Nature : L’administration se prend pour Don Quichotte

Depuis quelques années, l’Office français de la biodiversité, qui a autorité sur la gestion des cours d’eau français, a les seuils et les moulins dans le collimateur, au nom de la continuité écologique, sous prétexte que ces ouvrages empêchent les poissons migrateurs de passer….
L’argument de la liberrté de mouvements aquatiques peut paraître surprenant car si c’était vraiment le cas, ces espèces auraient disparues des lieux où sont érigés ces constructions souvent très anciennes. Au contraire, les moulins qui constituent le troisième patrimoine de France après les églises et les châteaux ont un rôle protecteur, en empêchant l’assèchement des rivières, des zones humides et les inondations. Ce sujet a été évoqué 250 fois dans la presse, y compris à l’étranger comme dans le Times, dont en 2020 dans Le Figaro, Mediapart, le Canard Enchaîné qui a fait paraître le 13 janvier un second article : « Le Moulin à eau, mieux avant. » En Sologne, les propriétaires de moulins sont inquiets car leurs ouvrages sont menacés par l’administration, comme par exemple le Moulin Neuf de Villeherviers qui produit de l’électricité pour la commune et quelques quartiers de Romorantin.
« Ces gens se prétendent écologistes alors qu’ils font le contraire, reconnaît l’un d’eux. Ils veulent remettre la nature telle qu’elle était avant l’apparition de l’homme, alors que les ouvrages comme les seuils préviennent des inondations tout en n’empêchant pas les poissons de passer. » Regroupés au sein de l’Association de Sauvergarde des moulins à eau de Loir-et-Cher, ils ont confié la question à leurs élus ,députés et sénateurs qui ont déposé propositions de lois et questions aux gouvernements, la première étant été effectuée par Patrice Martin-Lalande en 2015, puis par son successeur Guillaume Peltier, son collègue Pascal Brindeau et les sénateurs Jean-Paul Prince et Jean-Marie Janssens, sans aucun retour. « En tout, dans l’Hexagone, 260 propositions de lois et questions au Gouvernement ont été posées, sans réponses. Nous avons l’impression de subir le dédain de la part du Gouvernement et ne pas avoir de prise sur lui », déplore le propriétaire, avant de préciser « Une récente directive européenne prévoit une possibilité d’aider les petits moulins qui fabriquent de l’électricité de la façon la plus « verte » qui soit, alors que l’Etat veut tout détruire. », faisant allusion au « décret scélérat » du 30 juin 2020 qui autorise la destruction des moulins, canaux, étangs et plans d’eau sur décision du préfet, sans étude d’impact, ni enquête publique. Guillaume Peltier, député de Loir-et-Cher, fait partie des parlementaires qui s’opposent à ces mesures quelque peu ubuesques. « La préservation des moulins est un combat que je mène depuis longtemps, indique-t-il. Quand j’étais maire de Neung-sur-Beuvron et président de la communauté de communes de la Sologne des Étangs, j’ai obtenu des victoires afin de laisser tranquilles nos moulins dont certains produisent de l’électricité, constitua un extraordinaire patrimoine en France et en Sologne. Comme pour beaucoup de sujets, nous sommes face à des hauts fonctionnaires totalement déconnectés de la réalité, qui tentent d’imposer des règles et des mesures absurdes. L’écologie mérite mieux que ces ayatollahs de la punition. Les élus du bon sens doivent reprendre le pouvoir face aux bureaucrates. Les moulins participent à l’équilibre de la biodiversité de notre pays. C’est donc un combat de longue haleine que nous devons poursuivre. »

F.M.