Le 7 mars, c’est la fin du monde


Si vous lisez ces lignes, c’est qu’Olivier s’est planté. Si vous ne pouvez les lire, ben c’est qu’Olivier avait raison et que notre monde a disparu. Ou alors il ne reste plus grand-chose !
La réforme des retraites, et surtout le passage à 64 ans de l’âge légal pour un possible départ vers le farniente, n’est pas ce que l’on peut qualifier de projet le moins clivant du moment. Il est certes œcuménique mais chacun a des points de vues différents sur le sujet. Une majorité des Français serait contre. Le gouvernement, assisté de la plupart des élus LR, serait pour. Devait y avoir débat mais les uns ont joué le contre-la-montre. Les autres voulait une Assemblée version Constituante et l’absolutisme qui va avec.
Olivier Veran, celui qui parle au nom de tous au gouvernement, a rappelé qu’ils et elles étaient pour la réforme. Il a ajouté que la grève c’est pas bien, et que ceux qui la font, outre le fait de ne pas être payé ce jour-là, n’auront pas de bon-point. Il a souligné qu’avec dix bon-points on avait une image. Pour détendre l’atmosphère -atmosphère est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère- il en a remis une bonne couche. C’est un truc tellement édifiant que Gérard, celui qui a quitté le zinc du bar-tabac-Pmu Le chiquito pour rejoindre celui de facebook et twitter, s’en est offusqué sur les réseaux associaux. Et pourtant, la bêtise, il en connaît un rayon. c’est vrai que celle-là est bonne. C’est une de celle que l’on peut répéter au coin du feu pour faire rigoler parents, parce qu’ils l’ont comprise, et enfants parce que rire avec les parents ça fait devenir grand, des fois. Pour la journée d’action du 7 mars, notre bon Olive- permettez que je réduise à Olive- a déclaré « Mettre le pays à l’arrêt c’est prendre le risque d’une catastrophe écologique, agricole voire humaine… Mettre la France à l’arrêt ce serait mettre en danger la santé de nos enfants, rater le train du futur ». Ça fout les jetons et pas qu’un peu. On se demande même s’il n’aurait pas pu ajouter que, au cas où le monde n’aurait pas totalement disparu, dans la nuit suivante, des extra-terrestres n’allaient pas débarquer et coloniser la planète…
Franchement, au moment d’écrire ces quelques lignes, on peut se demander si cela en vaut vraiment la peine de le faire. Du moins si on croit les augures de cet Olivier, nouvelle pythie élyséenne au masculin. Ou alors, Olivier – permettez que j’appelle notre ministre délégué chargé du Renouveau démocratique et porte-parole du gouvernement, par son petit nom- sous des airs sérieux est un vrai marrant. Ce serait naturel chez lui. Faire rire c’est comme la ouate, ce qu’il préfère, en dehors de ses activités de ministre quand même. Quoique, quand il peut lier l’utile à l’agréable, il ne se priverait pas le bougre. La preuve que la formation médicale c’est pas que de la médecine et qu’Olivier – ou Olive, c’est comme vous voulez- est aussi passé par quelques bacchanales.
On avait déjà le petit Olivier Dussopt, ministre du Travail, du Plein emploi et de l’Insertion, copie conforme d’un autre Olivier, le fils du directeur de la fromagerie Morel, dans les Deschiens. Lui, ou son service com, a essayé de faire croire qu’il était un adepte assidu du style « Carnivore diet ». Ça marche, ça marche pas… On a appris dans les journaux politiquement fiables comme le Monde et Gala, qu’il enchaînerait 50 pompes et abdos et suivrait un régime protéiné à base de steaks tartares. L’olivier est un arbre peu exigeant, il est ainsi cultivé en grand pot ou en bac, à condition d’être placé dans un endroit abrité des vents froids et des gels rigoureux. Son homonyme humain semble nettement moins sujet aux changements climatiques. Les mauvaises langues invoquent un lien avec de potentiels retournements de situation politique ?

Fabrice Simoes