Energies renouvelables : coquilles de noix comme moyen de chauffage

Les agriculteurs, au cœur du défi  « changement climatique », innovent en matière d’énergies renouvelables. C’est le cas de Jean-Luc Gitton, agriculteur à Azy dans le Cher, installé depuis 1996 qui a choisi de se diversifier vers des productions végétales à forte valeur ajoutée : truffe et noix. C’est d’ailleurs cette dernière production qui rend intéressante l’initiative de cet agriculteur qui, une fois les noix ramassées, s’est posé la question du devenir des coquilles. Suivant en cela des expériences florissantes d’autres agriculteurs sur le territoire, notamment chez nos voisins du Périgord authentique terroir et véritable bassin de production où le cerneau bénéficie d’une AOC.
Le procédé
Les noix sont cassées dans une machine adaptée afin de préserver les cerneaux. Un procédé ingénieux permet de dégager les coquilles par soufflerie qui sont entraînées ensuite sur un tapis élévateur. Les cerneaux sont stockés dans des bacs dans une chambre froide, en attendant l’acheteur qui sera soit un boulanger, un pâtissier un restaurateur. Une partie de la production est également valorisée à travers une gamme de produits fermiers transformés à la ferme.
énergies renouvelables
Les coquilles : on connaissait les nombreux effets bénéfiques pour la santé des cerneaux de noix, moins en ce qui concerne l’utilisation des coquilles vides. Elles peuvent servir par exemple en drainage au fond des pots de fleurs, en paillage dans ces mêmes pots, dans les allées comme décoration, comme abri à insectes, pour allumer le feu… C’est dans ce domaine des biocombustibles que s’inscrit le projet mis en œuvre par J.L.Gitton : « Le coût de l’énergie impacte durement les finances de nos exploitations et il est évident qu’il nous faut chercher des moyens de réduire ce coût qui ne cesse de grimper ». L’idée de transformer les coquilles de noix est venue comme une expérience rationnelle et énergétique de toute cette masse de matériau à forte potentialité énergétique. «  J’ai acheté une chaudière biomasse fonctionnant avec ces coquilles cassées dans une autre machine, ce qui me permet aujourd’hui de chauffer mon habitation avec une chaleur vraiment raisonnable sans pousser outre mesure la chaudière qui est actuellement à 30% seulement de ses capacités. Nous avons également équipé le toit de notre longère, de panneaux photovoltaïques avec un contrat de vingt ans avec EDF ce qui donnera à notre habitation une autonomie appréciable… ». La suite du projet chauffage pour  J.L. Gitton, c’est de se servir de la capacité énergétique de cette chaudière, pour installer à proximité, un séchoir des noix et la boucle sera bouclée. Avec cette chaudière polyvalente, l’exploitation se dote d’un moyen d’autonomie énergétique environnemental et peu coûteux. Sur le terrain (2ha), de nouvelles plantations Bio sont envisagées. Valorisation pertinente de cette énergie renouvelable, que de nombreux agriculteurs mettent en œuvre aujourd’hui, afin de réduire leurs coûts et dans ce domaine de l’énergie, l’utilisation pour la combustion, de produits issus de la biomasse est évidemment une bonne et saine solution. En effet, selon les experts, le bilan gazeux en terme de CO2 (gaz à effet de serre) est quasiment nul comparativement aux produits fossiles. De plus en plus d’exploitants agricoles se tournent vers l’utilisation de ces matériaux telles ; les coquilles de noix. Il en de même pour des expériences qui fonctionnent très bien avec des résultats appréciables par exemple : le chauffage de fours de boulangerie. Sachant qu’un noyer peut vivre jusqu’à 250 ans, il y a de l’avenir quant à l’utilisation des coquilles de noix pour le chauffage même si l’on sait qu’il faut une bonne dizaine d’années à cet arbre fruitier pour donner sa pleine mesure en récolte. Jean-Luc Gitton exploite à merveille cet adage que « dans la noix tout est utilisable » (cerneau, coquille, enveloppe) et que le côté combustible de la coquille, est une forme d’utilisation des « restes » avec forte connotation environnementale ce qui, de nos jours, n’en est que plus valorisante et protectrice de l’environnement.
Jacques Feuillet