Le XVIIIe s’invite au Musée des Beaux-Arts


Après avoir refait et rouvert un premier étage du musée des Beaux-Arts d’Orléans consacré aux œuvres du XVe siècle, voici que s’en ouvre un second, consacré cette fois aux artistes de 1660 à 1815. Et quel régal…
On redécouvre ce lieu d’une richesse incroyable, par les tableaux, gravures et dessins, les sculptures et le mobilier, pour beaucoup sortis des réserves mêmes du musée, mais aussi prêtés par d’autres musées et collections nationales.
Jacob van Loo, Joseph-Marie Vien, Marianne Loir, Guillaume Guillon-Lethière et bien d’autres, font leur entrée dans les salles de ce désormais merveilleux musée.
Le parcours est construit à la fois selon une logique chronologique, mais aussi par la qualité, par les diverses Écoles et l’intérêt des œuvres elles-mêmes. Outre les pastels et les huiles, on y découvre des sculptures, du mobilier national ou encore des objets rarissimes comme ces portraits en verre coulé de Louis XIV signés de Bernard Perrot.
Chaque œuvre est « sous-titrée » par un cartel très complet, qui explique l’œuvre, la replace dans le contexte historique du moment et apporte une foule d’informations qui permettent de comprendre les choses. « Chacun suivra la visite à sa guise, précise Olivia Voisin, directrice des musées d’Orléans. On peut la survoler et se contenter ainsi du plaisir des yeux, ou approfondir et en faire un enrichissement culturel important ».

L’histoire incroyable d’un musée exceptionnel
« Rappelons qu’Orléans fut l’une des premières villes de France à avoir un musée de cet ordre, explique Olivia Voisin. Il fut ouvert une première fois par Aignan-Thomas Défriches en 1794. Les Révolutionnaires le fermeront en 1805, les œuvres seront alors mises en réserves à Paris ».
Le plus incroyable est à venir : le 27 décembre 1823, le maire adjoint d’Orléans, comte André de Bizemont, ami de Desfriches, publie une annonce dans le journal, invitant les collectionneurs orléanais à confier leurs œuvres au musée d’Orléans. Les habitants acceptent très vite cette idée, et grâce à cette générosité unique, le musée ouvre de nouveau. Ce sont beaucoup de peintures du XVIIe et XVIIIe qui constituent les premières collections du musée qui deviendra le musée des Beaux-Arts.
Les œuvres pillées, retrouvées
Dans cette nouvelle présentation, l’on découvre aussi des œuvres d’Art au passé difficile, en l’occurrence celles inventoriées MNR (Musées Nationaux Récupération) et REC (récupération), pillées par les nazis, récupérées en Allemagne à la fin de la Seconde Guerre mondiale et aujourd’hui réparties dans les musées nationaux et les musées de région, dans l’attente de leur restitution à leurs légitimes propriétaires. Au total, 61 233 biens de toutes natures ont été ainsi récupérés par la France dans le territoire du IIIe Reich et 45 441 d’entre eux ont été restitués à leurs propriétaires légitimes à la fin de 1949.
Mais 2 000 œuvres ont été sélectionnées par la commission de récupération artistique et réparties entre les musées nationaux, les musées de régions, les ambassades, les ministères et autres organismes officiels.
C’est ainsi qu’aujourd’hui, les portraits de monsieur et madame Michel de Grilleau par Jean-Baptiste Perronneau, issus de cette récupération des biens artistiques spoliés par les nazis, peuvent être exposés au 1er étage du musée. Les deux tableaux, qui ont rejoint Orléans sur avis scientifique du musée du Louvre en 1952, prennent ici tout leur sens. Les époux Grilleau, riches commerçants orléanais, sont deux figures essentielles de l’Orléans des Lumières.
Stéphane de Laage
Visites guidées
Le musée est ouvert du lundi au samedi de 10h à 18h, nocturne le vendredi jusqu’à 20h
Dimanche : 13h – 18h
Plein tarif : 6€, gratuit le premier dimanche de chaque mois.
Visites thématiques du premier étage, dimanche 10 et
24 juin, 15 et 29 juillet, et 19 août à 15h.
Dans l’intimité d’une œuvre : « Bacchus enfant assoupi, de jean Baptiste Bachelier, par Olivia Voisin, directrice des musées d’Orléans, vendredi
1er juin à 18h30.