Des anniversaires en pagaille


Anniversaire – Vingt bougies pour la Maison de la magie

La Maison de la magie Robert-Houdin fête ses 20 ans en 2018. Pour l’occasion, le magicien Jean-Eugène Robert-Houdin est mis à l’honneur dans une nouvelle scénographie et de nombreux évènements et animations vont rythmer cet anniversaire.
C’est le 1er juin 1998 que la Maison de la magie, dédiée au magicien Jean-Eugène Robert Houdin a ouvert ses portes à Blois. Un site unique en Europe qui a été labellisé Musée de France. « La Maison de la magie a été réalisée à l’initiative de Jack Lang et elle est devenue un des éléments structurants de l’offre culturelle de notre territoire dont on accompagne la dynamique comme pour les autres sites culturels comme la Maison de la BD et la Fondation du doute, car il y a une complémentarité des publics », souligne Marc Gricourt, maire de Blois, avant de poursuivre : « Nous avons la volonté de conforter notre offre culturelle depuis 2008 et de la faire évoluer malgré les contraintes budgétaires car la culture est un atout pour l’attractivité du territoire mais aussi pour l’emploi ». Située face au château royal de Blois, cette grande maison bourgeoise du XIXe siècle mêle des salles présentant des collections magiques et un théâtre de 340 places, sans oublier la façade animée toutes les demi-heures par les têtes de dragons qui sortent des fenêtres. Aujourd’hui, la Maison de la magie propose une programmation toute l’année et c’est un lieu de diffusion et de création reconnu par le monde de la magie. Elle attire environ 100 000 visiteurs par an. « Jack Lang a su imposer un lieu culturel différent et innovant, qui a été financé avec quasiment 80 % de subventions, mais en 1998, les élus de l’opposition la surnommait « La maison de la gadgie » », rappelle Christophe Degruelle, président d’Agglopolys, avant d’ajouter : « Pour imposer une politique culturelle, il faut donc se battre, résister aux protestations et il faut du temps ».

Robert Houdin à l’honneur
La préparation de la programmation des 20 ans a débuté il y a deux ans et la priorité a été mise sur le réaménagement de la salle Robert Houdin. Des espaces thématiques colorés présentent donc des documents, objets et films inédits qui mettent en avant la modernité et le foisonnement créatif de ce personnage. Une présentation qui se veut aussi plus interactive et accessible au public. Son horloge à triple mystère, l’automate oiseau chanteur, son unique baguette de magie ou encore certains de ses accessoires de scène ont été remis en scène de façon emblématique. « Nous avons souhaité mettre en avant Jean-Eugène Robert Houdin, personnage multifacettes, à la fois horloger, magicien et écrivain, avec cette nouvelle scénographie de Ludovic Meunier », explique Céline Noulin, responsable culturelle de la Maison de la magie. Né à Blois en 1805, Jean-Eugène Robert Houdin était issu d’une famille comptant de nombreux horlogers. Au XVIe siècle, Blois était d’ailleurs l’un des premiers centres européens de l’horlogerie. « Robert Houdin symbolisait les sciences, l’art et la technique et il a été le pionnier mondial de l’horlogerie électrique », poursuit Céline Noulin. En effet, il a notamment mis au point l’ancêtre du radio-réveil, la première lampe à incandescences à filament végétal mais aussi la première « maison intelligente » en aménageant le Prieuré de Saint-Gervais-la-Forêt, qu’il avait acquis en 1849.
Chloé Cartier-Santino


Exposition inédite
Jusqu’au 16 septembre et pendant les vacances de la Toussaint, une exposition inédite d’art magique, « La galerie des illusions », est proposée à la Maison de la magie. Il s’agit d’un concours national de plasticiens sur le thème de l’illusion qui présente une centaine d’œuvres réalisées par près de 50 créateurs contemporains avec de multiples techniques et points de vue artistiques. Cette galerie compose un vaste cabinet de curiosités avec un tiers des œuvres qui ont été conçues spécialement pour ce concours et qui seront en vente le temps de l’exposition. Plusieurs invités d’honneur exposent aussi leurs œuvres : Gérard Bakner et ses peintures cinétiques, Fabrini Crisci et son surréalisme magique, les ambigrammes de Francis Tabary, les « vanités » de Michel Audiard, et enfin les céramiques de Toni Moretto, en collaboration avec l’illusionniste Pierre Brahma. Trois prix seront décernés au cours de la saison (prix d’honneur, prix magique et prix du public). Et autour de l’exposition, de nombreux ateliers pour toute la famille ainsi que des animations, spectacles, projections et performances seront proposés.
Plus d’infos : www.maisondelamagie.fr ou 02 54 90 33 32.


