L’industry Lab, inauguré au Lab’O

Vous connaissiez le Lab’O, couveuse orléanaise de start’up digitales, voici l’Industry Lab. Cet atelier, dont le concept est unique en France, s’étend sur 600m2 au rez-de-chaussée du Lab’O.

L’industry Lab permet aux porteurs de projets, de fabriquer en très petite série leurs premières pièces industrielles, avant de lancer la fabrication en grande quantité. Ils valident le bon format des matériaux, des assemblages et des dimensions, avant de confier leur production en grande série à des industriels.
Car rien ne coûte plus cher que l’industrialisation. Faire fabriquer un premier moule pour une pièce, sans être certain que les cotes seront parfaites, c’est un challenge qui retarde souvent les projets industriels. « Ici, explique Filipe Franco, directeur de l’Industry Lab, on donne à chacun le droit de se tromper et de corriger ».
Pour cela, des machines de très haute technologie ont été installées et sont mises à disposition des créateurs. On y trouve notamment un centre d’usinage 5 axes, et des imprimantes 3D par frittage de poudre ou par durcissement de couches de résine, qui permettent la réalisation de pièces uniques. Pour calibrer ces pièces, des logiciels sont également disponibles. Dassault Systèmes met à disposition son logiciel Solidworks. Microsoft quant à lui apporte 7 500€/mois pour permettre aux développeurs de faire tourner gratuitement leurs datas.

Idées loufoques… ?

Si l’inauguration officielle vient d’avoir lieu, près d’une centaine de projets ont déjà vu le jour à l’Industry Lab. Des idées parfois étonnantes, comme celle de transformer une voiture essence en voiture électrique…
C’est Aymeric Libeau qui en a eu l’idée. « J’ai trouvé à l’Industry Lab, les outils nécessaires pour échanger un moteur par un autre. Notamment un scanner à trois dimensions pour adapter les points de fixation dans l’espace moteur, et numériser le process. Bien entendu, le fabricant de la voiture d’origine ne m’a pas fourni les plans millimétrés » !
Sans ces outils dont Aymeric a bénéficié, le projet n’aurait sans doute pas été mené par un indépendant. Seul un industriel l’aurait fait. Et c’est tout l’intérêt de l’Industry Lab. Aymeric Libeau a déjà fait quatre prototypes. Il envisage sa production dans les prochains mois.

Toujours à l’Industry Lab, Géonomie prend aussi son envol. Antoine Bocqueho développe actuellement l’ultime version de son robot. Ce dernier cartographie des sites fermés, comme un musée, une station de métro ou un entrepôt logistique, dans le but d’éditer une carte digitale pour aider une machine ou un humain à se repérer. Une sorte de GPS autonome à 25 cm de précision.

Ouvert à tous

C’est par la volonté d’Orléans Métropole et de la région Centre Val de Loire que cet endroit a vu le jour. Ensemble, ils ont investi 1M€ pour l’acquisition des machines.
Si l’Industry Lab est ouvert aux Start’up du Lab’O, il l’est aussi à l’ensemble des PME et PMI de la Région. Olivier Carré, président d’Orléans Métropole, rappelle que « cet outil ressource doit irriguer l’ensemble du territoire régional. Et ainsi booster son développement industriel ».
Lab’O et Industry Lab :
1 avenue du champ de Mars : 02 46 91 10 40 / www.industrylab.fr

Stéphane de Laage