Jean Jaurès. Je travaillais depuis trois ans comme commerciale dans une entreprise de peinture industrielle. Je n’ai pas pu obtenir de rupture conventionnelle, j’ai donc démissionné pour me lancer dans ce projet. » En fait, Sophie le reconnaît, elle s’est compliquée le vie en voulant aller trop vite. Le résultat c’est un dossier monté trop rapidement pour la BGE qui n’a pas passé le barrage de la commission « du coup les banques qui me suivaient ont fait machine arrière. » Privée du coup de pouce du prêt d’honneur, Sophie a de surcroît démarré son activité sans stock, la gérante précédente ayant procédé à une liquidation. Elle n’a pas bénéficié non plus de ses conseils, comme ce fut le cas pour Catherine, évoluant en binôme avec sa devancière qui l’a guidé dans ses achats et les contacts avec les fournisseurs. Sophie ne compte que six mois d’activité, elle ne tire bien entendu aucun salaire de son travail. Pour elle la période des soldes sera très importante. « Il faut refaire de la trésorerie pour acheter le stock de la prochaine saison en tenant compte de mes erreurs initiales. C’est une passion, donc j’ai le moral, mais je ne ferai pas l’exercice de trop. »

P.B.