Peste porcine africaine : agir pour prévenir

SOUS SURVEILLANCE Un mois après la découverte de premiers cas de peste porcine africaine en Belgique, quatre départements limitrophes du nord-est de la France sont sous haute surveillance. En Loir-et-Cher les acteurs de la filière se mobilisent et le préfet met en place une cellule de veille.
ARP


«C’est une cellule de veille, et pas de crise » a tenu à préciser Jean-Pierre Condemine. Le préfet, qui se veut rassurant, a réuni les acteurs locaux concernés, lundi 15 octobre, pour prévenir la propagation dans le département de la peste porcine africaine (PPA). Une épizootie aux impacts négatifs forts sur les élevages porcins, la chasse et les activités forestières. La confirmation de deux cas de peste porcine africaine sur des sangliers en Belgique mi-septembre [79 cadavres de sangliers ont été retrouvés porteurs du virus depuis], avait conduit le ministère de l’agriculture français à demander « une mobilisation immédiate pour protéger les élevages porcins, menacés par un virus sans vaccin, ni traitement. La présence de ce virus à cinq kilomètres de la frontière « exige une réponse à la hauteur des enjeux économiques considérables pour les filières agroalimentaires françaises », a affirmé le préfet de Loir-et-Cher. Mais pour éviter tout risque, et afin de sauvegarder une filière déjà en difficulté, les autorités ne lésinent pas sur les moyens. « La France est épargnée pour l’instant par cette épizootie inoffensive pour l’homme et qui touche les animaux de la famille du porc. Elle se transmet par contact. Mais elle peut également se disséminer par des mouvements de véhicules, de personnes en provenance des zones infectées ou par l’intermédiaire de denrées alimentaires contaminées », a souligné Christine Guérin, directrice départementale de la cohésion sociale et de la protection de la population (DDCSPP).

Les éleveurs redoublent de précaution
La perspective d’une contamination inquiète la filière porcine, déjà fragile. « Les éleveurs sont forcément angoissés avec le spectre de la peste qui pourrait leur tomber dessus », explique Philippe Noyau, président de la chambre d’agriculture. » La maladie est très difficile à maîtriser, car il n’existe ni vaccin ni soin possible. Elle est mortelle à 100 % pour les animaux touchés. » Les soixante-dix élevages loir-et-chériens sont désormais appelés à une surveillance renforcée. Tout comme les particuliers détenteurs de porcs dits de « compagnie » obligés depuis cet été de les déclarer en préfecture dans le cadre d’un recensement jugé indispensable. Et aussi les chasseurs. Car les sangliers se retrouvent en première ligne. L’enjeu est de repérer le plus tôt possible d’éventuels cas de PPA en mettant en place des prélèvements systématiques et des autopsies sur les cadavres de porcs sauvages qui auront été signalés auprès de la fédération des chasseurs ou de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage. « Si des promeneurs trouvent un sanglier mort ou blessé, il est important qu’ils ne le déplacent pas, précise Élisabeth Vanneroy-Adenot, chef du service protection santé animale. « Mais, il faut également éviter de le toucher, car le virus de la PPA se diffuse dans toutes les sécrétions et l’ensemble des organes. » Les sangliers chassés seront aussi examinés dès lors qu’ils présentent des lésions hémorragiques. C’est aux chasseurs de faire le signalement auprès du réseau de surveillance « Sagir » qui a déjà fait ses preuves lors de l’alerte à la tuberculose.

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