Montrieux-en-Sologne : Un producteur au rythme de la terre


Après une carrière dans l’infanterie, Ludovic Cheval revient à ses rêves d’adolescence en s’installant comme producteur de plantes aromatiques et apiculteur. Rencontre.
Originaire de Saint-Denis-en Val (45) Ludovic Cheval exerce pendant 20 ans une carrière de sous-officier dans l’infanterie dans le secteur de la maintenance tandis que sa compagne, originaire de Lamotte-Beuvron (41), était enseignante. « Au bout de vingt ans de carrière militaire, j’ai pris conscience que je souhaitais me rapprocher de ma famille et me consacrer davantage à ma fille, ce qui n’était pas vraiment évident quand j’étais dans l’armée, explique Ludovic Cheval. Je souhaitais aussi revenir à quelque chose qui me passionnait depuis l’adolescence, la culture de plantes aromatiques. À l’époque, j’en faisais pousser des plantes aromatiques afin de fabriquer mes propres tisanes pour le plaisir. » Le militaire quitte l’armée en bénéficiant d’un congé pour création d’entreprise et sa compagne démissionne de l’Éducation nationale. Le couple se met à la recherche d’un terrain agricole en Sologne. « Ma grand-mère paternelle était solognote et j’allais beaucoup en Sologne quand j’étais petit. C’est un territoire qui me parle et que j’apprécie. Pour trouver notre terrain, ce qui nous a pris un an, nous avons démarché les mairies en ciblant une zone de la Sologne dynamique, où passent les touristes et qui reste encore tournée vers l’agriculture sans être à proximité d’agriculteurs utilisant des pesticides car je souhaite produire en bio. Nous avons pris notre temps pour choisir l’endroit idéal que nous avons trouvé grâce à Éric Morand, maire de Montrieux-en-Sologne qui nous a conseillé une terre agricole à acheter, ainsi qu’une maison à louer pour y habiter. Montrieux est un endroit idéal pour lancer mon activité, ce n’est pas très loin de Chambord et le village qui bénéficie donc d’un passage important de touristes. »

Étape par étape
Comme il aime à le dire, s’adaptant au rythme de la croissance des plantes qu’il fait pousser, le projet de Ludovic Cheval voit le jour tranquillement. « Je le prépare depuis quelques années, reconnaît-il. Il a fallu remettre en culture cette terre où poussaient des asperges et des fraises. Je le fais le plus simplement possible, sans m’engager dans des investissements importants. Je développe ma gamme de plantes en enrichissant la terre qui ici est pauvre, ce qui ne se fait pas en un jour. »
Le militaire-agriculteur cultive des plantes aromatiques et de petits fruits comme des framboises et des cassis, avec pour objectif de les transformer dans son laboratoire, afin de faire des préparations aromatiques, des épices pour la cuisine ainsi que des tisanes. « Pour mes tisanes, j’utilise une plante à la fois comme cela se fait beaucoup en Alsace, sans faire de mélanges comme cela se fait beaucoup, explique-t-il. Mon objectif est de faire quelque chose de différent afin de me démarquer de ce qui se fait déjà, pour ne pas être en concurrence avec ceux qui sont déjà là. À l’origine, je souhaitais m’installer comme apiculteur en offrant aux abeilles des plantes aromatiques afin de produire des miels originaux. Mais comme il y a beaucoup d’apiculteurs en Sologne, j’ai changé mon fusil d’épaule et installé un petit nombre de ruches, les abeilles ayant un rôle de pollinisateur sur mes cultures et produisant du miel pour ma famille, pour mes préparations aromatiques tout en commercialisant l’excédent. La vente de miel est pour moi un complément, même si le fait d’en vendre au marché de Noël de la Marolle-en-Sologne m’a permis de faire connaître mon activité. Les gens étaient très intéressés de découvrir quelque chose de différent sans être dans la même ligne de conduite de ce qui se fait déjà dans la région.» Pour commercialiser ses produits aromatiques, Ludovic Cheval démarche les restaurateurs, les épiceries fines et les herboristes, même s’il projette d’ouvrir chez lui une boutique à domicile cet été à l’arrivée des premiers miels de la saison pour profiter du flux de touristes, en complément de ces ventes. Cette année, il dispose d’une gamme de sels aromatiques, de plantes moulues et de tisanes en envisageant de faire des légumes au vinaigre agrémenté de plantes aromatiques. « Je commercialise mes produits après les avoir testés auprès de ma famille. Même si je sais qu’il y a des clients intéressés par mes produits, je reste tributaire du développement des plantes que je cultive. Petit à petit, tout cela se met en place. La production locale est une vraie demande ici. » Ludovic Cheval s’attache prioritairement à passer les étapes une par une. Il a commencé les démarches pour être certifié bio, ce qui pour lui est indispensable pour « être crédible ».
F. M.
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