A Chaumont-sur-Loire, une décennie assurément poétique

Le domaine régional affiche ce printemps dix ans d’art contemporain à son compteur. Et autant de découvertes artistiques enchanteresses, voire davantage avec les nouveautés s’ajoutant au catalogue décennal. A voir jusqu’au 4 novembre.
Dix bougies au parfum d’art et de nature. Mieux qu’un gâteau et autant de flammes vacillantes, la directrice du domaine de Chaumont-sur-Loire, Chantal Colleu-Dumond, offre au public une myriade d’artistes tous plus détonants les uns que les autres. Derrière chaque installation onirique, se cache un nom et un prénom : Sheila Hicks, Jacques Truphémus, Fiona Hall, Eva Jospin, Fujiko Nakaya, Anne et Patrick Poirier, Nils-Udo, Sarkis, Klaus Pinter, Tanabe Chikuunsai IV, Duy Anh Nhan Duc, Simone Pheulpin, Frans Krajcberg, Nathalie Nery. Sur le papier, cela ne parlera pas forcément à tout le monde, hormis les spécialistes et experts qui connaissent ces talents. Le mieux est de se déplacer et de savourer le spectacle de ses propres yeux. Diversité des coloris, des matières, des sensations… En haut d’une montagne gerbée, dans les prés du Guauloup, on croise ainsi un drôle de nid, puis on visite une grotte en béton qui tranche au milieu du parc verdoyant, avant d’être ébloui par une boule aux fleurs d’or côté écuries et de résister à l’appel du tricot au château avec des pelotes de laine d’un bleu profond, une teinte que nous affectionnons particulièrement. Notre œuvre préférée est, elle, parée de pissenlits. Si ! Il fallait penser à utiliser cette plante commune à la tige creuse que tout le monde connaît et sur laquelle on peut s’amuser à souffler pour voir s’envoler ses fines aigrettes qui se transforment immédiatement en légères grappes parachutées. Pas question d’expirer de l’air à Chaumont, le résultat signé Duy Anh Nhan Duc cloue de toute façon les bouches joueuses de stupéfaction devant tant de poésie et de beauté réunies avec si peu de choses, quasiment fantasmagoriques. Le regard appréhende alors différemment un élément naturel du quotidien, rappelant à certains l’insouciance de l’enfance. Une fois dans la salle dédiée, instinctivement, nous posons les yeux au sol, attirés par cette glace disposée à nos pieds pour ensuite lever la tête et découvrir sans voix la création de milliers de pissenlits qui s’épanouit sur le plafond boisé, orné d’un lustre sublimé.

S’émerveiller et après, penser au jardin
Force et fragilité ici exprimées donc, faisait presque écho à l’image du domaine régional de Chaumont-sur-Loire, abritant une richesse de l’esprit insoupçonnée cachée dans un délicat écrin de verdure. « Plus de 75 installations, une centaine d’exposants, » résume Chantal Colleu-Dumond en évoquant ces dix ans de voyage artistique hors du commun. « Une reconnaissance, et une réussite partagée avec les visiteurs. » Des visiteurs qui s’émerveilleront ce printemps, en attendant le festival international des jardins qui ne saurait tarder et nourrira sans aucun doute cette année la réflexion de chacun. Le coup d’envoi sera en effet donné le 24 avril autour de « jardins de la pensée ». Un programme haut en couleurs et en senteurs, qui fait se sentir comme dans une bulle apaisante, et cela fait maintenant une décennie que cela dure à Chaumont-sur-Loire. Rendez-vous dans dix ans ? Avec un plaisir non feint…
Emilie Rencien
02 54 20 99 22
et www.domaine-chaumont.fr