Chaumont-sur-Loire : Au domaine régional, à nouveau, y’ a pas photo !

Ce rendez-vous, parmi d’autres, est devenu récurrent. La sixième édition de Chaumont-Photo-sur-Loire revient et met le travail de six artistes sous les projecteurs, dont le coréen renommé Bae Bien-U qui est un habitué de l’endroit.
Le domaine régional de Chaumont-sur-Loire est un foisonnement de propositions culturelles qui ne s’arrêtent jamais. À chaque saison, ses pépites. Avant le printemps qui verra éclore un nouveau Festival international des jardins et d’art contemporain, après un weekend d’art floral automnal, entre les collections pérennes annuelles, c’est l’art photographique qui déploie ses talents in situ depuis le 18 novembre 2023 et jusqu’au 25 février 2024. Pour celles et ceux qui ont déjà parcouru les images du sixième numéro de cette exposition visuelle, il se murmure que l’attrait de la nature environnante a encore frappé et inspiré les six artistes de cette manifestation, à tel point que leurs oeuvres photo se dévoilent imprégnées de lumières et cadrages à la fois poétiques et magiques ! Dans les Galeries hautes du château, le grand artiste français, Éric Poitevin, présente sous-bois, arbres et autres plantes séchées; une balade qui vaut le coup de flash. Aussi, celui que l’on ne présente plus, le coréen Bae Bien-U, qui a déjà été reçu en 2014, puis 2019 au château de Chaumont-sur-Loire (également dans un autre château, celui de Chambord, en 2015), connu notamment pour ses paysages panoramiques et expressions photographiques en grands formats, accroche l’oeil des visiteurs, proposant comme à l’accoutumée une immersion dans un monde de biodiversité à ne pas manquer, créant cette sensation, dont il a le secret entier, de plongée directe dans le cadre, grâce à son regard singulier sur pellicule, imprimant sur la rétine du public une empreinte aussi bien réaliste qu’onirique. Toujours au château, le photographe à la triple nationalité (canadienne, italienne et serbe), Ljubodrag Andric, offre de son côté des images détonantes d’architectures, comme gagnées par Dame nature. Puis, dans l’Asinerie, Loredana Nemes dévoile des paysages à couper le souffle de la plus grande des îles allemandes de la Baltique. Dans la Cour Agnès Varda, en sus, l’artiste français Nicolas Floc’h présente de luxuriantes forêts sous-marines en noir et blanc. Enfin, Thierry Ardouin s’intéresse au monde des graines dans une série exceptionnelle; des graines qui n’en ont de prime abord pas l’air et qui se donnent à voir autrement, démontrant un travail de la lumière et de l’obturation particulièrement fascinant. Que du positif tout ça, n’est-ce pas ? Peut-être toutefois, une toute petite pointe de« déception » : sur six talents, un seul est féminin. L’an passé, c’était pareil. Les femmes photographes ne sont pourtant plus dans l’ombre, « sorties du bois » par le Ministère de la culture ainsi que les Rencontres d’Arles, à écouter certaines observatrices, elles-mêmes photographes. Le chemin est parfois long, mais la directrice du Domaine régional, Chantal Colleu-Dumond, à n’en pas douter, est attentive aux petits détails qui créent depuis des années la grandeur de Chaumont sous bien des aspects, au-delà du simple brio culturel des lieux.
É. Rencien