La famille Schneider et Rivaulde à Salbris

Le domaine de Rivaulde à Salbris fut constitué à la fin du XIXe siècle par la famille Schneider. Contrairement à d’autres propriétaires fonciers de Sologne, les industriels du Creusot vont donner priorité à la forêt par rapport à la chasse ou à l’agriculture.

Ainsi pour mener à bien la gestion sylvicole de leurs 3 000 hectares, la famille Schneider emploie Joseph Petitfils en 1912 puis son descendant, Jean Petitfils en 1949. Pendant près d’un siècle, les deux hommes exploitent le domaine de Rivaulde et organisent la gestion sylvicole de la propriété.

Comment a évolué la forêt dans ce secteur de la Sologne ? En 1900, le domaine compte 1 200 hectares boisés. Douze exploitations agricoles étaient réparties sur l’ensemble du territoire. La moitié des fermes ont disparu à partir de la Première Guerre mondiale.

Le dernier agriculteur a quitté les lieux en 1994. Les 50 hectares non boisés du domaine sont aujourd’hui des cultures à gibier, des parfeux, des prairies…

« La forêt a occupé les terres abandonnées par l’agriculture. Ce n’est pas la forêt qui a chassé l’agriculture » selon l’expression de Monsieur Petitfils. Les terres délaissées se sont reboisées naturellement en bouleaux. Certaines parcelles ont été reboisées en pins.

« Par rapport à mon père, je pense que les méthodes culturales ont remarquablement évolué estime Jean Petitfils. Le travail du sol notamment s’est considérablement amélioré. D’autre part, c’est vrai, la meilleure qualité des semis a profité à la sylviculture ».

L’exploitation des bois a elle aussi considérablement évoluée.

L’équipe de bûcherons employée à l’année sur le domaine de Rivaulde façonnait le bois au passe partout à la scie. La tronçonneuse fut une révolution !

« Voyez j’ai même connu le débardage avec des chevaux. Monsieur Roux de Salbris fut l’un des derniers débardeurs à cheval de Sologne. Le tracteur, là aussi, c’est une révolution. »

Pas de Plan simple de Gestion autrefois. Mon père établissait un plan d’exploitation qui régissait les coupes en fonction de l’âge et du peuplement.

Comme bon nombre de propriétaires solognots, Joseph Petitfils plante du pin maritime et du laricio de Corse. « J’ai tenté à Rivaulde des reboisements de chênes rouge, de châtaigniers explique le régisseur du domaine. Tous ces boisements ont disparu aujourd’hui à cause des cervidés.

Jusqu’en 1960, le principal débouché des pins exploités à Rivaulde était le bois de mine, les poteaux téléphoniques, les traverses du chemin de fer et le bois d’œuvre. Actuellement, le bois se vend en quantité pour la trituration.

Autrefois, de petits métiers vivaient de la forêt. A Rivaulde, le balaitier de Salbris venait s’approvisionner en branches de bouleau. Le sabotier de Souesmes, Monsieur Gennevier, achetait des gros bouleaux pour y façonner ces fameuses galoches solognotes. A une époque aussi, comme dans les Landes, on tirait la résine des pins maritimes se souvient le régisseur afin d’en extraire de l’essence de térébenthine. Cette production demeurait marginale car les pins maritimes solognots réclamaient plus de chaleur pour offrir de la résine de qualité.

G.B